La conversation de culture générale avec le jury : méthodologie

Jury de concours dans son milieu naturel de la Tour de l’Horloge

La conversation avec le jury ressemble par son format à l’épreuve de motivation professionnelle : la plupart des conseils et la méthodologie que nous proposons dans l’article traitant de cette épreuve s’appliquent pour celle-ci également.

Nous profitons néanmoins de cet article qui présente les spécificités de l’épreuve de culture générale pour proposer une méthodologie alternative. Pour choisir celle qui vous convient le mieux, vous pouvez les tester, les fusionner, emprunter des idées à l’une ou l’autre pour compléter votre propre méthodologie… Bref, faites-en quelque chose de personnel !

Présentation de l’épreuve

Le nom de l’épreuve « conversation avec le jury sur une question de culture générale » est à prendre au sérieux en même temps qu’avec un peu de recul. Reprenons les termes un à un.

La culture générale vous en avez, il faut vous en convaincre, du moins vous en avez une version personnelle et vous allez devoir la défendre pendant cet entretien (pardon… cette conversation). Vous pouvez oublier le mot « question », qui est un peu vague, puisque cette épreuve (pardon… cette conversation) consiste à soulever la complexité d’une situation donnée dans un article grâce à un commentaire organisé puis de répondre aux questions qui seront posées par le jury, en lien avec l’article… ou pas.

Le terme de « conversation » vous éclaire sur votre posture : vous allez devoir discuter d’un texte que vous n’avez pas choisi et répondre aux questions de neuf personnes que vous ne connaissez pas et qui vont décider de votre sort… MAIS on attend de vous que vous soyez détendu.e, intéressant.e, agréable, et qu’on se dise de vous après votre passage « mais quelle charmante conversation ! ». En fait, on attend que vous sortiez de la position de victime dans laquelle vous placent votre stress, l’enjeu de ce concours, et les conditions de l’épreuve. Une conversation n’est pas un interrogatoire et vous avez les moyens d’en influencer le cours. Ne faites pas passer les membres du jury pour vos bourreaux, au contraire, montrez-leur que vous êtes à l’aise avec eux, que vous partagez le même ethos et que ce texte qu’ils ont choisi pour vous, vous auriez pu le choisir aussi. Soyez vous-même, et soyez le jury aussi, voilà, ça n’est quand même pas très compliqué !

Le « jury », voilà le mot qui nourrit le plus de fantasmes et donc sur lequel il est bon d’insister. Le jury est composé de neuf personnes qui reçoivent ensemble les candidats (il ne s’agit pas, comme l’auteure de ces lignes le pensait, trois collèges de trois jurés). Vous avez remarqué que sur la liste donnant la composition du jury pour votre épreuve, ces derniers sont divisés en trois catégories : les élus locaux, les fonctionnaires territoriaux, c’est-à-dire soit des conservateurs soit des administrateurs, et les « personnalités qualifiées » (groupe dont l’auteure serait bien en peine de définir les contours…) disons qualifiées pour parler des bibliothèques, mais pas forcément des bibliothèques territoriales, ils ont le droit de venir de l’État, personne n’est parfait.

Mettez-vous bien dans la tête que ces gens sont des humains de la vraie vie, qu’ils sont sympas, qu’ils ont peut-être des enfants, un chien et un compte Facebook, en somme qu’ils sont des personnes comme tout le monde ! (Peut-être qu’ils n’ont pas d’enfants ou qu’ils ne sont vraiment pas sympas, c’est un peu comme la vraie vie un jury, on trouve de tout, mais mieux vaut se dire qu’ils sont sympas). Simplement, ils ont la responsabilité de sélectionner un.e collègue parmi les candidat.e.s qui se présentent à eux et selon l’heure à laquelle vous les rencontrez ils et elles sont peut-être fatigué.e.s, voire pire, ils ont faim. Cette responsabilité est lourde, ils en ont conscience, et le mieux consiste à leur faciliter la tâche en se comportant comme tel, un futur collègue. Répétons-le pour s’en convaincre : votre jury n’est pas votre bourreau. Vous avez le droit de lui parler normalement, de ne pas être d’accord avec lui, de dire que vous ne savez pas quelque chose.

Déroulé de l’épreuve

En tout, votre calvaire durera une heure et demie. Comptez une demi-heure en salle d’attente pendant laquelle vous pourrez bavarder avec les personnes qui, espérons, seront vos prochain.e.s camarades et collègues et qui patientent avec vous, refaire votre chignon et ajuster vos lunettes (votre costume de bibliothécaire), lire des BD, vous ronger les ongles, googler les membres de votre jury, relire vos fiches, faire diverses prières et salutations au soleil etc.

Au bout d’un moment qui vous paraîtra durer une éternité, une gentille dame ou un gentil monsieur viendra vous chercher. Il ou elle vous proposera de tirer un sujet au hasard et vous emmènera dans une pièce où vous pourrez découvrir votre sujet et en faire une brillante analyse. Il s’agit d’un texte d’une page maximum (souvent un article de presse). Vous aurez droit à une demi-heure, tous vos crayons de couleurs, une montre (pas de téléphone), votre bouteille d’eau et on vous fournira des feuilles de brouillon.

À l’issue de cette demi-heure, la gentille dame ou le gentil monsieur vous conduira devant le jury, vous serez installé.e à une table face à 18 yeux. Après les politesses de circonstance, la ou le président.e du jury vous rappellera les consignes de l’épreuve et vous proposera de présenter votre texte. Vous avez dix minutes précises pour présenter votre argumentaire, puis vingt minutes pendant lesquelles le jury vous posera des questions (conversation un peu inégale, nous en convenons, mais vous avez quand même la possibilité d’orienter la discussion). Il est d’usage que le jury vous pose d’abord des questions qui approfondissent le texte que vous avez commenté et les notions que vous avez abordé dans votre présentation, puis qu’il élargisse le spectre de ces questions mais si ça ne se passe pas exactement comme ça ne paniquez pas, ce n’est pas grave.

Jury ne se laissant pas avoir par le candidat essayant de bullshiter

Préparer l’épreuve de Culture G

Votre meilleur atout contre le stress c’est votre préparation (et la respiration ventrale). À ce stade, il n’est plus nécessaire de faire des fiches. Il faut assumer l’état de vos connaissances sur le programme et orienter vos efforts dans deux directions : votre entraînement dans les conditions de l’épreuve, et votre suivi de l’actualité. On ne vous pardonnera pas un manquement à cette dernière et ce serait une erreur de vous enfermer pour relire tout Pierre Nora. Cependant nous n’insistons pas sur cet aspect car nous consacrons un article à la veille professionnelle et ce point y est évoqué.

Entraînement en temps réel

Nous vous conseillons moins des révisions qu’un véritable entraînement : en vous exerçant régulièrement, vous pouvez développer des automatismes sur lesquels vous appuyer et qui vous rassureront le jour de l’épreuve. Ne vous entraînez jamais en temps libre. Vous serez parfois tenté de vous dire qu’il ne vous suffit que de cinq minutes de plus pour que votre brouillon soit parfait ou bien que votre présentation en huit minutes tient la route et que « le jour du concours vous ferez autrement », c’est non. Le but de cet entraînement est autant de vous habituer à travailler en temps contraint que d’apprivoiser les contingences qui vous empêcheront de rendre un travail parfait.

  • Choisir des articles : préparez une série de textes que vous vous entraînerez à commenter. Pour cela vous pouvez aller puiser dans les annales du concours et compléter par des articles plus récents sur des sujets d’actualité. Choisissez des articles sur lesquels vous vous sentez à l’aise, d’autres qui vous laissent indifférent, d’autres enfin sur lesquels vous ne voudriez absolument pas tomber. Vous pouvez également demander à d’autres personnes de vous sélectionner des articles, c’est un bon moyen de sortir de sa zone de confort.
  • Réservez du temps : Même si c’est chronophage, nous vous conseillons de vous entraîner le plus possible en temps réel : c’est-à-dire en consacrant 30 minutes à votre brouillon et 10 minutes de présentation. Si vous en avez l’opportunité, demandez à vos proches de jouer le rôle de jury, et de vous poser des questions pendant 20 minutes suite à votre exposé.
  • Corrigez votre posture : En présentant votre texte face à jury (ou à défaut, en vous enregistrant ou vous regardant dans le miroir) vous aurez des retours sur certains aspects de votre présentation : parlez-vous trop ou pas assez fort, trop ou pas assez vite, avez-vous des tics de langage, vous tenez-vous trop raide ou trop avachi sur votre chaise ? Tous ces détails qui interpellent vos proches sont aussi susceptibles de faire mauvaise impression au jury, faites-y attention.
  • Orientez vos ultimes révisions : en s’exerçant sur des sujets brassant un large panel de thématiques, vous verrez rapidement apparaître les zones blanches de votre culture. Ces zones blanches constituent votre priorité si vous devez continuer vos révisions de culture générale. Si vous avez manqué de références sur des sujets d’actualité il est préférable de se concentrer sur ces derniers plutôt que de faire des fiches « abstraites ».

Méthodologie du commentaire

Nous vous proposons ici une méthode qui ne représente en rien la doxa du commentaire de texte. Si elle ne vous plaît pas vous pouvez vous référer à celle que nous décrivons dans l’article sur l’épreuve de motivation professionnelle ou à une des nombreuses méthodologies qui existent pour les épreuves de Grand Oral ou de commentaire de texte de culture générale.

Munitions

  • 3 feuilles de brouillon
  • 1 stylo noir et son remplaçant
  • 4 crayons ou surligneurs de couleurs différentes
  • 1 bouteille d’eau
  • 1 paire de bouchons d’oreilles
  • 1 montre (de préférence à affichage digital) dont on aura au préalable vérifié l’état des piles

Procédé

Lecture du document (5 minutes)

À moins que le texte soit vraiment court, vous n’aurez pas le temps de lire deux fois le texte dans son intégralité. Optimisez donc votre première et normalement seule lecture. Avant toute chose, munissez-vous de votre meilleur stylo noir et commencez par numéroter les lignes du texte : si jamais le jury fait référence à une ligne spécifique, vous serez rassurés de ne pas avoir à les compter, et c’est de toute façon une aide à votre prise de note.

Prenez connaissance du titre, de l’auteur et de la date de l’article. Les articles sont le plus souvent issus de l’actualité mais rien n’interdit au jury d’aller chercher un texte datant de quelques années et lire la date avant de découvrir le texte vous permet de ne pas vous faire des idées anachroniques en lisant ce dernier. Si vous connaissez bien l’auteur ou le sujet, c’est très bien mais n’exultez pas trop : vous perdez du temps.

Jetez un coup d’œil à la structure du texte : repérez les différents paragraphes, lisez le chapeau et les intertitres, déterminez s’il s’agit d’un article dans son intégralité ou d’un extrait. Faites attention à la présence d’éléments paratextuels (une question en amont du texte, une note de bas de page, etc.). Grâce à ce survol vous devez déjà avoir une bonne idée de ce dont va parler le texte, votre lecture n’en sera que facilitée par la suite.

Vous pouvez commencer votre lecture en repérant les grandes idées du texte. Il n’y en a pas trois cents ni même dix ; contentez-vous d’en faire ressortir entre deux et quatre. Encadrez-les, et soulignez le cas échéant les éléments qui viendront nourrir ces idées forces.  Vous devrez faire également attention à deux points en particulier : les citations (renforcez les guillemets au stylo et soulignez deux fois le nom de leur auteur) et les éléments chiffrés (entourez-les), les premières pouvant vous desservir si dans votre hâte vous vous trompez dans leur paternité, les seconds sur lesquels il sera bienvenu de s’appuyer.

Élaboration du plan (20 minutes)

Après avoir pris connaissance du texte, vous devez élaborer une problématique et un plan. Comme vous êtes en temps très contraint, il faut que ces derniers reposent sur des automatismes : ce ne seront pas les problématiques et plans les plus intelligents de votre vie, mais ils auront le bénéfice d’être rapides à trouver et clairs à énoncer. Comment arriver à ce miracle ?

Votre objectif est de montrer au jury que vous savez mettre une situation en perspective, c’est-à-dire l’inscrire à la fois dans une histoire et dans une actualité, et que vous pouvez jeter un regard critique sur cette dernière et sur les diverses opinions qui existent à son sujet. Donnez-vous les moyens d’arriver à ces objectifs en orientant votre problématique dans ce sens. Pour cela posez-vous les questions suivantes :

  • Les grandes idées du texte ont-elles une unité logique ? ça devrait aller vite, vous les avez encadré dans le texte et leur unité se retrouve souvent dans le titre (mais il est bon de s’en assurer si ce n’est pas le cas ou si le titre est obscur).
  • Quelle est l’inscription historique de ce sujet ? Est-il abordé dans le texte ? Dans quelle mesure ?
  • Quelle est l’actualité du sujet ? Est-elle abordée dans le texte ? Dans quelle mesure ?
  • Quels sont les différents points de vue sur cette question ? Sont-ils tous présents dans le texte ? L’auteur prend-t-il position ? Dans quelle mesure ? Quelle est sa légitimité pour s’exprimer ?

Vos connaissances sur le sujet du texte vous permettront de mieux comprendre l’ancrage du texte et ses limites : est-il trop actuel, ne prend-t-il pas assez en compte des éléments du passé qui peuvent être importants pour comprendre une situation donné ? À l’inverse ne prend-il pas assez en compte les nouveaux enjeux du sujet ou bien a-t-il été rédigé avant que des changements importants ne l’affectent ? Ce sujet suscite-t-il des controverses ou des débats ? Qui sont les acteurs à se positionner sur cette question ? Quelle place est réservée à ces débats ? D’autres points de vue sont-ils exprimés etc. ?

Votre problématique fait ainsi la synthèse entre le sujet (en général) et le texte (qui traite le sujet sous un angle particulier) grâce à l’intermédiaire de vos connaissances, de vos idées et de votre personnalité.

À partir de cette problématique, vous pouvez dresser un plan en deux parties et deux sous parties qui va répondre à cette problématique. La première partie doit répondre à votre problématique sous l’angle : « Quel est l’intérêt de ce sujet en général ? » et la deuxième partie doit répondre à l’angle : « Pourquoi est-ce intéressant de me poser cette question aujourd’hui / à moi / dans le contexte de ce concours ? ».

Ce qui suit est une tentative de vous offrir des exemples de plan à partir de rien du tout, c’est un grand travail d’abstraction de la part de l’artiste, mais pas sûr que ces deux œuvres trouvent leur public. Tentative cependant :

Exemple 1 de plan pour un texte plutôt subjectif

I-  Quel est l’intérêt de ce sujet en général ?
1) La situation donnée est celle-ci : elle comporte des enjeux, des problèmes, etc.
2) Mais des bouleversements l’ont affectée : ces enjeux, ces problèmes ont changé, ont disparu, sont apparus.

II- Pourquoi est-ce intéressant de me poser cette question, à moi en particulier ?
3) L’article donne un point de vue sur ces changements que je peux remettre en perspective
4) Mais ce n’est qu’avec la prise en compte de telle autre opinion que nous pouvons vraiment comprendre le sujet

Exemple 2 de plan pour un texte plutôt descriptif

I- Quel est l’intérêt de ce sujet en général ?
1) La situation initiale est donnée : elle pose des problèmes, soulève des questions, etc.
2) Le débat classique se pose en ces termes

II- Pourquoi est-ce intéressant de me poser cette question aujourd’hui ?
3) Des changements affectent fortement ce sujet et en modifient les enjeux
4) Le débat se pose du coup en ces nouveaux termes

Ne cherchez pas à trouver des jolis titres pour vos parties : ça ne vous sert à rien (et vous n’avez pas le temps !). À la place, rédigez des phrases courtes, claires, élégantes qui serviront d’introduction ou de transition à vos propos. Si jamais vous vous embrouillez sur une partie de votre présentation, vous serez rassuré de pouvoir vous reposer sur une phrase écrite pour faire votre transition

Une fois que vous avez votre plan, vous devez le remplir. Nous vous proposons de prendre une feuille et de l’orienter en format paysage. Vous dresserez un tableau sur le modèle suivant.

Avant de remplir ce tableau, vous devez avoir en tête que chaque partie ne dure que deux minutes. Proposez donc une ou deux idées par partie mais pas plus. Ne rédigez rien dans votre tableau : quelques mots-clés suffisent. Appuyez-vous sur l’article, il n’est pas simplement un prétexte et vous n’avez pas amené vos crayons de couleurs pour rien. Alors sortez ces derniers et attribuez une couleur à chacune de vos parties. Surlignez dans la bonne couleur les éléments du texte que vous avez déjà souligné ou encadré et qui vous semblent pertinent pour vos différentes parties. Il vous suffira ensuite de référer dans votre tableau le nom de la ligne pour retrouver l’information que vous voulez donner (idée, citation, chiffre etc.). Ne perdez pas de temps à la recopier. Enfin, étayez vos idées d’illustrations ou de nuances que vous pourrez puiser dans le texte ou en dehors. Faites-en sorte (c’est facile à dire) de diversifier vos exemples pour montrer à quel point vous êtes curieux et cultivé.

Il ne vous reste à peu près que 5 minutes, vous avez déjà votre texte souligné de différentes couleurs et votre plan détaillé dans lequel vous avez veillé à rédiger vos titres sous formes de transition.

Rédaction de l’introduction (5 minutes)

Cette dernière se décompose en quatre parties :

  • L’accroche : vous demander de trouver une accroche séduisante sans trop perdre de temps à y réfléchir ressemble un peu à une injonction contradictoire… mais c’est pourtant ce qui vous est demandé ! Voyez votre inspiration comme un muscle et considérez le fait que les mêmes thématiques finissent toujours par revenir : avec de l’entraînement vous améliorerez sans doute vos capacités à réussir cet exploit. Si néanmoins, vous ne trouvez rien de pertinent contentez-vous de poser le contexte de l’article et passez à la suite.
  • La « mise en énigme » : c’est la partie qui fait la transition avec votre accroche, le cas échéant, qui introduit votre problématique et qui flatte le jury. « Cet article est super intéressant, merci de me l’avoir donné, il pose plein de questions intéressantes et je suis moi-même super intéressant.e, écoutez-moi vous allez voir ». C’est ce que vous dites en substance dans ces quelques lignes où vous reprendrez les questions que vous vous êtes posées pour arriver à votre problématique et dont vous exposerez les éléments les plus saillants.
  • L’énoncé de la problématique : le jury va noter à peu près ce qu’il veut pendant votre présentation, mais s’il y a une phrase qu’il ne doit pas manquer, c’est celle-ci. Là encore facilitez-lui la vie. Passez à la ligne sur votre brouillon pour vous rappeler de marquer une courte pause à ce moment de votre lecture (oui dans cette méthode vous lisez votre introduction) et écrivez quelques mots d’introduction « c’est ainsi que j’en suis amené à poser la problématique suivante ». Cela vous semble lourd, mais ce n’est pas grave. Mieux vaut être lourd et certain d’avoir été bien compris. Repassez à la ligne, voire écrivez « PAUSE » entre crochet pour vous obliger à marquer un temps à nouveau. Laissez au jury le temps d’écrire votre problématique avant d’annoncer votre plan.
  • L’annonce du plan : Vous manquez de temps et vous avez déjà rédigé vos titres sous formes de phrases, ne vous encombrez pas à les réécrire sur cette partie. En revanche il peut être utile d’écrire « annonce de plan » sur son brouillon pour ne pas oublier de le faire !

Imaginez votre conclusion (quelques secondes volées à la montre)

Normalement vous n’avez plus le temps d’écrire une conclusion, mais si par miracle le jury a un peu de retard, exploitez chaque seconde de plus sur votre brouillon pour trouver une dernière idée à donner sous forme d’ouverture. Si vous n’avez pas le temps ce n’est pas grave : vous vous contenterez de conclure en disant relisant les titres de toutes vos parties et sous parties et les articulant dans une phrase. Ce sera déjà très bien et cela offrira au jury la preuve de votre esprit de synthèse.

La présentation orale (10 minutes)

Normalement, vous avez fait le plus difficile et le plus gros enjeu de votre présentation orale sera de maîtriser votre stress et de respecter le temps qu’il vous est imparti. Pour votre stress, il n’y a pas de solution magique mais votre préparation au brouillon vous donne quelques armes. Vous pouvez commencer votre présentation en lisant votre introduction, ça vous permettra de vous lancer et de vous rassurer en constatant que vous tenez des propos sensés et clairs. Si vous perdez totalement pied pendant une partie, ne dépensez pas trop de temps à essayer de vous en sortir. Arrêtez-vous, prenez le temps de respirer et annoncez que vous passez à la partie suivante en lisant votre transition. Ce n’est pas grave.

Pour respecter vos dix minutes de présentation, il faut garder un œil sur votre montre du début à la fin de votre exposé. Si vous êtes trop long ou trop court sur une partie, ce n’est pas grave, mais il au moins faut s’en être rendu compte pour pouvoir ajuster le reste de votre présentation.

Notez sur un bout de votre feuille l’heure à laquelle vous démarrez et lancez vous ! Comptez 1 minute, 1 minute 30 maximum pour l’introduction, 2 minutes pour chaque sous-partie (transitions comprises), et une vingtaine de secondes pour la conclusion. Ça ne fait pas exactement 10 minutes, parce qu’il vous faut comptabiliser le fait que vous aurez parfois envie de vous taire une seconde, de respirer etc. Si jamais vous venez à manquer de temps, synthétisez la fin de votre présentation en disant clairement vos titres de parties et en évoquant seulement vos exemples. Le jury pourrait profiter de la conversation qui suit pour vous poser des questions dessus.

La conversation (20 minutes)

Le jury va ensuite vous remercier pour votre exposé et vous poser des questions sur ce qu’il veut. Néanmoins, il est d’usage qu’il vous interroge sur la thématique du sujet, ou qu’il vous fasse expliciter une de vos idées, pour s’assurer de votre compréhension du texte et de la solidité de vos arguments. C’est la raison pour laquelle c’est une très mauvaise idée de dire dans votre exposé « comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau », si vous ne connaissez pas bien ce dernier ! Il pourra ensuite vous poser des questions dans un cadre plus général.

Pour vous entraîner à la conversation nous vous proposons trois conseils :

Pendant vos jurys blancs, accordez de l’importance aux questions auxquelles vous ne savez pas répondre. Ce n’est pas parce que c’est une épreuve blanche que vous devez balayer d’un revers de la main les questions qui vous posent problème. Au contraire, apprenez à maîtriser le temps de réflexion que vous aurez peut-être besoin de demander. Apprenez à dire « je ne sais pas » sans vous mettre à paniquer, demandez à reformuler la question, rebondissez sur un sujet qui vous est plus familier etc. Ces réactions doivent s’apprivoiser et plus vous y aurez prêté attention pendant votre entraînement mieux vous serez susceptible de le gérer le jour du concours.

Formulez intelligemment votre opinion : vous avez le droit d’avoir un avis sur les débats de société, et cet avis n’est pas forcément le même que les membres du jury. Attention cependant, sachez que vous vous exposez à devoir défendre ce dernier et qu’on s’attendra à ce que vous ayez des arguments convaincants. Évitez de vous contredire, si le jury vous pousse dans vos retranchements. Face à une question que vous jugez sensible, ou lorsqu’on vous demande expressément votre avis, prenez toujours le temps de montrer que vous connaissez les enjeux, en exposant d’abord la situation et les différentes forces qui s’opposent (succinctement), puis donnez votre position.

Prenez du temps si vous en avez besoin : vous ne pouvez pas vous accorder dix minutes pour chaque question, mais on n’attend pas non plus de vous que vous répondiez du tac au tac. Si une question vous paraît nécessiter une réponse construite, prenez le temps d’y réfléchir quelques secondes avant de prendre la parole. De la même façon, si vous sentez le stress monter, vous avez le droit de prendre quelques secondes pour respirer profondément avant de donner votre réponse (même si cette dernière se révèle être « je ne sais plus, je l’avais sur le bout de la langue »).

Bonnes révisions et bon courage à tous !

Jury épuisé d’avoir entendu tout et n’importe quoi pendant un temps cumulé de 12 heures d’épreuves (soyez gentils avec lui)

Cette fiche a été rédigée par Lydia Belmekki, élève conservatrice territoriale de bibliothèques de la promotion Gerda Taro et Robert Capa – août 2017
Téléchargez-la ici :

L’entretien sur la motivation professionnelle

Ça y est, les résultats d’admissibilité du concours de conservateur.trice sont tombés, et vous avez eu la joie de voir votre nom dans la liste des admissibles. Félicitations ! Vous venez de passer une barrière difficile, vous pouvez en être fier. Malheureusement, l’heure n’est pas encore au repos du guerrier. Car cette réussite vous a ouvert l’accès à la deuxième partie du concours : les épreuves orales. Parmi elles, l’entretien sur la motivation professionnelle, une épreuve qui peut se révéler assez nébuleuse lorsqu’on la passe pour la première fois. Pas de panique, voici quelques éléments pour comprendre en quoi consiste cet oral et pour le préparer au mieux.

L’oral de Motivation Professionnelle : cadrage de l’épreuve

Sur le site du CNFPT, vous pouvez télécharger les éléments réglementaires de cadrage de l’entretien de motivation. Le libellé exact décrit cette épreuve comme un « entretien avec le jury portant sur la motivation professionnelle débutant par le commentaire d’un texte relatif à une situation professionnelle, hors contexte des bibliothèques. (Préparation : 30 mn ; durée : 30 minutes, dont commentaire : 10 minutes maximum, entretien : 20 minutes minimum ; coefficient 4). Il n’y a pas de programme officiel. » pour les externes, et comme un « entretien avec le jury sur la motivation professionnelle, débutant par le commentaire d’un texte relatif à une situation professionnelle. Le jury s’appuiera également sur le dossier fourni par le candidat lors de l’inscription, pour la   reconnaissance   des   acquis   de   l’expérience   professionnelle   antérieure (préparation  :  trente  minutes  ;  durée  de  l’épreuve  :  trente  minutes  ;  dont  commentaire  :  dix  minutes maximum ; entretien : vingt minutes minimum ; coefficient 4). Cette épreuve ne comporte pas de programme réglementaire » pour les internes.

Pour avoir une idée du type d’articles qui ont été proposés aux candidats des sessions précédentes, vous pouvez consulter les rapports des jurys qui vous donneront des exemples.

Le jury

Pour cette épreuve comme pour l’oral de culture générale, vous serez face à un jury composé de neuf personnes :

  • 3 élus locaux
  • 3 fonctionnaires territoriaux (qui ne relèvent pas forcément de la filière culturelle)
  • 3 personnalités qualifiées (qui sont sélectionnées pour leur connaissance des bibliothèques et de leurs enjeux).

La composition de ce jury est disponible sur le site du CNFPT. Et nous vous conseillons vivement de prendre le temps de faire une rapide recherche sur chacun des membres. Qui sont-ils ? Quels sont leurs parcours professionnels ? Quels projets d’envergure ont-ils élaboré ? Quelles causes politiques leur tiennent à cœur ? Quels sont les grands enjeux de leur collectivité de tutelle ? Car s’ils sont impliqués dans des domaines précis, il est possible que cela se transforme en question lors de votre oral. Attention cependant à garder votre point de vue et votre personnalité. Cette capacité va être testée pendant l’entretien.

Autre élément important à avoir à l’esprit en ce qui concerne le jury : pendant quelques jours, ces personnes vont enchaîner les entretiens, et voir défiler des dizaines de candidats à la suite. Comme tout être humain, ils vont être soumis à la fatigue, surtout si vous passez en fin de journée ou en fin de session. Ainsi, ils apprécieront particulièrement la clarté de vos propos et un certain dynamisme.

Le jour de l’épreuve, l’entrée dans la salle a de quoi impressionner. Vous serez donc face à neuf personnes installées en U. Même pour les personnes les plus à l’aise à l’oral, il y a de quoi se sentir déstabilisé. Acceptez donc le stress comme partie prenante de l’épreuve. Vous avez la voix qui tremble et les jambes en coton ? C’est normal, et les autres candidats n’en mènent pas plus large que vous. Par contre, ne cédez pas à la panique, même en cas d’erreur. L’important sera de ne pas perdre pied.

Avant de passer à l’épreuve à proprement parler, nous proposons pour les internes un focus sur la préparation du dossier RAEP.

Bonus spécial pour les internes : le dossier RAEP

À peine passée la joie des résultats, les admissibles internes doivent tout de suite plancher sur leur dossier RAEP (pour « Reconnaissance des Acquis de l’Expérience Professionnelle »). Il doit être remis quelques semaines après les résultats. Concrètement, ce dossier reprend les grandes lignes de ce que l’on pourrait indiquer dans son CV (état civil, formation initiale et continue, expérience professionnelle), mais sous une forme codifiée et différente de celle que l’on attend habituellement d’un CV. Le document à remplir est à télécharger sur le site du CNFPT, où vous trouverez également un guide d’aide au remplissage.

Bien. Mais une fois tout ça en main, on fait quoi ?

Tout d’abord, il s’agit de bien comprendre l’intérêt de ce dossier. En effet, il ne s’agit pas d’un complément, mais d’un élément à part entière de l’épreuve de motivation. Les informations présentées ici rentreront en ligne de compte dans votre note finale ; il faut donc bien réfléchir au contenu de ce dossier.

Concrètement, le jour de l’épreuve, les jurés l’auront sous les yeux et pourront le feuilleter ou s’y référer pendant l’entretien. Il faut donc également soigner la forme du document. La présentation doit être suffisamment claire pour qu’ils puissent s’y retrouver en un clin d’œil. N’hésitez donc pas à jouer sur la taille des colonnes, à user des sauts de lignes, des éléments de mise en forme (gras, italique, souligné) afin que le résultat soit le plus lisible possible. Attention cependant : le jury peut choisir de vous interroger sur des points de ce dossier pendant l’épreuve, ou pas. Il n’y a pas de règle à ce sujet ; le jury est souverain.

Ceci étant posé, que faut-il mettre exactement dans ces quelques pages ?

Ce dossier doit convaincre les jurés que le parcours que vous avez suivi jusqu’ici vous amène naturellement à briguer un poste de conservateur.trice. Les volets « formation initiale » et « fituation administrative » laissent peu de place à la stratégie. En revanche, ceux sur « l’expérience professionnelle » et la « formation continue » méritent un peu de réflexion. La question centrale que vous devez vous poser est la suivante : quels sont les éléments de mon parcours qui prouvent que j’ai les compétences ou le potentiel pour être conservateur.trice ?

Pour y répondre au mieux, munissez-vous de votre CV. Prenez un temps pour réfléchir en détail aux postes que vous avez occupés jusqu’ici, aux tâches que vous avez effectuées, aux projets que vous avez portés ou auxquels vous avez participé. Si vous avez un livret individuel de formation à jour, c’est le moment de le sortir. Sinon, prenez également un temps pour retrouver la trace à peu près exhaustive des formations et journées d’étude que vous avez suivies. N’oubliez pas vos responsabilités associatives, surtout si elles s’exercent dans le cadre d’une association professionnelle.

Une fois cette masse d’information réunie, il va falloir sélectionner ce que vous allez faire figurer dans le dossier.

Vous êtes déjà responsable d’établissement, vous avez dirigé des équipes, mené des projets d’envergure, ouvert des bibliothèques ou coordonné des réseaux ? Votre expérience parle pour vous, pensez surtout à bien la mettre en valeur. Ne minimisez pas vos actions, pensez à mentionner des éléments chiffrés (budgets gérés, nombre de personnes encadrées). Si votre parcours est très vaste, mettez l’accent sur les projets dont vous êtes le plus fier, ceux sur lesquels vous souhaitez que le jury vous interroge. Mais ne cachez pas vos échecs non plus : une question du jury sur un projet avorté peut se révéler bénéfique si vous savez montrer que vous avez pu en tirer des enseignements et rebondir.

Vous n’avez jamais exercé de grande responsabilité, jamais encadré d’équipe, et vous avez peur que ce soit un frein à votre réussite ? Rassurez-vous ! Après tout, beaucoup de candidats externes n’ont pas d’expérience d’encadrement non plus, et le jury les estime quand même légitimes pour devenir conservateur.trice.s. Cherchez parmi les éléments de votre parcours ceux qui pourraient relever des fonctions d’un cadre A+. Vous gérez des collections : mentionnez les budgets qui vous sont attribués. Vous participez à des projets transversaux, des groupes de travail ? Indiquez-les comme autant de preuve de votre implication professionnelle et de votre capacité à fonctionner en mode projet. Vous courez de formation en journée d’étude ? Boostez cette partie du dossier qui montre votre attachement à votre métier et votre capacité à vous tenir au courant des évolutions. Mais attention, là encore, soyez stratège : la formation sur la politique documentaire aura plus de poids que celle sur la lecture d’album, aussi passionnante soit-elle.

L’épreuve proprement dite : La préparation du commentaire de texte

Certains articles sélectionnés pour le commentaire de texte sont arides voire expéditifs, impliquant une lecture rapide mais le risque de peiner à trouver matière à commentaire. D’autres sont assez longs et denses, impliquant une lecture plus longue mais une plus grande matière pour alimenter le commentaire. Veillez à vous entraîner sur différents types de documents et différentes sources. Ne vous entraînez pas sur des sujets qui vous intéressent forcément, quitte à demander à quelqu’un d’autre de choisir des articles sur internet pour vous.

La Gazette des Communes, le site Localtis, la Lettre du Cadre, les revues Management ou Challenges sont de bonnes sources où puiser des textes. Plus généralement, tout article commentant une situation professionnelle ou la législation liée au travail, dans le secteur public principalement, mais pas uniquement, peut être pertinent.

Balisez-vous des matinées ou des après-midis pendant lesquels vous pourrez faire des simulations (30 minutes de préparation + 10 minutes de présentation + une pause entre chaque), sans être interrompu dans votre préparation et votre présentation. Si vous avez la possibilité d’enchaîner des simulations c’est encore mieux. Le jour J ressemble à un saut d’obstacles : les oraux se succèdent parfois rapidement et cela peut vous aider à travailler votre endurance. Préparez-vous une pile d’articles préimprimés, soit pris dans la liste du rapport du jury précédent, soit sélectionnés par un tiers. Tirez-en un au sort : c’est exactement ce qui vous arrivera le jour J, et, comme pour la dissertation, il vous faut faire le deuil du sujet parfait.

Voici une proposition de méthode pour la préparation du commentaire de texte. Elle n’est pas la seule méthode qui existe, et une autre méthode est présentée dans l’article sur l’oral de culture générale. Vous pouvez tester ces deux façons de faire et voir laquelle vous convient, ou les combiner. L’essentiel est de gagner en efficacité.

Pour la préparation, prenez cinq feuilles :

  • une pour prendre des notes en vrac,
  • une pour travailler le plan et la problématique,
  • une pour rédiger quelques lignes d’introduction,
  • une pour rédiger un plan détaillé,
  • une pour rédiger quelques lignes de conclusion.

 Vous ne vous servirez que des trois dernières pendant l’oral.

Pour les premiers entraînements, vous pouvez vous préparer un petit récapitulatif du temps à accorder aux différentes étapes décrites ci-après.

Puis lancez le chronomètre de 30 minutes.

1. En quelques secondes : rédigez le nom de l’auteur, le titre de l’article et de la publication. Il vous faudra les présenter en introduction. Si vous pouvez déjà associer quelques idées pour situer la publication ou l’auteur dans le champ éditorial, cela pourra alimenter votre introduction ou votre réflexion.

2. 5 à 10 minutes (en fonction de la longueur du texte) : effectuez une lecture active en listant les éléments saillants de votre document (questions/réflexions posées, éléments faisant débat, dates et chiffres clés, références implicites ou explicites).

3. 5 minutes : à partir de ces éléments vous pouvez composer votre problématique. Pour ce faire, nous vous renvoyons à notre article sur la dissertation. Comme pour la dissertation, vous devez répondre à la question que vous posez, grâce à votre argumentation. Attention : il ne s’agit pas de faire un commentaire fidèle de toutes les thématiques abordées dans le texte, ni de converger systématiquement avec le point de vue exprimé dans le texte. Il s’agit de prendre de la hauteur par rapport au texte, mais de rester en phase avec le sujet proposé en dialoguant avec le point de vue de l’auteur. Le texte est un prétexte qui va vous permettre de discuter sur une problématique plus générale. Une fois cette thématique forte identifiée et problématisée, donnez-en votre lecture personnelle.

4. 10 minutes : commencez un plan détaillé. Préparez deux ou trois parties composées de six à huit arguments, assortis d’un exemple à chaque fois. Ces exemples doivent être choisis avec équilibre : il s’agit d’en tirer certains du texte (que vous pourrez compléter au besoin), et certains de votre culture personnelle, comme pour la dissertation. Attention, il est facile de tomber dans l’imprécision à l’oral, par exemple en laissant des phrases en suspens. Les références que vous mobilisez doivent être les plus précises possibles. Il y a fort à parier que si elles intéressent le jury, celui-ci vous sollicitera sur ces sujets, il faut donc bien les maîtriser. Ainsi, ne cherchez pas non plus à être trop exhaustif dans la présentation de ces références en mentionnant des détails qui n’ont pas de rapport avec le sujet. Si le jury vous sollicite sur le sujet, vous aurez l’occasion de creuser la question.

5. 5 minutes : rédigez quelques phrases d’introduction et quelques phrases de conclusion. Vous devez entrer dans la salle en sachant quels mots vous allez utiliser pour débuter et clôturer votre présentation. Ceci vous permet de vous lancer avec plus d’aisance. L’introduction doit comporter quelques éléments incontournables :

  • Accroche, si elle n’est ni poussive, ni « tarte à la crème » ; sinon, vous pouvez commencer par une formule plus classique : « Le texte que je vais vous présenter ici… »
  • Contextualisation de l’article (au-delà du rappel du titre, de l’auteur, de la date et de la publication, il s’agit de montrer que vous situez le texte dans une actualité ou dans son contexte historique).
  • Problématique.
  • Annonce de plan.

Comme pour la dissertation, vous devrez formuler dans la conclusion une réponse claire à la problématique annoncée et vous ouvrirez vers d’autres réflexions, ou ferez le lien avec d’autres sujets.

Votre chrono sonne. Les 30 minutes sont écoulées.

Si vous n’avez pas terminé, ne serait-ce que votre plan, lancez-vous quand même dans la présentation. Même si vous sentez que ça ne tiendra pas la route, allez jusqu’au bout de l’exercice, cela sera formateur : vous allez découvrir l’improvisateur.trice qui est en vous.

La présentation du commentaire : 10 minutes

L’idéal est de pouvoir faire la présentation à voix haute : vous allez pouvoir évaluer votre élocution, vous entraîner à articuler et à parler avec une voix qui porte, et vous allez pouvoir constater qu’il y aura parfois un écart entre ce que vous aviez prévu de dire, et ce que vous dites en présentation. Une idée claire sur le papier peut paraître plus complexe à exposer à l’oral.

Pour avoir une voix qui porte, tenez-vous droit et regardez le point le plus loin de la salle. Il s’agit également de ne pas contracter sa gorge (comme lorsqu’on crie), mais de se servir de sa cage thoracique pour faire caisse de résonance (comme quand on fait “la grosse voix”). Sur Internet, on trouve quelques astuces, notamment des journalistes radio et des professeurs, pour éviter une fatigue des cordes vocales et maîtriser sa respiration pour une prise de parole en public. En voici un exemple, mais n’hésitez pas à aller en chercher d’autres.

Cela vous permettra de mieux respirer et de mieux contrôler les tremblements de la voix liés au stress.

Lancez votre chrono pour dix minutes. Déroulez votre présentation en imaginant le jury en face de vous. Oui, le stress monte, c’est l’occasion de l’apprivoiser. Essayez de ne pas lire vos notes. Mesurez votre débit : ne parlez pas trop vite, jouez avec l’intonation pour rythmer votre présentation en appuyant sur certains mots qui capteront leur attention. Posez vos mains sur la table et évitez de trop les agiter si vous parlez avez les mains habituellement. Plaquez bien vos pieds sur le sol, pour éviter de faire trembler votre jambe. Cela vous aidera aussi à vous tenir droit.

Si possible, faites quelques fois cet exercice devant témoins, ils seront à même de noter ces détails de posture et autres tics de langage (donc, euh, etc.).

Petite anecdote, lors de l’un des oraux, l’une des auteures de ce texte a oublié d’annoncer son plan ! Lorsqu’elle s’en est rendu compte, alors qu’elle débutait sa deuxième partie elle l’a énoncé en guise de transition. Si ce n’est pas quelque chose à reproduire, il faut noter que cela a été apprécié du jury : lorsque vous voyez que vous prenez une mauvaise piste, ou que vous vous emmêlez les pinceaux, autorisez-vous un temps de respiration pour reprendre la maîtrise de votre argumentation. Restez le plus zen possible : rien n’est jamais perdu, vous pourrez vous rattraper pendant cet oral ou un autre.

Concernant le temps de la présentation, les textes de cadrage restent assez vagues (« moins de dix minutes »). Mais dans la pratique, certains jurys vous pénaliseront pour une présentation qu’ils jugent trop courte (7 à 8 minutes). A l’inverse, une présentation trop longue vous fait courir le risque d’être interrompu (et donc fortement déstabilisé pour la suite de l’entretien) ou de vexer le jury (que vous privez d’une partie de son temps de questions). Dans le doute, mieux vaut s’entraîner à calibrer votre présentation pour atteindre 9 à 10 minutes le jour de l’épreuve.

Pendant l’entraînement, ne vous découragez pas si vous avez fait trop court ou trop long. Ces derniers ont pour objectif de vous faire prendre la mesure du temps. Petit à petit vous saurez doser votre débit et le nombre d’arguments que vous pouvez développer. De même, ce n’est pas parce que vous faites 10 minutes du premier coup qu’il faut arrêter l’entraînement : encore une fois il faut vous tester sur des articles de longueurs et de qualités variées.

La conversation avec le jury : tenir le fil de la discussion

Le jury démarre généralement en rebondissant sur le texte en approfondissant des références que vous avez esquissées, en vous donnant l’opportunité d’affiner ou de rectifier certains points si nécessaire ou en testant votre cohérence sur votre prise de position qui doit être mesurée, sensée, argumentée et solide. En ce sens c’est véritablement une conversation. Si notre promotion a eu l’impression que le jury avait été bienveillant de façon constante, d’autres ont eu l’expérience d’un jury testant leur patience et leur réaction face à des questions très incisives, donc préparez-vous à l’éventualité d’être bousculé.e. Les questions autour de la thématique du texte peuvent se croiser avec des questions sur des thématiques différentes, à une cadence plus ou moins forte. Ne paniquez pas et prenez le temps de répondre à chacune d’entre elles en regardant le jury. N’hésitez pas à prendre quelques secondes avant de répondre, le temps de bien comprendre la question et d’organiser votre réponse. Proposez des réponses développées de quelques phrases, sans trop mobiliser la parole, lorsque vous êtes en mesure de le faire. Ne pas savoir répondre à certaines questions est normal, le tout est de ne pas perdre son sang-froid, de ne pas se déprécier et ni se contredire. Si vous sentez que vous êtes en train de perdre pied, prenez le temps d’une respiration en essayant de vous concentrer sur les questions et non sur la situation : oubliez-vous.

La conversation avec le jury : construire son positionnement professionnel

Pendant les entretiens avec le jury, vous devez montrer votre positionnement professionnel. Il faut arriver à l’oral en se sentant légitime, pas trop écrasé par le jury qui est là pour vous rencontrer, souriant si c’est votre nature, sans être nonchalant. Vous devez vous-même vous considérer comme un.e conservateur.trice dès votre entrée dans la salle.

Le jury attend des positionnements étayés. Il ne s’agit pas forcément que cela converge avec leur point de vue personnel, mais que ce soit un positionnement qui corresponde à une bonne connaissance de la réalité du métier. En ce sens, particulièrement pour les candidats externes, le jury attend une bonne connaissance du travail des élus et des tutelles dans la fonction publique territoriale. Aussi voici l’un de nos conseils les plus précieux pour la préparation de l’oral de motivation professionnelle : allez rencontrer autant de conservateurs.trices en poste que possible, d’âges différents, aux déroulés de carrière différents, sur des postes différents (direction, direction adjointe, responsables de secteurs,…), dans des collectivités différentes (intercommunalités, municipalités, départements,…). Posez-leur des questions sur leur quotidien, sur leur motivation, sur leurs grands chantiers en cours. Profitez-en en pour analyser les organigrammes dans cette collectivité, et la place des bibliothèques dans chacune. Chacun.e des conservateurs.trices aura sa vision du métier, et, au-delà de l’apport personnel en termes de motivation, cela vous permettra d’avoir une vision complexe et complète du métier, et cela se ressentira dans vos réponses au jury. Vous pourrez aussi déterminer les orientations managériales et bibliothéconomiques qui vous correspondent a priori.

Le milieu des bibliothèques est un milieu très accueillant en général, alors osez démarcher des directrices et directeurs de bibliothèques, elles et ils seront en général heureux de partager leur vision du métier.

Il s’agit d’être très au point sur le positionnement d’un cadre A+ en collectivité territoriale, vis-à-vis de la tutelle administrative et politique. Une bonne connaissance de l’organisation des collectivités territoriales, de leur cadre légal et des grands enjeux actuels de la fonction publique territoriale sont évidemment indispensables.

Vous devez impérativement vous poser la question suivante : « pourquoi est-ce que je veux réussir ce concours » ? Pourquoi conservateur.trice et non pas bibliothécaire ? Pourquoi la fonction publique territoriale et pas celle d’État ? Qu’est-ce qui vous pousse à vouloir prendre en charge ce type de responsabilités ? Est-ce la continuité de ce que vous avez fait jusqu’ici, ou une volonté récente d’évolution ? Y-a-t-il eu un déclic ? Plus vous serez au clair avec vos motivations, plus vous aurez de chance de convaincre le jury de votre légitimité. Pensez bien à la dimension du rapport aux élus, qui sera un élément déterminant pour votre crédibilité.

Les questions qui nous ont été posées

Sur le document ci-dessous, nous avons listé certaines des questions qui ont été posées aux candidats en 2016, ceci vous donnera un aperçu de la variété des thématiques de conversations, mais aussi des récurrences.

Nous souhaitons bonne chance à tous les candidats, et bon courage pour l’été de préparation qui s’annonce !

Fiche réalisée par Catherine Benod et Aude Etrillard en juillet 2017
Téléchargez l’article ici :

La composition au concours de conservateur.rice territorial.e de bibliothèques

24 mai 2017

Chers et chères candidat.e.s,

Les écrits du concours de conservateur.trice territorial.e de bibliothèques approchent, et l’association des élèves-conservateurs territoriaux de bibliothèques a entrepris de partager avec vous certaines astuces.

Après la recette pour une note de synthèse réussie proposée par Floriane-Marielle Job, nous vous proposons ici des conseils qui ont fait leurs preuves pour la rédaction de la composition de culture générale, qui viendront compléter les indispensables manuels de préparation ou les conseils d’autres lauréat.e.s.


Cette fiche a été rédigée par Lydia Belmekki et Aude Etrillard, élèves conservatrices territoriales de bibliothèques de la promotion Gerda Taro et Robert Capa – mai 2017

Cliquez ci-dessous pour consulter et télécharger cette fiche en PDF :


Qu’est ce que la composition de culture générale ?

Relire la note de cadrage de l’épreuve et les textes qui la réglementent va vous permettre de bien vous mettre dans l’esprit de l’épreuve. Commençons par ce que n’est pas la composition de culture générale. Elle n’est pas un article d’encyclopédie, ni un catalogue descriptif de situations et événements. Elle n’a pas vocation à concilier deux points de vues opposés, ni à proposer une histoire des idées. La composition est un développement construit, grâce à la mobilisation d’une variété d’arguments et d’illustrations, qui aboutit à une prise de position par rapport à votre problématique.

Une bonne composition c’est donc :

  • Une accroche originale
  • Une introduction qui guide
  • Un style percutant et efficace
  • Une réflexion cohérente qui répond à la problématique annoncée
  • Des exemples variés, mêlant références classiques et références originales qui dénotent des autres copies
  • Une structure qui apparaît clairement au lecteur
  • Des transitions entre les parties de votre plan
  • Une conclusion qui répond avec clarté à la problématique posée

Dans un autre article nous partagerons nos astuces pour les révisions de culture générale. Mais pour l’heure, concentrons-nous sur l’épreuve elle-même.

Que faire la veille de l’épreuve ?

  1. Ne négligez pas votre santé ! Vous allez affronter cinq heures de station assise, option dos courbé et poignet qui chauffe, après avoir passé la nuit à faire des cauchemars. Prenez vos précautions si besoin. En revanche soyez vigilants avec les produits pharmaceutiques destinés à mieux dormir ou lutter contre le stress… Si vous n’avez pas l’habitude d’en prendre, c’est une mauvaise idée de s’y mettre la veille de votre concours.  
  2. Préparez votre costume de super-héros. Contrairement à l’épreuve orale personne ne vous jugera sur votre apparence physique. Profitez-en et anticipez le fait que la salle dans laquelle vous serez pourrait être trop chauffée ou trop froide et que vous allez rester assis longtemps. Privilégiez des vêtements qui ne vous serrent pas au niveau de l’abdomen.
  3. Faites votre sac. Rien n’est plus susceptible de vous faire paniquer que de chercher votre convocation le matin avant votre départ. Mettez-la immédiatement avec votre carte d’identité dans votre sac à dos, et vous aurez ainsi toute la journée le loisir de vous précipiter sur votre sac pour vérifier qu’elle est toujours là. Pour les fournitures, comme notre consœur le conseillait dans un billet précédent sur la note de synthèse , prévoyez votre stylo préféré, en double, ou avec recharge. Si votre écriture est un peu brouillonne vous pouvez vous tourner vers les stylos effaçables par friction : la copie doit être propre et ces stylos évitent les pâtés de correcteur ou les bavures de stylo plume.
  4. Prévoyez des vivres. Pensez à prendre de l’eau et une collation, pour tenir le coup, mais aussi pour vous faire plaisir et vous récompenser de l’épreuve que vous êtes en train de vous infliger. Si elle ne présente pas le risque de tâcher votre copie, c’est le moment de vous autoriser votre sucrerie préférée.
  5. Protégez-vous des agressions extérieures. Vous êtes sensible au bruit ? Prenez vos boules Quiès pour ne laisser aucun marteau piqueur, aucune manifestation, aucun.e candidat.e avec une mauvaise toux ou grignotant bruyamment vous sortir de votre concentration.
Christian Payne CC-BY-SA. Source Flickr

Le D-Day

Quoi D-Day ? Débarquement de Normandie ? 6 juin 1944, Opération Neptune, Omaha Beach ! … Voilà dans quel état vous êtes aujourd’hui. Comme vous avez suivi nos conseils et que vous avez tout préparé hier, il vous a suffi ce matin de vous glisser dans votre costume de super héros de la culture gé, de manger votre petit-déjeuner de super héros de la culture gé et de prendre votre sac à dos de super héros de la culture gé avant de vous rendre à votre centre de concours préféré.

Assis à votre table, vous avez déjà sorti tout votre matériel, en avez aligné chaque élément de sorte que tout soit perpendiculaire à l’extrémité gauche de la table, et avez déjà bu trois gorgées d’eau. Vous attendez. Les minutes qui s’égrènent comme dans de la mélasse ont le goût de tous les possibles. Allez-vous disserter sur la meilleure forme de gouvernement possible ? L’exception culturelle française ? Les grandes vacances ?  Réussirez-vous à placer cette référence obscure mais géniale qui vous distinguera de tous ? Vous regardez les candidats moins organisés que vous, encore occupés à préparer leurs stylos et n’ayant même pas prévu de bouteille d’eau… Prenez garde ! Ce bref sentiment de supériorité qui vous surprend pourrait se muer en pédanterie et ruiner votre rédaction. Restez dans l’ataraxie.

La découverte du sujet – 5 minutes

À peine le surveillant de salle a-t-il fini d’annoncer « vous pouvez retourner le sujet » que déjà le vacarme du papier qui bruisse et des stylos qui grattent retentit. Ne vous précipitez pas et prenez bien le temps de lire chaque mot du sujet. Faites particulièrement attention à la ponctuation et aux mots de liaisons qui se révèlent souvent d’une grande importance. Une bonne façon de ne rien manquer du sujet consiste à le recopier sur sa feuille de brouillon. Ces cinq minutes de découverte du sujet sont aussi l’occasion de faire le deuil de votre sujet rêvé. Ce dernier n’existe pas, mais vous ne pouvez vous empêcher d’y croire. On ne vous en veut pas : après les mois de révision que vous venez de traverser, il serait cruel de se moquer de vos pensées magiques. Quel que soit votre sentiment par rapport au sujet (« c’est super j’ai fait une thèse dessus » ou « mazette ! je ne sais pas qui est l’auteur de la citation ») faites-le taire.

La panique qui vous assaille face à un des éléments du sujet est un frein beaucoup plus puissant que votre ignorance sur le sujet.

[Pour les techniques de découverte du sujet, nous vous conseillons Préparer le concours de Conservateur des bibliothèques. Etat et territoriale de Alain Patez et Clotilde Vaissaire-Agard – KLOG éditions – Octobre 2017

À l’inverse, il n’est pas rare que des candidats soient légèrement à côté de la plaque parce que le sujet qui tombe est un peu trop proche de leur sujet idéal. L’excitation d’être dans sa zone de confort peut constituer un handicap dès lors qu’elle est propice à négliger l’étape de l’étude des termes du sujet (puisqu’on le connaît si bien) et qu’elle nous incite à énoncer nos idées et exemples préférés, parce qu’on les aime et non parce qu’ils sont les plus pertinents.

La définition des termes – 30 minutes

Maintenant que vous avez pris connaissance du sujet, vous devez savoir « jusqu’où » il va, et donc jusqu’où vous pouvez aller sans être hors-sujet. Pour cela, vous allez donner une définition des termes principaux du sujet. Certains mots vous donneront des balises temporelles ou géographiques. La polysémie de certains autres vous guidera sur les différentes facettes conceptuelles du sujet. Vous pouvez également observer la fonction qu’occupent ces mots dans la phrase, qui peuvent donner des indices sur la façon d’interpréter le sens du mot. Ce travail de définition doit mettre en tension le sujet et surtout pas l’aplatir. N’hésitez donc pas à souligner les questions que posent chacun de ces mots.

Il existe une astuce pour affiner sa définition. Elle consiste à trouver des synonymes ou des termes proches du mot que l’on cherche à définir et d’observer ce qui distingue notre mot en particulier. Une technique semblable consiste à reformuler la phrase, pour qu’elle garde un sens proche mais qui nous permette de trouver la spécificité de notre sujet par comparaison.

Prenons l’exemple, du sujet tombé en 2016 « Y’a-t’il une place pour la fierté nationale ? », les termes importants sont : fierté, nationale et place. L’expression « fierté nationale » sera également à analyser comme un tout, après avoir étudié séparément les deux premiers mots.

La problématisation du sujet – 10 minutes

Maintenant que vous avez délimité votre sujet et que vous voyez exactement quelle est sa portée et quelle est son inscription historique vous devez vous poser trois questions :

1. Pourquoi vous a-t-on posé cette question? quel est son intérêt ?

Ces questions permettent de relier votre sujet à d’autres enjeux qui dépassent le travail de définition que vous venez de finir. Le sujet interroge-t-il une idée reçue ? Est-ce qu’il soulève un débat dans la société ? Est-il connecté à d’autres thématiques ? Concerne-t-il des acteurs particuliers ou doit-il s’entendre de façon générale ?

2. Pourquoi cette question est-elle posée aujourd’hui ?

Ici, vous rattachez votre sujet à l’actualité. L’idéal est d’arriver à repérer un événement qui va modifier notre perception d’un objet ou qui va éclairer une situation sous un angle nouveau. 

3. Pourquoi l’a-t-on posée, à vous ?

Vous pouvez d’une part considérer vos connaissances et mesurer ce qu’elles peuvent apporter à ce sujet. Même les super-héros de la culture gé ont leurs angles morts, et la définition de la problématique permet d’éviter de les rendre trop visibles en orientant votre périmètre de réflexion. Ceci vous permettra aussi de vous faire plaisir, et de faire plaisir à votre lecteur, en abordant certaines questions qui vous passionnent. Attention évidemment à rester dans le sujet.

Vous pouvez d’autre part considérer que vous postulez à un cadre d’emploi spécifique et vous demander « Pourquoi poser la question à un fonctionnaire territorial ? à un conservateur de bibliothèque ? ».

En vous posant ces trois questions vous faites en sorte d’avoir une problématique intéressante, actuelle et personnelle. La tentation est grande (et la pratique répandue) d’inventer une problématique en écrivant « dans quelle mesure » devant le sujet. Or, ce n’est pas une problématique, c’est un gag qui ne trompe personne, surtout pas le juré qui lit ça pour la cinquantième fois.

L’élaboration d’un plan – 1 heure

Vous avez donc délimité votre sujet et en avez trouvé un angle qui permet de montrer tout l’intérêt qu’il y a à poser cette question. Vous allez maintenant organiser votre réponse et choisir vos exemples. 

Pour la construction du plan, nous vous renvoyons vers les techniques habituellement décrites dans les manuels. Rappelez-vous que le plan idéal est celui qui répond le plus clairement à votre problématique, il doit être divisé en deux ou trois parties et ne peut excéder trois niveaux (I-a-1 maximum). Veillez à ce que votre plan soit équilibré, c’est-à-dire qu’il n’y ait pas trois sous-parties dans une partie et seulement deux dans l’autre mais également qu’il n’y ait pas une idée développée en une page et une autre en trois lignes.

Pour le choix des exemples, il vous faut un peu lâcher prise et laisser les idées venir. Ne vous bridez pas : même une idée ou un exemple vous semblant saugrenu au premier abord peut aboutir à un argument solide et en lien direct avec la problématique. Jouez la carte des associations d’idées. N’oubliez pas que les jurés apprécient l’originalité des références, vous pouvez donc tout évoquer, dès que vous faites preuve de pertinence, d’analyse critique et que cela apporte de l’eau à votre moulin. Tout. Oui, même The Walking Dead, même Alien Covenant, et même… Kung-Fu Panda ! Puisez dans la culture populaire, ou des champs de connaissances très spécifiques peut être un plus : vous ferez apparaître votre “patte”, vous vous ferez plaisir (une fois de plus), et vous réveillerez votre lecteur. Mais attention, dans ce cas, il faudra savoir bien doser et montrer que vous maîtrisez également des références historiques, artistiques et scientifiques que vous avez accumulées pendant la préparation.

La rédaction

Il faut soigner son entrée et ne pas rater sa sortie, pour ce faire rédigez votre introduction et votre conclusion au brouillon. 

Introduction au brouillon – 30 minutes

L’introduction commence par une accroche. Il peut s’agir d’une référence à un événement ou d’une citation, qui vous sert à débuter votre composition en emportant le lecteur avec vous. Choisissez donc bien cette accroche : si le sujet s’y prête, il est fort possible que nombreux seront les candidats à évoquer les élections présidentielles ou législatives dans leur accroche cette année. Or il vous faut vous démarquer de la copie précédente et rompre la monotonie que les correcteurs subissent. Vous êtes en panne d’inspiration et vous décidez d’accrocher avec l’élection présidentielle ? Pas de panique ! Ajoutez simplement un zeste de pep’s dans cette “tarte à la crème”, en la traitant avec originalité, par exemple en partant de sources peu communes (comme un article de la presse étrangère, l’analyse pointue d’un.e intellectuel.e relativement peu cité.e, etc.).

Vous reviendrez ensuite sur la définition des éléments du sujet en reprenant le travail réalisé précédemment. Ces définitions elles-mêmes orientent déjà le lecteur vers une problématique en filigrane : vous donnez à voir une certaine coloration du sujet en présentant les enjeux et les points de tension que vous avez repérés autour des termes du sujet. Ceci vous permettra d’enchaîner naturellement sur la formulation, claire et sans ambiguïté, de la problématique à laquelle vous avez abouti grâce à ce processus définitoire.

Conclusion au brouillon – 10 minutes

La conclusion doit mettre en valeur votre composition en suivant votre cheminement de pensée. Mais surtout la conclusion donne des réponses : il ne s’agit pas d’atteindre un consensus (“certains disent que oui, d’autres disent que non”), mais d’aboutir à un positionnement par rapport à la problématique que vous avez posée. Ce positionnement apparaîtra solide et complexe si vous avez fait preuve d’une maîtrise de votre sujet par des connaissances historiques, artistiques et scientifiques appropriées.

La conclusion peut se construire en deux temps (et visuellement comporter deux paragraphes). Un premier temps dans lequel on résume notre réflexion (une méthode rapide pour cela consiste à reprendre les titres de ses parties et à s’appuyer dessus) et au terme de laquelle on assume un positionnement. Puis un second temps dans lequel on rebondit sur ce positionnement pour proposer une ouverture. C’est réfléchir à cette ouverture qui vous prendra le plus de temps, et, si vous en manquez, c’est sur elle que vous devez concentrer vos efforts au brouillon.

BRAVO ! Vous avez fait le plus dur. Récompensez-vous. Vous n’êtes pas là pour souffrir…

Rédaction – 2 heures

À présent, les autres n’existent plus. Enfin, sauf les examinateurs et examinatrices, gardien.ne.s du temps, des toilettes et des feuilles de brouillon.

Il n’y a plus rien qui compte à l’exception du sujet de votre composition, et le déroulement de votre plan. Ne perdez pas les bons réflexes de style : il faut ménager votre lecteur, voire aménager votre copie pour lui. Comme si vous l’invitiez chez vous, installez-le confortablement. Il ne doit pas perdre son temps à relire plusieurs fois vos phrases, ou des passages inutiles. Il doit savoir où il se trouve dans votre raisonnement à tout instant, grâce à l’aération de votre copie entre les parties majeures et aux transitions qui l’emmènent d’un argument à l’autre avec fluidité.

  1. La ponctuation est l’oxygène du lecteur. Dans vos révisions, vous avez inclus les règles d’utilisation des virgules ? Votre lecteur vous en remerciera ! N’ayez pas peur du point non plus. Il s’agit d’accompagner le lecteur dans les étapes de réflexion, et non de montrer que vous savez penser le monde en une phrase. Bien sûr, il n’est pas interdit de construire de belles phrases complexes. Mais veillez à ce que le sujet ne soit pas trop loin des verbes qui lui sont attachés. 
  2. Chaque mot doit avoir une pertinence et doit faire avancer la réflexion. On évite alors le remplissage et les paraphrases. (Ex : “La Ve République est un modèle constitutionnel décrié par certains partis politiques. Elle est vivement critiquée par des partis à gauche de l’échiquier politique.” Ces deux phrases peuvent faire une). Exit également les mots creux. Si vous avez un ennemi à combattre, c’est le mot “véritable”. Beaucoup d’adverbes et de mots de transitions peuvent aussi alourdir le texte (“totalement”, “complètement”, …). Vous verrez paradoxalement qu’en les ôtant, votre texte gagnera en puissance.  
  3. Limitez les “En effet,” ; “Par ailleurs,”; “De plus” qui peuplent votre copie. Ces connecteurs ne sont pas une fatalité ! Munissez-vous d’alternatives (Il est vrai que, Ajoutons que, Notons, De fait…). Mieux, supprimez-les, quitte à modifier la structure de la phrase. Se créer cette contrainte permet parfois de redynamiser son style.

Relecture – 5 minutes

Faites en sorte de garder du temps pour deux ou trois bonnes relectures. Si vous craignez de ne pas réussir à isoler cinq minutes à la fin de votre travail, veillez au moins à faire des relectures, pendant la rédaction, à la fin de chaque partie par exemple.

Ne faites l’économie d’aucune de ces étapes, quitte à apprendre à écrire de votre seconde main si vous manquez de temps. Si vous comptez bien, vous vous rendrez compte que la somme des temps dédiés à chaque étape ne fait pas cinq heures, mais quatre heures trente. La demi-heure en plus est là pour vous rassurer : même en cas d’accident ou de petit débordement, vous n’êtes pas en retard, vous pouvez continuer à vous appliquer. Gardez bien en tête qu’il s’agit d’un concours et que votre succès se jouera sur des détails. Aussi, ne négligez pas votre relecture ou le travail au brouillon de votre conclusion au profit de quelques minutes de rédaction, ça n’en vaut pas la chandelle. Surveillez l’heure régulièrement, autorisez-vous à lever les yeux de temps en temps, ne regardez pas les autres, s’ils ont toujours l’air beaucoup plus en avance que vous c’est une illusion d’optique. 

Croyez en vous ! La victoire est proche et vous avez déjà passé le plus dur (l’épreuve des transports en commun pour arriver jusqu’au centre d’examen).

Le lendemain

Arrêtez de penser à votre copie. Arrêtez. Vraiment.

Et récompensez-vous une nouvelle fois.


Lydia Belmekki et Aude Etrillard
Association des élèves conservateurs territoriaux de bibliothèques
Mai 2017
Cnfpt – INET

Licence Creative Commons

La note de synthèse

Chers candidats, je suis ici pour vous rassurer.

Si elle peut vous effrayer, la note de synthèse n’est pas une épreuve insurmontable. Elle a l’avantage de ne pas demander un apport de connaissances, c’est simplement une épreuve technique. Elle vise à s’assurer que vous êtes en mesure de vous approprier rapidement une somme importante d’informations puis de les restituer de manière synthétique et structurée dans une note entre 4 et 8 pages, en fonction de votre écriture.

La note de synthèse est une pratique courante au sein de l’administration française. C’est un outil d’aide à la décision pour un supérieur hiérarchique qui doit lui permettre de comprendre rapidement un sujet donné dans toute sa complexité, sans toutefois être encombré de détails inutiles. Afin de mener à bien cet exercice, il faut donc toujours garder en tête cette question : « est-ce que cet élément est utile à la compréhension du sujet ? ».

La note de synthèse est orientée vers la prise de décision, la meilleure façon d’aborder tout dossier documentaire est donc à travers le prisme : bilan (B), critiques (C), propositions (P). En effet, il vous sera souvent proposé de réfléchir à un sujet faisant débat et auquel il faut apporter des solutions. Tous les éléments sont contenus dans les documents et il vous suffit alors de les extraire et de les hiérarchiser en fonction de leur nature : bilan, critique ou proposition. Le mot d’ordre pour réussir la note de synthèse c’est : le dossier, tout le dossier, mais rien que le dossier. Il vous faut aborder dans votre restitution tous les documents et cela sans ajout de connaissance personnelle.

La note de synthèse est donc un document court et percutant qui dresse l’état des lieux d’un sujet en insistant sur ses enjeux, les critiques qui lui sont faites et ses perspectives. Mais comment réaliser ce tour de force ? Je vous propose ici ma méthode pour mener à bien cet exercice. Elle est nourrie de lectures et de diverses mises en situation. Si elle a été testée et approuvée, il est important de garder à l’esprit que nous travaillons tous différemment et que d’autres approches peuvent vous faire parvenir au même résultat. Aussi j’espère simplement aider les personnes encore un peu déstabilisées par cette épreuve. L’idée ici est qu’une bonne méthodologie permet de bien gérer son temps et de rendre une copie entièrement rédigée, propre et équilibrée.


Recette pour une note de synthèse réussie

Durée de l’épreuve : 4 heures
Temps de préparation avant le concours : quelques entrainements peuvent suffire
Niveau de difficulté : 3/5
Cette recette devra être réalisée plusieurs fois avant le jour J afin de vous garantir un plus grand succès

Ingrédients pour le jour J :

  • Deux stylos bleu ou noir effaçables et avec lesquels vous avez une belle écriture. En prévoir deux permet de s’éviter une perte de temps à recharger une cartouche en cas de panne
  • De quoi effacer, idéalement éviter le correcteur liquide, qui prend toujours trop longtemps à sécher, préférez un stylo à encre effaçable ou un correcteur souris.
  • Un crayon de papier bien taillé ou un critérium
  • Une règle pour souligner vos titres
  • Éventuellement un surligneur et un seul, il ne faut pas vouloir perdre de temps avec un code couleur
  • Un chronomètre avec un affichage digital bien visible, afin de voir le temps que vous passez sur chaque étape de la recette
  • Un ravitaillement qui ne colle pas aux doigts et ne tâche pas (fruits, noix, barres de céréales)
  • Un peu de liquide mais pas trop, la pause pipi pourrait être un luxe lors de cette épreuve

Ustensiles

  • Une tournure de phrase neutre : pas de “je”, de “nous”, de “on”
  • Des phrases simples – sujet, verbe, complément – et plutôt courtes
  • Un vocabulaire administratif qui évitera le recours aux jugements de valeur et aux formules journalistiques
  • Une orthographe soignée

Étape 1 : la préparation de votre matériel – 5 minutes

1. Avant même de commencer à lire le sujet, préparez vos brouillons, faites en sorte d’avoir une bonne dizaine de pages car il vous faut idéalement utiliser seulement le recto de vos feuilles, afin de ne pas perdre de précieuses minutes à chercher un élément que vous aviez noté.
Vous allez conserver deux pages pour votre plan, aussi vous pouvez déjà y inscrire I/ A/ B/ ou 1/ 1.1/ 1.2. Un plan en deux parties, deux sous-parties permet la plupart du temps d’avoir facilement un propos équilibré. Numérotez les autres pages de brouillon de manière visible.

2. Ouvrez ensuite ce que je vais appeler des “répertoires”, c’est-à-dire des pages de brouillon où vous allez uniquement noter les éléments qui vous permettront de rédiger les différentes parties de votre note de synthèse, à savoir : l’introduction, la partie bilan, la partie critiques, les propositions et la conclusion. En procédant ainsi vous êtes sûr.e de ne baser votre propos que sur des éléments tirés du dossier.

3. Enfin, si le dossier vous est donné agrafé, ne cherchez pas à désolidariser les différents articles, vous perdriez du temps et, pire, des documents. Pour faciliter votre lecture du dossier, vous pouvez néanmoins décrocher les pages sujet et sommaire afin de les avoir bien en vue à tout moment.

Étape 2 : découverte du sujet – 15 à 20 minutes

1. Lisez et considérez les termes du sujet : il est important de bien comprendre ce que l’on vous demande. Chaque terme compte, même les mots de liaison !

2. Analysez le sommaire du dossier : regardez particulièrement la nature des documents, la source et également la date de publication. Cela permet de se faire une idée sur l’importance et donc le temps à accorder à un document.

3. Hiérarchisez l’ordre dans lequel vous allez lire les documents. Les titres et les sources peuvent être une première indication quant à la portée de l’article. Ainsi vous pouvez déjà repérer si les articles seront un bilan, une critique ou une proposition par rapport au sujet considéré. Il est également important de hiérarchiser ses sources afin de perdre moins de temps dans l’analyse du dossier. Il faut privilégier dans un premier temps les articles de vulgarisation comme la presse ou les documents pédagogiques, avant de prendre quelques détails supplémentaires dans la documentation plus technique.

Étape 3 : lecture active du sujet – 1h30

Pour réussir cette épreuve, nul besoin de maîtriser le dossier de A à Z, il faut seulement comprendre rapidement les grands enjeux et savoir les retranscrire de manière claire. Aussi je vous propose ici une technique qui vous conduira à une seule lecture des documents et vous permettra d’abandonner le dossier au moment de la rédaction.

1. Prenez les documents dans l’ordre de lecture que vous vous êtes fixé. D’un côté de la table vous aurez le dossier et de l’autre vos répertoires et un crayon de papier (cela permet d’écrire plus rapidement). À chaque fois que dans le texte vous trouverez des éléments qui vous semblent faire le bilan, la critique ou formuler des propositions, inscrivez-les dans le répertoire correspondant en prenant bien soin de mentionner devant le numéro du document.

2. Votre prise de note doit être concise – on ne recopie pas un paragraphe entier – mais doit néanmoins comporter suffisamment d’éléments pour permettre la rédaction sans revenir au dossier. Si jamais vous aviez des chiffres précis ou des citations à mentionner (par exemple pour les textes de loi), vous pouvez surligner le passage, en résumer le principe sur votre brouillon et préciser le numéro de page afin d’y revenir au moment de la rédaction. 

3. Assurez-vous de manière régulière lors de la lecture active du dossier que vous ne passez pas trop de temps à essayer de déchiffrer des éléments complexes ou qui pourraient être mal imprimés. L’important est toujours de garder suffisamment de temps pour rédiger.

4. Au cours de votre lecture active, vous devriez commencer à mieux cerner le sujet et à pouvoir hiérarchiser vos idées, cela vous sera utile dans la construction d’un plan. Vous devriez pouvoir distinguer au moins huit idées-force afin de pouvoir construire vos 4 sous-parties avec 2 idées dans chacune. 

Étape 4 : élaboration du plan – 20 à 30 minutes

Que vous ayez eu le temps de lire le dossier dans les moindres détails ou que vous ayez été obligé de faire quelques survols, vous ne pouvez plus y couper, il vous faut maintenant établir un plan. Mais pas d’inquiétudes, les répertoires sont là pour vous aider. Vous allez nourrir chaque partie de votre plan des éléments consignés dans les répertoires.

1. S’il est possible dans certaines situations de faire un plan en trois parties reprenant les déclinaisons B/C/P, cette configuration comporte cependant le risque de se retrouver avec un manque de matière pour nourrir les différents paragraphes ou un devoir beaucoup trop long qui ne répondrait pas aux exigences de l’épreuve. Aussi il vous faudra en fonction de votre sujet trouver comment articuler les différents répertoires. Avoir en tête certaines typologies peut s’avérer utilise comme : définitions/illustrations, enjeux/éléments critiques, mise en œuvre/situation, juridique/économique, passé/présent, interne/externe… Chaque sujet étant différent, aucune recette standard ne peut être appliquée, mais voici des déclinaisons à titre d’exemple.

  1. Première partie
    A- Bilan sur la situation passée
    B- Bilan sur la situation présente
  2. Deuxième partie
    A- Critiques quant à la situation
    B- Propositions
  1. Première partie
    A- Bilan sur la situation
    B- Critiques
  2. Deuxième partie
    A- Propositions internes
    B- Propositions externes

2. Votre plan devra être visible dans votre copie, que ce soit sous la forme de titres apparents ou de phrases-titre. Il faut en soigner la rédaction et s’assurer que les titres décrivent bien le contenu qui sera détaillé dans les paragraphes suivants. Réemployer les termes utilisés dans le dossier permettra à l’examinateur de voir que vous avez bien compris le sujet.

Étape 5 : la rédaction – 1h30

Votre plan et vos répertoires en main, il ne vous reste qu’à vous saisir de votre copie et commencer à rédiger. Un point de vigilance à ce stade : l’équilibre des parties. On a souvent l’esprit foisonnant d’idées au départ puis on se retrouve à galoper après les précieuses minutes perdues dans des détails inutiles et la dernière partie se retrouve atrophiée, voire passe à la trappe.

1. Soignez votre introduction ! C’est la première impression que vous donnez, et en la matière, pas de seconde chance. Commencez par une accroche signifiante en lien direct avec le sujet, comme des données chiffrées. Définissez les termes clefs et précisez le contexte qui amène à la rédaction de cette note de synthèse. La problématique devra spécifier en quoi la question est complexe et quelles difficultés sont ici soulevées. Finissez votre introduction par l’annonce de votre plan qui doit reprendre les titres de vos grandes parties, qui eux-mêmes préfigurent vos sous-parties. 

2. En termes de présentation, il est indispensable d’aérer votre copie afin d’en faciliter la lecture. Bien sûr une fois en poste le traitement de texte vous épargnera ces efforts mais en attendant que les ordinateurs soient introduits au stade des concours, il va falloir s’y plier. Aussi, je vous conseille de faire des paragraphes courts. Souvenez-vous de cet adage : 1 paragraphe = 1 idée = pas plus de 8-10 lignes. Surtout sautez des lignes entre chaque paragraphe ou faites un alinéa. Soulignez les titres de votre plan ainsi que les éléments importants afin que la structure et les points clefs soient visibles d’emblée.

3. Structurez vos paragraphes en commençant par l’idée force (j’affirme), suivie d’une explication (j’explique) et d’un exemple (j’illustre). Soignez également les liaisons (j’enchaîne) entre vos différents paragraphes et surtout entre vos parties, c’est le signe d’une pensée cohérente et fluide. Lorsque vous rédigez il ne faut absolument pas écrire “(document 1)” lorsque vous mentionnez une idée issue de cet élément. Si vous voulez citer des principes précis ou des articles de presse tout en respectant le droit d’auteur, vous pouvez alors préciser votre source ainsi : (auteur, titre et date de parution).

4. La simple présence d’une conclusion est le signe d’une réflexion menée à son terme et peut être un petit plus, même si elle n’est pas obligatoire. N’oubliez pas de résumer rapidement en 2 phrases les grandes idées développées dans votre note. Attention, ce n’est pas ici le moment d’ajouter un élément que vous auriez oublié d’évoquer plus haut. 

Dernière étape : la relecture !

Soyons francs, il est fort possible que vous mettiez un point final à votre copie pile à la fin du temps imparti. Seulement avec un peu d’anticipation il est possible de se relire soit au fur et à mesure, soit en sanctuarisant 5 précieuses minutes à la fin de l’épreuve pour éradiquer les éventuelles coquilles.

Maintenant que vous avez la recette bien en tête, ne vous reste plus qu’à vous mettre aux fourneaux. Même les grands chefs ont besoin de quelques essais avant d’atteindre le mélange parfait. Alors pour ce faire penchez-vous sur les annales disponibles et pourquoi pas consultez un livre de méthode dans votre bibliothèque la plus proche.

Pour aller plus loin

  • Jean-Luc Le Mercier et Jean-Luc Maron, Objectif Concours – Réussir la note de synthèse – Catégorie A et B, Broché (2015)
  • Cnfpt, Sujets et meilleurs copies du concours de conservateur territorial de bibliothèque : retrouvez les ici

Fiche rédigée par Floriane-Marielle Job
Promotion Gerda Taro et Robert Capa
mai 2017