Mis en avant

1ères Assises des conservateurs et conservatrices territoriaux des bibliothèques – le 3 mai 2021 en visio-conférence

Les promotions des élèves conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer, en partenariat avec l’Institut National des Etudes Territoriales, vous convient aux 1ères Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France

le lundi 3 mai 202 de 10h à 16h en visioconférence

Vous trouverez le programme détaillé de cet événement ici.

Cet événement s’adresse à toutes et tous.

Pour suivre ces Assises à distance, l’inscription est obligatoire en remplissant le formulaire ici.

La réforme de la haute fonction publique a mis en lumière le besoin fondamental pour les conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France de rendre visible la contribution de la lecture publique aux politiques portées par les collectivités territoriales, de positionner le cadre d’emploi et de formuler un projet d’avenir pour en défendre le statut. Aujourd’hui, la constitution d’une structure professionnelle pouvant véhiculer un tel positionnement apparaît cruciale. Un tel constat conduit les promotions des élèves conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer à organiser, en partenariat avec l’Institut National des Etudes Territoriales, la 1ère édition des Assises des Conservateurs.trices Territoriaux.ales de Bibliothèques de France.Cette 1ère édition des Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France vise à :

  • Rendre visibles les conservateurs.trices territoriaux.ales des bibliothèques ;
  • Affirmer l’appartenance des conservateurs.trices territoriaux.ales des bibliothèques à la catégorie A+ et les positionner en tant que de cadres dirigeants au sein des collectivités territoriales, au-delà de leur simple contingentement à un rôle de spécialiste de la lecture publique ;
  • Formuler un projet d’avenir pour défendre le cadre d’emploi, et ce en lien avec l’identité du métier, son statut, sa contribution aux politiques publiques.

Dans cette perspective, les promotions des élèves conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer, en partenariat avec l’Institut National des Etudes Territoriales, vous convient aux 1ères Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France le lundi 3 mai 202 de 10h à 16 en visioconférence

Les thématiques suivantes seront abordées :

  • Quelle place des politiques culturelles et de lecture dans le développement et la vie des territoires ?
  • Des conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques responsables de missions transversales en collectivités ?
  • Quel bilan sur le statut ? Quelles complexités du statut de conservateur, imperfections, différences avec les autres statuts de cadres A+ ?
  • Vers une association professionnelle des conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques ?

Nous vous confirmerons votre inscription par retour de mail en détaillant les modalités de participation à cet événement virtuel.

Pour toute question sur cet évènement, vous pouvez nous contacter à l’adresse email suivante: assises.conservateurs@gmx.fr

Dans l’attente de vous retrouver nombreuses et nombreux lors des 1ères Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France,

L’équipe des Assises

Retours en images des 1ères Assises des conservateurs et conservatrices territoriaux de bibliothèques

Les promotions d’élèves conservateurs territoriaux de bibliothèques de l’INET Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer ont proposé le 3 mai 2021, en écho à la publication du rapport Thiriez en février 2020 et la réforme de la haute fonction publique, un rendez-vous dédié à la réflexion sur la place des conservateurs territoriaux de bibliothèques dans la fonction publique territoriale. Pour rappel, vous pouvez retrouver ici le programme de la journée.

Vous n’avez pas pu y assister ou souhaitez re-visionner les interventions des deux demi-journées ? Retrouvez ci-dessous les Assises des conservatrices et conservateurs en replay !

PREMIERE PARTIE :

Découpage de cette première partie :

00′ : Introduction
5’27 : Programme de la journée
9’24 : Discours d’ouverture
15’29 : Lancement de la table ronde
1’00’41 : Facilitation graphique + questions/réponses aux intervenants de la table ronde
1’43’30 : Pause (le café ça se mérite!)
1’47’00 : Intervention « Le Grand Témoin »
2’23’07 : Facilitation graphique

SECONDE PARTIE :

Découpage de la seconde partie :

00′ : Reprise et présentation du statut
4’55 : Début de l’intervention d’Adrien-Philippe Moniot
21’14 : Questions/réponses sur le statut de conservateur + Facilitation graphique
38’19 : Vers une structure professionnelle
59’43 : Présentation du formulaire à remplir pour participer à la préparation de l’Assemblée générale de l’association
1’05’04 : Questions/réponses sur la structure professionnelle à construire
1’08’46 : Facilitation graphique et Conclusion
1’15’28 : Photo collective

La facilitation graphique a été assurée tout au long de la journée par Olivier Sampson dont vous pouvez retrouver ci-dessous ses créations de la matinée et l’après-midi.

Vous souhaitez préparer l’Assemblée constitutive et rédiger les statuts de la future association des conservateurs territoriaux de bibliothèques ? Inscrivez-vous ici avant le 14 mai 2021.

Manager la culture : vers un projet d’avenir pour les conservateurs territoriaux des bibliothèques de France

Visionnez ou revisionnez la table ronde du 16 décembre 2020, en marge des Entretiens territoriaux de Strasbourg, le rendez-vous des managers territoriaux.

La crise sanitaire a mis en lumière l’agilité des équipements de lecture publique, premiers équipements culturels de proximité. Les bibliothèques ont démontré une capacité d’adaptation certaine en ré-adaptant, en ré-inventant leurs services dans l’incertitude contextuelle. Au-delà de la crise sanitaire, les bibliothèques se transforment. La lecture publique se positionne à la croisée des enjeux culturels, scientifiques, éducatifs et sociaux. Les conservateurs territoriaux ont su se saisir de la réforme territoriale pour structurer de nouveaux réseaux et positionner la lecture publique au cœur de l’innovation sociale et de la révolution numérique.  Ils sont des acteurs majeurs de l’évolution des pratiques culturelles. 

Que signifie être un manager de la culture, de la lecture publique, aujourd’hui ? Les conservateurs territoriaux de bibliothèques des promotions Alan Turing et Toni Morrison vous proposent d’examiner la contribution de la lecture publique aux politiques portées par les collectivités territoriales, notamment en temps de crise, et de participer à la formulation d’un projet d’avenir pour les managers de la culture que sont les conservateurs territoriaux de bibliothèques.

INTERVENANT.E.S

  • Damien Grelier, élève conservateur territorial de bibliothèques en formatio à l’INET (promotion Toni Morrison)
  • Anaïs Laborde, conservatrice territoriale de bibliothèques (promotion Alan Turing), chargée de mission auprès de la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Versailles
  • Christelle Marco, élève conservatrice territoriale de bibliothèques en formation à l’INET (promotion Toni Morrison)
  • Luce Perez-Tejedor, conservatrice territoriale de bibliothèques (promotion Alan Turing), directrice de la bibliothèque départementale des Côtes d’Armor

Invité

  • Jean-Michel Paris, conservateur territorial de bibliothèques, ancien DGS du Département de l’Hérault et membre du Comité scientifique et technique du projet Assises des conservateurs territoriaux de bibliothèques

Lien de rediffusion

Pour des politiques culturelles résolument transversales

Dans un contexte de crise sanitaire où, depuis plusieurs mois, le secteur culturel est en souffrance, empêché de se réaliser tel qu’auparavant, il n’a eu de cesse pourtant de se réinventer et la Culture s’en trouve peut-être même déconfinée, sortant de modes de fonctionnement parfois inadéquats avec la civilisation actuelle. Ce qui demeure, par contre, aujourd’hui comme hier, c’est le besoin toujours aussi nécessaire de divertissement, de découvertes, de partages d’émotions face à une œuvre d’art qui dit, interprète et interroge le monde qui nous entoure. Ainsi, puisque la Culture est intimement reliée au cœur des citoyen.ne.s du monde, les politiques culturelles doivent être au cœur des projets des collectivités territoriales.

Une question peut alors être clairement posée : qu’attendons-nous pour transformer? Pour transformer des politiques culturelles fonctionnant encore souvent en silos, en forces vives et motrices des projets des collectivités à destination des habitant.e.s ? Car les politiques culturelles se doivent d’être au centre de tout projet de transition, une transition qui quel que soit le domaine sur lequel elle porte (économie, numérique, action publique…) ne saurait elle-même être aujourd’hui autre chose qu’écologique. Elles ont de toute évidence un rôle crucial à jouer dans toutes les politiques publiques : des plus attendues (cohésion sociale, jeunesse ou encore aménagement du territoire) aux moins évidentes (finances, mobilités, ou traitement des déchets). Ainsi parce que la culture réunit, qu’elle met en actes la notion même de commun, elle est un levier idoine des démarches de transversalité et de méthodologies de projet dans les territoires.

De nombreux dispositifs peuvent être mis en place. A titre d’exemple, nous allons en présenter trois qui sont des inventions, mais qui s’inspirent de pratiques de collectivités. Tous entremêlent les politiques culturelles à une ou plusieurs autres politiques publiques.

Création d’un Tiers-lieu Patrimoine naturel

Dans cet espace se croisent des ateliers sur la biodiversité et l’alimentation, un jardin partagé basé sur la permaculture et la transmission de pratiques ancestrales, une micro-folie (dans un cabanon) qui offre une visite immersive de la faune, de la flore et des aménagements du territoire depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Ce tiers-lieu peut être érigé, et ce n’est pas exhaustif, sur une friche industrielle, dans un quartier politique de la ville ou encore dans un cimetière. Les acteurs : Parcs et jardins, urbanisme, muséum d’histoire naturelle, associations de quartier et d’insertion, politique de la ville…

Parcours artistiques pour apprendre à prendre soin de notre environnement

Dans ces parcours d’éducation artistique et culturelle, les enfants et adolescent.e.s apprennent, de manière ludique, les enjeux et pratiques du traitement et du recyclage des déchets ainsi que la sobriété des usages concernant les ressources (eau, énergie, numérique…). Des spectacles et des expositions peuvent être organisés à l’issue de ces parcours dans les écoles, les mairies, les musées, les espaces publics… En parallèle, dans ces parcours, des ateliers peuvent faire réfléchir les jeunes à des pratiques innovantes sur ces sujets et les amener à construire des prototypes, un peu à la manière d’un Fab lab. Les acteurs : service eau et assainissement, établissements scolaires, crèches, structures périscolaires, écoles de danse/musique/arts plastiques, propreté urbaine, centre de culture scientifique, technique et industrielle…

Création d’une agora citoyenne

Dans cet espace peuvent se réunir autour de thématiques prédéfinies (santé, budget vert, modernisation de l’action publique…) différents acteurs du territoire (citoyens, associations, services des collectivités et de l’Etat, publics dits empêchés…). L’objectif est, en présence d’experts, d’expérimenter par le théâtre, les arts plastiques, le chant ou encore les arts numériques des projets sur les sujets choisis par la collectivité. S’ensuit alors un temps de débat qui aboutit à la rédaction de fiches décrivant les actions retenues comme prioritaires à engager par les citoyen.ne.s. Les acteurs : tous services publics et ressources, bibliothèques municipales et départementales, associations, laboratoires d’innovation publique, centres de détention…

Bien entendu, les politiques culturelles doivent alors instaurer (et elles n’en ont pas toujours la culture) comme toutes les politiques publiques de nécessaires processus d’évaluation. Ces derniers ne doivent pas être vécus comme une sanction subjective face à un domaine qui de par sa nature même ne saurait y être soumis, mais comme une étape nécessaire aux transitions, aux choix et décisions que cela implique. Pour conclure, les politiques culturelles doivent permettre à tout projet de prendre de la hauteur, d’expérimenter tout en instaurant des liens forts et co-construits entre la collectivité et les habitant.e.s pour toute politique publique. Elles représentent une puissante dynamique de transformation pour des collectivités territoriales innovantes et résilientes !

Article rédigé par Nadège Deriano (promotion Toni Morrison), décembre 2020.

Médiathèques en réseau, vitrine pour l’interco’

Les bibliothèques et les médiathèques, en tant que premier équipement culturel de proximité, comptent parmi les symboles de la municipalité ou de l’intercommunalité. Facilement identifiables et ouvertes à tous, elles offrent de la visibilité à la collectivité à laquelle elles sont rattachées. Alors que la loi NOTRe de 2015 prévoit la rationalisation de l’organisation territoriale et le regroupement des collectivités, autour notamment d’EPCI à fiscalité propre de 5 000 à 15 000 habitants, les médiathèques ont plus que jamais leur rôle à jouer lors de la création de nouvelles intercommunalités : en montrant qu’il est possible de “faire réseau”, elles offrent une véritable vitrine de la collectivité.

La création d’une nouvelle intercommunalité entraîne systématiquement un transfert de compétences obligatoires, optionnelles et, le cas échéant, facultatives. Ce transfert s’effectue aussi bien lors de la création de toute pièce d’une nouvelle intercommunalité que lors de la fusion d’intercommunalités préexistantes ; il s’agit donc d’une occasion privilégiée pour rebattre les cartes et afficher de nouvelles orientations. 

La lecture publique intervient généralement au titre de la compétence optionnelle de construction, aménagement, entretien et gestion des équipements sportifs et culturels, ainsi qu’au travers de compétences facultatives. Si les compétences en matière de lecture publique sont transférées à l’intercommunalité, il devient alors bénéfique à plusieurs égards de mettre en réseau les différents équipements intercommunaux ou municipaux : au-delà de la plus-value indéniable pour les usagers, la mise en réseau peut également présenter des facilités accrues en termes d’organisation ainsi que des opportunités de développement.

La mise en réseau des médiathèques va toutefois au-delà d’une simple réorganisation interne : elle nécessite une réelle conduite du changement tant en interne, auprès des agents, qu’en externe, auprès des usagers. L’une des clés de la réussite réside dans la création d’une identité commune, pour à la fois fédérer les agents autour de la nouvelle organisation et la rendre visible auprès des usagers. 

Comment, dans ce cas, créer une identité commune ? Elle passe en premier lieu par l’unification de la communication : l’adoption d’un nouveau visuel, le choix de canaux de communication commun ou tout simplement un style unifié donnent naturellement au réseau une image d’unité et d’unicité. Le réseau de lecture publique devient alors une entité à part entière, visible de tous et lisible aux yeux du plus grand nombre. Plus facilement identifié, un réseau de bibliothèques a plus de poids et peut susciter un intérêt renouvelé auprès de ses publics, voire de ses non-publics. Pour cela, il s’agit également d’adopter une organisation unifiée dans les différents équipements : cela passe généralement par une mise en commun du catalogue, une mise en réseau informatique ou une harmonisation des horaires d’ouverture… L’action culturelle en bibliothèque revêt ici un intérêt particulier : pensée de concert entre les différents équipements, elle offre alors une mise en lumière sans pareille du réseau de lecture publique. Cette concertation n’implique pas nécessairement de “centraliser” la programmation d’action culturelle : chaque équipement entre dans le réseau avec ses habitudes, son historique et son rapport individuel à l’action culturelle et aux publics qui la fréquentent, et il n’est pas question de les effacer artificiellement. Il ne serait pas non plus opportun de concevoir des évènements d’action culturelle identiques dans chaque équipement, ni de partager la programmation au point d’exiger des publics qu’ils se déplacent d’une médiathèque à une autre pour assister aux évènements : rien ne prouve que les publics soient disposés à traverser l’intercommunalité pour assister aux évènements, a fortiori si le territoire est étendu ou connaît des contraintes fortes en termes de mobilités.  Il est cependant tout à fait possible de penser l’action culturelle de façon collégiale, au travers d’un calendrier commun, de thématiques qui s’accordent entre elles et se répondent… en bref, en imaginant une programmation concertée, voire partagée à l’échelle du réseau. Cela permet habituellement de maximiser l’intérêt tant pour les usagers, qui bénéficient de plus d’opportunités s’ils souhaitent ou sont en capacité de se déplacer entre équipements, que pour les bibliothèques elles-mêmes, qui peuvent alors mutualiser leurs réflexions, leurs bonnes pratiques ou leurs contacts auprès de prestataires extérieurs.

Cette réflexion, favorable à une mise en réseau positive et réfléchie, poursuit toutefois un troisième objectif : au-delà de l’amélioration de la satisfaction des usagers et du maintien des conditions de travail des agents, elle agit aussi comme un coup de projecteur sur l’intercommunalité. Le réseau de lecture publique, dès lors qu’il est identifié parmi les établissements culturels présents sur le territoire, donne intrinsèquement une image positive de l’intercommunalité : en mettant en lumière une réussite qui bénéficie à tous, il souffle aux habitants du territoire qu’il est possible de fédérer à cette nouvelle échelle… et de faire réseau au quotidien, sur tous les sujets.

Une question demeure cependant : comment faire réseau concrètement ? Une transformation d’une telle envergure implique naturellement une gouvernance et un pilotage unifiés, en la personne de la directrice ou du directeur du réseau de lecture publique et en lien direct avec la direction chargée des affaires culturelles pour la collectivité. Il ne peut pas non plus être fait l’économie d’un portage politique et administratif fort. Il est également essentiel de penser une dimension de co-construction avec les agents, qui constituent la cheville ouvrière de la mise en réseau, ainsi que de prendre en compte les retours des usagers sur les sujets qui les touchent directement. Enfin, il est impératif de penser dès le départ le travail collectif à distance : la crise sanitaire de la Covid-19 a accéléré cette année la prise de conscience des enjeux du travail à distance, qui s’est souvent massifié pour les missions qui le permettaient. Bien sûr, la situation de l’année 2020 est, espérons-le, vouée à rester exceptionnelle ; toutefois, il est illusoire de penser que les agents d’un même réseau de lecture publique, qui oeuvrent dans des équipements parfois géographiquement très éloignés, pourront se réunir en présentiel à la fréquence requise pour un fonctionnement apaisé et efficace du réseau. Une réflexion sur l’animation d’un collectif à distance et sur le recours aux outils collaboratifs et de gestion de projet doit être menée dès les prémices de la mise en réseau.

Article rédigé par Chloé Bellamio (promotion Toni Morrison), décembre 2020.

Les bibliothèques, point de pivot des politiques culturelles

Le  respect des  droits  culturels  des  personnes  et  une compétence  partagée par tous  les échelons  de  l’action  publique : deux repères qui, depuis  20151, encadrent  l’exercice  des  politiques  culturelles.  Celles-ci s’articulent encore  plus  qu’hier  autour  d’enjeux  d’émancipation sociale et de création de référentiels communs. Malgré une crise sanitaire  qui  freine  temporairement  l’accès  aux  lieux  et  l’exercice  d’une convivialité propre au  modèle d’accueil actuel, les bibliothèques demeurent incontestablement un point de pivot de ces politiques culturelles. 

Avec  près  de  16000  lieux  de  lecture  au  total,  les  bibliothèques forment les  équipements culturels les plus présents sur le territoire et de loin les plus fréquentés. Selon une étude du  ministère  de  la  culture publiée  en  20162, 40% des  Français  seraient  ainsi  entrés  au moins  une  fois dans l’une  d’entre elles au  cours  des 12 derniers mois. A  cet égard, le  virage  des  bibliothèques  troisième  lieu  depuis  les  années  2010  et  l’essor  des  enjeux  numériques  ont certes fait évoluer la perception de leur rôle auprès des habitants et des élus. Au-delà de ces  deux  évolutions,  à  la  fois  cruciales  et  relativement  efficaces  en  termes  de  communication  auprès  du  grand  public,  les  bibliothèques  prennent  également  une  part  majeure  dans  la  réalisation de projets structurants de l’action culturelle des collectivités.  

Il  faut  ainsi  rappeler  le  rôle  d’incubateur des  publics qu’elles  jouent  quotidiennement, en   faisant vivre des partenariats de proximité avec les structures de l’action éducative et sociale  publique ou le tissu associatif. Par l’accueil régulier des publics scolaires par exemple, elles  offrent  une  porte  d’entrée équitable – et  souvent intégralement gratuite à  ce  stade – aux  propositions  culturelles  de  la  collectivité  et  fabriquent  un  premier  parcours  de  l’usager,  essentiel au développement de futures pratiques. Sollicitées à juste raison lors de la réforme  des rythmes scolaires pour la richesse de leurs ressources et leurs capacités d’animation, les  bibliothèques  s’affirment  désormais  comme  des  acteurs  incontournables  dans  la  constitution  des  parcours  d’éducation  artistique  et  culturelle pilotés  par  les  collectivités  – exemple  de  la  Communauté  du  Pays  de  l’Aigle  dans  l’Orne,  cité  dans  le  rapport  sur  les  territoires  de  l’action  artistique  et  culturelle  adressé  au  Premier  Ministre  en  2017.  Cette  reconnaissance supplémentaire de leur mission d’accompagnement des publics dans une vie  culturelle en construction passe bien entendu par le livre mais surtout par les liens qu’elles  nouent naturellement avec les artistes du territoire et les partenaires associatifs. 

Au-delà  d’une  mission  auprès  de  la  jeunesse généralement  admise,  les  bibliothèques  entretiennent un  lien  étroit  entre les créateurs  et  la  population  tout  au  long  de  la  vie.  

Occasions  d’entrer  en  dialogue  ponctuel  avec  un  artiste,  moyens  d’expression  d’une  sensibilité  ou  véritable  pont  avec  des pratiques  amateurs,  les  démarches de  résidence  artistique s’ancrent par exemple dans les programmes d’action culturelle des bibliothèques,  et notamment des bibliothèques départementales. Des actions qui dépassent d’ailleurs très  largement  les  questions  d’écriture.  Voir  par  exemple,  le  volontarisme  de  la  bibliothèque  départementale de la Somme qui accueille, selon les projets, des artistes photographes, des  musiciens ou encore des plasticiens. 

On pourrait démultiplier les exemples d’actions culturelles. Pour autant, celles-ci resteraient  de  simples  initiatives  isolées  sans  une  politique  globale  de  lecture  publique.  Si  les  bibliothèques ne constituent pas un enjeu régalien stricto sensu, elles bénéficient cependant  d’un maillage structurel et solide sur le territoire national, faisant d’elles le premier réseau  culturel en nombre d’établissements et de professionnels autant qu’en diversité. Depuis le  début de la décentralisation culturelle et malgré un écho médiatique relativement modeste  en  comparaison  des structures  de  diffusion  du  spectacle  vivant  par  exemple,  les  bibliothèques s’inscrivent comme des outils non négligeables dans la lutte pour la réduction  des  inégalités  territoriales. L’échelon  départemental,  dont  l’utilité  semble avoir  été  redécouverte au moment  d’envisager  sa  disparition, anime ainsi des réseaux de  lecture  si  denses  que  ceux-ci constituent parfois  les  services  publics  d’accueil  les  plus  structurés  du  territoire  et  représentent  en  cela  des  points de  dialogue  importants  entre  les  différents  niveaux  de  collectivité.  Ouvertes  sur  des  modèles  mixtes,  qui  mobilisent  une  part  prépondérante de volontaires auprès des équipes professionnelles, les bibliothèques font de  longue  date  la  preuve  qu’une  participation  partielle  de  la  population  à  l’action  publique  contribue à construire une proximité effective avec une communauté et à inscrire le service  dans la vie de cette dernière.  

Enfin,  en même  temps  qu’immergés  dans  la  société  et  appuyés  par  la  participation  d’une  partie des habitants, les réseaux de lecture et leur structuration ont favorisé depuis 30 ans  une professionnalisation continue dans les bibliothèques. Une évolution qui a fait émerger  une  forme  renouvelée  de  management  culturel. Articulé  autour  de  l’animation  de  coopérations  transversales  et impliquant de  fait une  formation  au  pilotage  des politiques  publiques au-delà  de  la  sphère  du  livre,  ce  rôle  nécessite  de  la  part  des  cadres  de  bibliothèques  l’affirmation  d’une  forme  de  leadership  au  sein  des  politiques  culturelles  locales et une attention toujours plus aigue prêtée au sens des politiques de lecture dans les  autres référentiels de l’action publique.  

Les  bibliothèques  poursuivent  leur objectif  de transformation  sociale  lorsqu’elles  se  revendiquent  comme le  point  d’entrée  d’une  politique  culturelle  non  prescrite  pour  elle même, mais  bien  construite  autour  des passerelles  qu’elle  établit  avec l’ensemble  des  politiques  congruentes.  Elles contribuent alors  à l’action  publique  en  y  apportant  un caractère partenarial, une approche des projets tant sensible qu’analytique et la dimension 

relationnelle  emblématique  de  leur  appartenance  aux  métiers  du  « lien ». Même  contraintes, les bibliothèques restent cet espace public partagé, incarnation à l’intérieur et  hors les murs d’une démocratie culturelle vivante.

1 LOI n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, Article 103 « La responsabilité en matière culturelle est exercée conjointement par les collectivités territoriales et l’Etat dans le respect des droits culturels  énoncés par la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles du 20 octobre 2005. »

2 Publics et usages des bibliothèques municipales, DGMIC, 2016

Article rédigé par Damien Grelier (promotion Toni Morrison), décembre 2020.

Annales: les questions à l’oral

Quelques exemples de sujets et de questions auxquelles ont dû répondre les lauréats du concours durant leurs épreuves d’admission (Session 2019). Vous trouverez d’abord les sujets et questions relatives au concours externe, puis au concours interne.

Concours Externe

Oral de culture générale

Thèmes des textes:

Questions: En général la question commence par “pouvez-vous nous parler de…” ?

  • L’art Déco
  • L’Argentine
  • Maurice Sendak
  • Les éditions de minuit
  • Comment sont élus les sénateurs?
  • Velvet Underground
  • Jean Giono
  • Venise
  • le Brésil
  • 1917
  • Le Petit Nicolas
  • la permaculture
  • Gaston Bachelard
  • Mme de Maintenon et Mme de Montespan
  • l’Europe
  • le spécisme
  • la résilience
  • le libéralisme (citer des noms)
  • Louis Aragon
  • Organisation mondiale du commerce
  • Rentrée littéraire 
  • Dotations globales de fonctionnement 
  • Architectes de bibliothèques 
  • Quentin Tarantino 
  • Le continent blanc
  • Principe de précaution
  • Taux de syndicalisme en France
  • Bordeaux
  • Strasbourg
  • Andy Warhol
  • La permaculture
  • Pierre Rabhi
  • les lacs italiens

Autre:

  • pouvez-vous nous citer des prix Goncourt ?
  • Quelle exposition a lieu en ce moment à la BnF (c’était Tolkien)
  • Pouvez-vous citer des organes de presse à gauche / droite / neutre?
  • Pouvez-vous citer des linguistes ?
  • Que pensez-vous de la gratuité des transports publics ?
  • Que pensez-vous du déremboursement de l’homéopathie ?
  • Pensez-vous qu’il faut manger moins de viande ?
  • Pour qui a écrit JJ Goldman ?
  • comment sont élus les maires ?
  • quelles sont les compétences des départements ?
  • Attribution d’une citation à son auteur (“Monsieur, vous n’êtes que de la merde dans un bas de soie. » : Napoléon à Talleyrand)
  • Qu’avez vous retenu dans l’oeuvre de Zola ?
  • Citez 3 scientifiques.
  • Citez 3 chanteuses françaises.
  • Citez 3 auteurs italiens.
  • De quelle ville (l’ex) ministre de la culture était-il élu ?
  • Qui était Marc Chagall ?
  • Citez-moi un architecte contemporain
  • Devrions-nous renoncer aux sports d’hiver ?
  • Quelle est la dernière BD que vous avez appréciée ?
  • Une maison d’édition du Sud Est ? 
  • Est-ce que vous pouvez me faire une recommandation de BD ?
  • Qui jouait le 1er rôle masculin dans l’adaptation cinématographique de La ferme africaine de Karen Blixen ?

Oral de motivation professionnelle

Thèmes des textes:

  • Le télétravail
  • Le management
  • Les bullshit jobs (David Graeber)
  • L’engagement au travail

Questions : 

  • Qu’attendez-vous de l’INET? / Qu’attendez-vous de la formation à l’INET ?
  • Pourquoi la fonction publique territoriale et pas la fonction publique d’Etat? (vous avez passé les concours de l’Etat?)
  • Qu’est ce que la bibliothèque du futur pour vous?
  • Pensez-vous que c’est utile d’emmener un bébé de un an à la bibliothèque ?
  • Quelles sont les missions des bibliothèques départementales ?
  • Quelles sont vos motivations ?
  • Quelle est l’expérience que vous avez le plus/moins aimé ?
  • Avez-vous une bibliothèque modèle ?
  • Qu’est-ce qu’un CTL ?
  • Où vous vous voyez dans cinq ans si vous avez le concours ?
  • Pensez-vous que les bibliothèques départementales sont utiles ?
  • Est-ce qu’il y a une médiathèque qui vous a particulièrement marquée, à laquelle vous êtes attachée ?
  • Vous savez ce que c’est un kamishibai ?

Mises en situation : 

  • vous prenez un poste dans une collectivité en tant que directeur.trice et découvrez en arrivant le matin que les agents manifestent contre votre arrivée, que faites-vous ?
  • comment vous y prendriez-vous pour présenter le concept de “zone blanche” à un élu ?
  • votre élu vous donne une liste de documents à acheter, que faites-vous ?
  • Vous venez de préparer une expo/action culturelle, elle est inaugurée le lendemain ou dans 2 jours, et là votre élu vous dit d’y intégrer les productions de l’un de ses amis artiste, que faites-vous ? 
  • Quelle réaction si deux agents sous votre autorité se mettent en couple. 
  • Si vous aviez tout le budget que vous vouliez, que changeriez-vous dans la médiathèque de votre ville?
  • Un agent se présente pour prendre son poste en portant un gilet jaune, comment réagissez-vous ?

Concours Interne

Oral de culture générale

Thèmes des textes:

Petit patrimoine – opération loto du patrimoine

Questions : 

  • Quelle exposition a lieu en ce moment à la BNF ? au Louvre ?
  • De quand date le dépôt légal ?
  • Quels-les auteurs/autrices sont sur la liste actuelle du Prix Goncourt ?
  • Rôle du Sénat ?
  • Chaîne de décision dans une collectivité ?
  • Que pouvez-vous dire nous dire de Nancy / de Carcassonne

Oral de motivation professionnelle

Thèmes des textes:

Education artistique et culturelle

Questions : 

  • Quelle est la situation professionnelle la plus difficile que vous ayez eu à gérer ?
  • Faut-il être créatif pour être conservateur de bibliothèques ? Si oui en quoi ?

Mises en situation rencontrées lors de la séance de préparation au CNFPT:

  • Votre collectivité peut bénéficier d’un financement d’une grande entreprise à hauteur de 100 000 euros, sous réserve que le nom de celle-ci apparaisse clairement dans le nom de l’établissement. Que conseillez-vous à vos élus ?
  • On vous signale qu’un agent d’accueil de la bibliothèque dont vous avez la direction, a des réactions inappropriées, voire dérangeantes avec les usagers ? Que faites-vous ?

Promotion Toni Morrison – octobre 2020

FAQ Concours

Vos questions sur le concours

  • En quoi consistent les épreuves de langue?

→ Langue vivante 1: 

1h de préparation avec version + penser à un commentaire de texte. Traduction d’une partie du texte puis petit commentaire puis questions sur le texte et le commentaire

→ Langue 2: 

Pas de préparation: découverte du texte face au jury, lecture du texte et traduction immédiate. Petit commentaire sur le texte et réponse aux questions du jury. Le Jury est plutôt bienveillant en Langue 2 car l’exercice est particulièrement difficile.

  • Quelle différence entre l’oral de culture générale et l’oral de motivation professionnelle?

Les deux exercices se ressemblent dans la méthode et sur certains sujets MAIS il faut orienter son analyse sur les questions plus relatives au métier, au management et à la fonction publique territoriale dans le second cas. 

Les questions sont différentes: en culture générale elles sont sur tout type de sujet, en motivation professionnelle on teste la posture et l’appréhension du métier et du milieu professionnel par le candidat.

  • Comment se déroule l’oral?

→ Jury de 9 personnes; 30 min de préparation sur un texte pioché au hasard, 10 minutes de présentation, 20 minutes d’entretien avec le jury.

Conseils généraux : 

  • Bien se renseigner sur les profils des jurés
  • Être souriant et sympathique 
  • Ne pas réviser la veille, avoir une bonne nuit de sommeil avant chaque oral 
  • Ne pas avoir peur de dire “Je ne sais pas”, ça permet de passer plus vite à des question auxquelles on sait répondre
  • Oser donner son avis (de manière argumentée)
  • Essayer de faire transparaître ses goûts au travers des questions (les jury cherche des futurs collègues et pas des robots, ils veulent vous connaître)

Promotion Toni Morrison – octobre 2020

Portrait de conservatrice : Justine Duval (Ville de Villejuif)

“Le Groom” de Chaim Soutine (1925).
Source : Centre Georges Pompidou. Licence CC0

Justine Duval dirige le réseau des médiathèques de la ville de Villejuif. Diplômée en 2016 de l’INET (promotion Cabu), elle insuffle une nouvelle énergie aux bibliothèques de Villejuif depuis son arrivée. Elle a accueilli quatre élèves conservateurs en 2018 pour un projet collectif portant sur la réorganisation du service. C’est avec plaisir qu’elle a répondu à nos questions.

  • Pouvez-vous présenter votre parcours ?

J’ai fait un Bac L option histoire de l’art puis une prépa littéraire à Pierre de Fermat à Toulouse, ensuite je suis partie à Paris 3 faire une double licence lettres modernes/études théâtrales. J’ai intégré en tant qu’étudiante en études théâtrales à l’ENS en soutenant comme projet de devenir dramaturge (au sens allemand du terme, c’est-à-dire une personne qui travaille sur le texte et l’interprétation ; cela nécessite des compétences très variées). J’ai commencé une thèse en études théâtrales sur le partage du langage (comment on investit le terrain de langue de l’autre – de manière frontale ou de manière douce -, comment créer des rapports de force linguistiques). C’était très intéressant mais trop abyssal et solitaire, donc j’ai rapidement arrêté ma thèse.

J’ai voulu entrer dans une école de journalisme (CFJ) pour être productrice de radio, je suis donc entrée en 2ème année directement ; cependant comme cela était trop technique pour moi on m’a mise d’office en presse écrite et web, ce qui ne m’intéressait pas, je ne suis restée que 6 mois. Après cela, j’ai vendu des livres chez Gibert-Jeune le temps de préparer le concours de conservateur territorial (seulement celui-ci) car le monde des bibliothèques m’intéressait mais je ne savais pas par quelle porte y entrer car je n’avais pas de base technique (DUT, etc) ; j’aime également beaucoup la stratégie. J’ai eu le concours de conservateur territorial des bibliothèques en 2014 et ai intégré l’INET en 2015 au sein de la promotion Cabu ; j’ai été recrutée comme directrice du réseau des bibliothèques de Villejuif en 2016.

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

En vrac : un lieu ouvert (accueillant, où on ne trie pas les publics), hybride entre différentes fonctions/ différents services, convivial, chaleureux. L’idéal serait qu’elle soit une porte ouverte vers d’autres choses qu’elle-même.

  • Quelle est selon vous la (les) qualité(s) majeure(s) d’un conservateur ?

Il faut être sociable, aimer ou savoir manager (mais est-ce une qualité ?) ; savoir manager n’est pas une nécessité, cela ne s’apprend pas, en tout cas il faut avoir envie de s’y frotter (car cela représente 90% du temps), être stratégique et avoir une vision (de la société, de la culture…), savoir argumenter sur ce qu’on fait ou pour faire des choses (la majorité du temps se passe aussi en argumentation), être humain (pour le management, il faut avoir envie d’encadrer des gens et de s’en préoccuper). Le conservateur n’a pas besoin d‘être cultivé car ce n’est pas lui qui fait, c’est plutôt le bibliothécaire qui doit l’être ; on met juste en œuvre les conditions pour que la culture se développe.

  • Y a-t-il des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

Non, je n’ai pas encore assez de recul sur ma carrière.

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail ? Quel est votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

Ma source de satisfaction c’est le rapport au public même si on le voit peu ; c’est important que le public soit content. Les différents projets (action culturelle ou projets plus fondamentaux) mis en œuvre sont également une source de satisfaction importante.

Mon meilleur souvenir : les Bibliofolies 2016 où nous avons accueilli “Omni” de Patrice Moullet, un instrument de musique qui permet de créer des sons et de la musique en direct. C’est intéressant comme outil de médiation pour le handicap, etc ; on peut en faire des usages multiples, le public est intéressé et interagit avec. Ça a été compliqué de le faire venir mais c’est un très beau souvenir.

Lien vers le site de Patrice Moullet et son œuvre “Omni” .

  • Qu’est-ce qui vous semble important dans la formation d’un conservateur territorial de bibliothèque ?

Tous les aspects pratico-pratiques qu’on ne connaît pas forcément avant d’entrer dans le secteur (budget, marchés, RH) ; c’est cependant plus facile à acquérir car cela s’apprend. Ce qui ne s’apprend pas, c’est l’esprit du bibliothécaire. La formation permet de l’appréhender mais ce sont plutôt les stages qui permettent de l’acquérir : comprendre comment un groupe de bibliothécaires fonctionne quand on les met ensemble. C’est de l’anthropologie ! La culture territoriale est indispensable également (qu’est-ce qu’une collectivité, comment cela fonctionne, qu’est-ce qu’une politique publique).

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?

Une œuvre plastique : “Le Groom” de Chaim Soutine. En musique : les suites pour violoncelle de Bach. Comme film : “Paris, Texas” de Wim Wenders.

Retrouvez Justine Duval sur LinkedIn. Propos recueillis en 2018.

Portrait de conservatrice : Amaël Dumoulin (Ville de Dunkerque)

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« Dunkerque » de Velvet (2011).
Source : Wikimedia Commons CC-BY-SA

Amaël Dumoulin dirige le réseau des bibliothèques de la ville de Dunkerque, un réseau dynamique et qui fait beaucoup parler de lui ; il a d’ailleurs reçu en 2016 le grand prix Livres Hebdo des bibliothèques. Chaque année des élèves de l’INET font des stages auprès de Mme Dumoulin ; l’interviewer nous a donc semblé indispensable pour comprendre ce que cela signifie être conservateur/conservatrice aujourd’hui.

Amaël Dumoulin fait partie de la promotion Rosa Luxembourg, diplômée en 2013 de l’Enssib et l’INET.

  • Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Suite à un parcours universitaire en lettres modernes, je suis devenue professeur de français. Après une dizaine d’années d’enseignement, j’ai décidé de me reconvertir professionnellement afin de travailler avec des adultes et conduire une équipe. J’ai apprécié que mon action d’agent public soit plus en lien avec un projet territorial et politique et qu’elle puisse se développer dans un temps plus étendu, selon des cycles plus longs.

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

 Une bibliothèque « venez comme vous êtes », ouverte à tous, gratuite, tout le temps.

  •  Quelle est selon vous la (les) qualité(s) majeure(s) d’un conservateur ?

Je retiens l’engagement, qui me semble impliquer tant d’autres qualités (l’envie, le courage, la vision…). Par engagement, j’entends la capacité à promouvoir auprès des élus les missions des bibliothèques, à partager avec l’équipe des convictions en lien avec le service public, à écouter la population.

  • Y a-t-il des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

Oui, j’ai appris, et j’apprends encore à prendre du recul, par rapport à certaines situations humaines notamment. Il n’existe pas d’organisation du travail idéale, pas de manager parfait, aussi bien formé soit-il.

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail ? Quel est votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

Ma plus grande source de satisfaction au travail, c’est quand à la fin d’une animation / saison / rencontre / etc. un collègue se tourne vers moi et me dit : « on a de la chance de faire un si beau métier ! ».

Mon meilleur souvenir ? La remise du grand Prix Livres Hebdo des bibliothèques francophones : nous sommes venus recevoir, en équipe, une récompense qui saluait un ensemble, c’est-à-dire notre travail acharné et notre engagement, avant de gratifier une réalisation marquante, comme une nouvelle bibliothèque par exemple.

  • Qu’est-ce qui vous semble important dans la formation d’un conservateur territorial de bibliothèque ?

Les échanges avec les professionnels et en tout premier lieu, ce que les élèves conservateurs peuvent apprendre les uns des autres.

Développer à la fois un esprit de groupe, d’équipe, tout en constituant un réseau professionnel solide.

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?

 Je n’aimerais pas du tout être une œuvre d’art. C’est achevé une œuvre d’art…

Retrouvez Amaël Dumoulin sur LinkedIn. Propos recueillis en 2018.