Portrait de conservatrice : Émilie Payen (Communauté d’agglomération du Beauvaisis)

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« La Grande famille » de René Magritte (1963), photo de Bradley Newman.
Source : Flickr CC-BY-SA

Émilie Payen dirige les médiathèques de la Communauté d’agglomération du Beauvaisis. Issue de la promotion Ada Byron, diplômée de l’INET et l’Enssib en 2014, elle a beaucoup voyagé au cours de ses études et différents postes, entre sud, ouest et nord de la France (et même une année d’études en Allemagne !), ce qui lui a permis de voir différentes façons de faire et de s’adapter aux différents territoires. Merci à elle d’avoir bien voulu partager son expérience.

  • Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Diplômée de Sciences-Po Bordeaux (parcours « politique internationale ») et titulaire d’un Master 1 de philosophie obtenu à Toulouse, j’ai passé le concours de conservateur en 2012. Après les 18 mois de formation, j’ai trouvé un poste en tant que chargée de mission développement culturel à la communauté de communes du Pays Rethélois, dans les Ardennes. Depuis octobre 2016, je dirige le réseau des médiathèques du Beauvaisis. 

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

Une bibliothèque qui permet à l’usager de développer son autonomie et sa curiosité, tant par les collections, les services et la programmation, que par des conditions d’accueil optimales (horaires d’ouverture, automatisation des prêts, etc.). 

  • Quelle est selon vous la (les) qualité(s) majeure(s) d’un conservateur ?

Adaptation, rigueur, justice. 

  • Y a-t-il des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

Je suis encore en début de carrière, mais ce qui est en constante évolution relève de la gestion d’équipe et du management. 

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail ? Quel est votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

Voir des projets collectifs aboutir, avec un travail d’équipe approfondi. Par exemple, des projets d’action culturelle, mais aussi la mise en place d’un nouveau portail. 

  • Qu’est-ce qui vous semble important dans la formation d’un conservateur territorial de bibliothèque ?

Une bonne maîtrise de l’environnement des collectivités territoriales (fonction publique, règles administratives, etc.) et du management. 

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?

« La grande famille », de Magritte.

Retrouvez Émilie Payen sur LinkedIn. Propos recueillis en 2018.

Portrait de conservatrice : Julie Peugeot (Ville de Vénissieux)

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« Le Parasol » de Francisco de Goya (1777). CC0

Julie Peugeot dirigeait les médiathèques de la ville de Vénissieux et occupe désormais un poste de conseillère auprès du DGS de la même collectivité. Diplômée de l’Enssib et l’INET en 2010 (promotion Pierre Desproges), elle a pu apporter sa pierre à l’édifice des bibliothèques ; c’est désormais à une échelle plus vaste qu’elle apporte ses compétences de conservatrice et s vision de la culture, des collectivités, des territoires. Avant de partir auprès du DGS, elle accepté de répondre à nos questions.

  •  Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Après Sciences Po et un DEA en Histoire contemporaine à Strasbourg, j’ai commencé une thèse sur un poste de recherche et d’enseignement mais je me suis rapidement rendue compte que la recherche, ce n’était pas pour moi. J’avais vraiment besoin d’être en contact avec un territoire, des publics. J’ai donc passé le concours de conservateur, et j’ai effectué ma scolarité à l’Enssib/INET.

Mon premier poste, c’était la direction du réseau de lecture publique de La Seyne-sur-Mer où je suis restée deux ans. J’ai ensuite pris la direction du réseau de lecture publique de Vénissieux que je viens de quitter après six ans pour un poste de chargée de mission auprès du DGS de la même collectivité. J’avais en effet envie d’élargir mon champ d’action à d’autres politiques publiques que celle de la culture.

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

Une bibliothèque ouverte à tous, où tout le monde trouve ce dont il a besoin et envie : une bibliothèque avec un taux de 100% de fréquentation !

  •  Quelle est selon vous la (les) qualité(s) majeure(s) d’un conservateur ?

Ce qui me vient d’abord à l’esprit, ce sont les compétences managériales qui sont vraiment indispensables pour l’exercice de cette fonction. Le conservateur doit être à l’écoute des équipes, des publics, des élus, et naviguer entre les contraintes de toutes ces parties. Un conservateur doit-il être innovant ? Je pense qu’il lui faut surtout un bon sens très solide pour juger les réalités d’une situation et mener les projets en fonction du contexte.

  • Y a-t-il des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

Beaucoup de choses en fait. En règle générale, l’expérience m’a fait évoluer de l’idéal, de la théorie, vers une approche plus pratique, plus pragmatique.

J’ai appris à donner systématiquement du sens à mes actions : par exemple, le projet de service me paraît aujourd’hui une étape incontournable pour que les équipes puissent participer à construire et s’approprier le but de leurs actions.

J’ai aussi appris à m’affirmer en tant que manager : prendre et assumer des décisions qui ne sont pas forcément populaires, c’est quelque chose qui n’est pas évident en début de carrière.

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail ? Quel est votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

Ce qui me satisfait, c’est de rendre un vrai service à la population, d’avoir une utilité. Diriger un réseau de lecture publique, c’est aider à porter un projet politique, un idéal qui nous dépasse individuellement.

Pour ce qui est de mon meilleur souvenir professionnel, c’est très clairement le développement des actions hors-les-murs et la remise en service du bibliobus à La Seyne-sur-Mer : aller à la rencontre des gens, apporter le service public aux gens là où ils sont, c’était vraiment très enrichissant.

  •  Qu’est-ce qui vous semble important dans la formation d’un conservateur territorial de bibliothèque ?

Comme je l’ai déjà dit, le management, c’est vraiment la base pour un conservateur, il doit donc figurer en bonne place parmi les enseignements proposés aux élèves, tout comme la gestion d’établissement, qui concentre également beaucoup d’efforts au quotidien. Il me semble que ces aspects sont aujourd’hui mieux pris en compte dans la formation des conservateurs que de mon temps.

Parmi les atouts de la formation à l’INET, je compte aussi les stages, nombreux et plutôt longs, et la construction d’un réseau professionnel, non seulement avec d’autres professionnels des bibliothèques mais aussi avec des ingénieurs et des administrateurs qui sont les futurs collègues du conservateur. Tout cela permet de nouer des liens et d’apprendre à connaître le contexte territorial, ce qui est très précieux par la suite.

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?

C’est très difficile, mais je dirais que je serais un tableau de Goya, pour le lien profond qui unit l’artiste à son époque.

Propos recueillis en 2018.

Portrait de conservateur : Ghislain Faucher (Département du Lot-et-Garonne)

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Ghislain Faucher, directeur de la MD du Lot-et-Garonne

Ghislain Faucher dirige la Médiathèque départementale du Lot-et-Garonne, située à Villeneuve-sur-Lot. Il travaille depuis de nombreuses années en bibliothèque et a acquis sagesse et expérience ; il peut désormais prendre du recul et juger avec philosophie le travail de conservateur, les missions d’une bibliothèque… De l’importance de prendre le temps de réfléchir à ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons…

  • Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Je n’avais pas prévu de devenir bibliothécaire, mais j’ai toujours eu un certain goût pour les bibliothèques en tant qu’usager. Professionnellement, j’ai fait un Bac B, puis Sciences-Po Toulouse. Je me destinais à l’administration publique et aux métiers de la banque. Mais j’ai été amené à travailler en bibliothèque pour un remplacement de quelques mois, et j’ai finalement suivi le CAFB organisé par l’Université de Toulouse. J’ai été recruté comme bibliothécaire pour commencer en 1987 à Fumel en Lot-et-Garonne. J’ai ensuite eu l’opportunité de devenir directeur adjoint à la médiathèque de Castres dans le Tarn, pendant la réforme territoriale et c’est ainsi que j’ai intégré le statut de conservateur.

Je suis ensuite revenu en Lot-et-Garonne à Villeneuve-sur-Lot plutôt pour une mission évènementielle, en organisant un Salon du Livre et la mise en avant de la bibliothèque dans les quartiers. En 2004, j’ai postulé à la direction de la médiathèque départementale du Lot-et-Garonne.  

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

C’est une question difficile. Je suis partagé car je suis fasciné par ce que sont en train de devenir les bibliothèques (par exemple le 3ème lieu), mais je reste sensible aux bibliothèques ancien modèle, dédiées aux livres et dans lesquelles on peut se réfugier. Les bibliothèques sont à la fois des lieux ouverts sur le monde et des lieux de fuite du monde, dans lesquelles on peut laisser libre cours à l’imagination.

Pour moi, la bibliothèque c’est tout cela à la fois : un lieu ouvert et un lieu pour aimer les livres. Cette richesse-là est fondamentale. La bibliothèque doit rester un lieu attaché aux livres et à la littérature, une parenthèse et un refuge. On est beaucoup aujourd’hui dans la transparence, mais par moment c’est aussi très bien de valoriser l’intimité et le pour-soi.

  • Quelles sont selon vous les qualités majeures d’un conservateur ?

Mon expérience tend à montrer que les qualités les plus difficiles à acquérir sont les capacités d’adaptation permanente et les qualités humaines. Dans ce métier, on n’est jamais confortablement installé dans certaines pratiques et compétences : tout est remis en question chaque matin. Quand on est conservateur c’est une question qui se pose souvent : est-ce que j’arrive à m’adapter au monde et à adapter mon équipe ? C’est une qualité que d’être à l’affût des changements.

Je trouve également qu’il est fondamental d’être en capacité de conduire et d’entraîner des équipes. Cela exige d’être capable de trouver l’équilibre entre la confiance et le contrôle, d’identifier les qualités et faiblesses uns et des autres et d’entraîner les personnes vers les objectifs que l’on se fixe en commun. C’est l’essentiel pour faire vivre une équipe et un équipement. Et ce sont des qualités que l’on peut exercer en ville mais aussi en milieu rural.

  • Y a-t-il des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

Il y a ce qui change du fait des transformations qui s’imposent, mais aussi de la fonction que l’on occupe. Le conservateur d’une BDP manipule beaucoup moins de livres, c’est un poste plus administratif, où l’on rencontre davantage d’élus et de collègues sur le territoire. Et puis il y a tout ce que l’on a vu évoluer et ce à quoi on a été amené à nous adapter. Je n’ai pas d’exemple précis mais c’est évident que beaucoup de choses ont changé dans notre façon d’appréhender le travail et dans la façon de le conduire.

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail ? Quel est votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

C’est d’abord de sentir que la machine fonctionne bien, que chacun est à sa place et contribue au bon fonctionnement général. C’est une satisfaction toute simple que de se dire que les rouages sont bien huilés et que le service attendu est rendu. Mais j’ai aussi des souvenirs incroyables, notamment dans l’événementiel. J’ai invité un auteur chinois dans le cadre du Salon du livre, et alors qu’il était chez nous, il a appris qu’il recevait le prix Nobel de Littérature. Dans ce métier comme dans d’autres on fait parfois de belles rencontres. Nous sommes dans une activité qui nous conduit à rencontrer des gens et si l’on prend le risque de rencontrer des personnes peu sympathiques, on a aussi la chance faire des rencontres d’une grande richesse et d’une forte intensité. C’est l’opportunité de se nourrir intérieurement grâce à la beauté des personnes et des œuvres que l’on croise. Il se passe alors quelque chose dans mon travail qui impacte ma vie.

  • Qu’est-ce qui vous semble important dans la formation d’un conservateur territorial de bibliothèque ?

Ce qui me semble important c’est de réaliser que l’on n’est pas isolé dans le monde de la culture et d’apprendre à comprendre l’environnement dans sa complexité. C’est avoir cette capacité à être un bon géographe, un bon sociologue… tous ces domaines qu’il est important de comprendre et de maîtriser pour adapter sa pratique à l’environnement dans lequel on se trouve. Nous faisons partie d’un tout et ce tout est un ensemble permanent dans notre société. Dans nos métiers comme ailleurs, on a des réflexes corporatistes, un formatage de la pensée. C’est quelque chose dont on est tous victimes, mais il faut se sensibiliser au fait de faire un pas de côté vis-à-vis du reste du monde. Être en capacité de mettre en perspective, ne pas foncer tête baissée sur des évidences, mais se remettre en question. C’est une disposition d’esprit qui peut s’acquérir.

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?

Je suis très sensible à la musique et de plus en plus à la musique sacrée et au lyrique. C’est ce qui m’enthousiasme le plus, qui me donne un sentiment d’appartenance à l’humanité. Je voudrais être une œuvre musicale et vocale. Si j’étais une œuvre d’art ce serait la grande messe en Ut mineur de Mozart, ou encore des polyphonies corses. Des œuvres dans lesquelles il peut y avoir une grande exigence esthétique mais aussi une puissance émotionnelle.

Propos recueillis en 2018.

Portrait de conservateur : Alexandre Massipe (Ville du Perreux-sur-Marne)

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Francisco de Goya. Le chien, 1819-1823 (Musée du Prado)

Alexandre Massipe est directeur de La Médiathèque au Perreux-sur-Marne. Lauréat en 2014 du concours de conservateur territorial de bibliothèques, il a d’abord été chargé de mission à la préfiguration du réseau de lecture publique Lunévillois, avant de prendre la direction de La médiathèque du Perreux-sur-Marne en janvier 2017. Depuis, la médiathèque opère une mue accélérée.

  • Pouvez-vous présenter votre parcours ?

J’ai fait des études en philo… en esthétique… j’ai un doctorat, j’ai été qualifié maître de conférence en esthétique et sciences de l’art. J’avais fait des études d’art du spectacle avant ça, des études d’histoire de l’art aussi… enfin bon, pas mal de choses – je me cherchais – des études de cinéma en parallèle… j’ai fait l’École de Bibliothécaires-Documentalistes aussi en cours du soir. On apprenait beaucoup à cataloguer, tout ça, c’était il y a sept ans donc je pense que ça a changé.
Mon premier poste c’était un CDD ; moi je n’ai pas eu un poste tout de suite. Comme on ne trouvait pas l’année où je suis sorti de l’école c’était un peu tendu les postes apparemment… et puis j’ai échoué à certains entretiens de façon assez… large… et du coup j’ai pris un CDD en Lorraine pour une rénovation complète d’établissement en tant que conservateur chargé de mission auprès du président de l’agglo, pendant un an. Ça s’est bien passé et après il voulait prolonger mon CDD ; moi j’ai considéré que non.
Et puis j’ai postulé au Perreux. J’y ai postulé sans vraiment savoir qu’il y avait un chantier. Comme quoi… Ils ne cherchaient pas forcément un conservateur. Et puis quand ils ont vu mon expérience de rénovation… voilà j’ai passé trois entretiens… et je suis là depuis deux ans et trois mois. Moi j’étais des derniers avant la scission Enssib-INET. Il y avait l’INET, mais peu de temps, comme pour vous l’Enssib aujourd’hui sans doute.

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

En fait je crois que je n’en ai pas vraiment, enfin j’ai envie de dire, mais c’est peut-être un peu bête un peu démago, ce qu’on veut mais moi pour l’abstraction je ne suis pas très fort, euh… je pense que c’est celle que je dirige aujourd’hui, voilà. Avec ses faiblesses, avec ses difficultés tout ça mais c’est ce qui est intéressant.
Moi la bibliothèque de mes rêves ou ce que j’appelle la “bibliothèque de colloque” d’une façon peut-être un peu méchante, ça ne m’intéresse pas. Si j’avais une bibliothèque idéale ce serait une bibliothèque où le plus de monde possible vient, se rencontre, autour du livre mais aussi du jeu vidéo, des jeux de société, d’un café, d’une appli de drague, de je ne sais pas quoi… qui n’est pas donneuse de leçon quoi. Voilà, je ne voudrais pas qu’ici ce soit comme ça. Mais du coup la médiathèque idéale ou de mes rêves c’est ce qu’ici j’ai pu faire.
Et la bibliothèque idéale aussi, en tant que manager c’est une bibliothèque où les agents, les collègues, se sentent bien, ont envie de venir le matin, de partager, de faire de la médiation… parce que ça se sent ça aussi… l’accueil du public c’est très important. Et même si, parce qu’il faut se rendre compte que c’est pas facile, il y a vraiment des gens parfois qu’on a envie de … parce qu’il ne suffit pas de dire que les gens ne sont pas aimables, il faut voir comment les gens parlent… la mauvaise foi, l’irrespect… voilà, c’est pas facile.

Après je crois qu’il n’y a pas de bibliothèque idéale, il y a une bibliothèque qui répond aux attentes d’un territoire. […] La littérature professionnelle souvent elle me tombe des mains. La réalité est beaucoup plus triviale et en même temps beaucoup plus complexe. Je crois que je suis un piètre théoricien, j’essaie d’être un peu meilleur praticien.

  • Quelle est selon vous la (les) qualité(s) majeures(s) d’un conservateur ?

Oui, d’un conservateur ou d’un directeur en général…
La patience ? [rire] Pas que pour les équipes, les élus aussi. Et pour eux se “coltiner” un conservateur, hein ? Moi ça se passe très bien, mais c’est quelque chose de pas facile. La patience d’expliquer, réexpliquer, la pédagogie, l’empathie…
L’autorité – qui n’est pas l’autoritarisme… Peut-être le charisme, je ne sais pas ce que c’est… Le fait d’aimer son équipe quoi. C’est peut-être d’être bien dans ses baskets…
La clarté aussi peut-être, ce que je n’ai pas forcément. L’organisation. Le fait de donner un cap… c’est pas très original tout ça.
Et puis un peu d’être multitâche quoi, d’être capable de passer d’un truc à l’autre. Parce qu’il y a aussi le rapport à la direction générale, le rapport à un DGS qui peut s’y connaître et ici c’est le cas, comme il peut n’en avoir rien à faire.

  • Y-a-t-il des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

Au début… bon c’était à Lunéville, ça a été très compliqué pour moi, ça a été très difficile… mais je le referais si c’était à refaire… j’avais eu tendance à travailler dans mon coin et à plaquer ça sur mon équipe. Ça m’est arrivé une fois, hein, ça a duré deux mois.
Il y en a une qui a craqué en réunion, qui a dit “ça va pas”, et du coup on a parlé.
Oui… être vraiment dans : “c’est mieux qu’ils fassent eux plutôt que moi”. Moi en fait je me dis qu’un bon manager il n’a rien à faire sinon à vérifier que tout fonctionne, ce qui est déjà un gros boulot, et à impulser les choses. Moi je ne crois pas trop par exemple aux qualités techniques ou techniciennes. Je pense que je n’en ai pas beaucoup donc ça tombe bien. C’est important peut-être de déléguer de plus en plus, faire confiance. Tu te détends forcément au fur et à mesure. C’est long de connaître une équipe en fait, c’est pas six mois. Et la connaît-on jamais vraiment ?
C’est une question philosophique [rire] se connait-on déjà soi-même [rire] Bref, mais c’est aussi la confiance qui fait ça. Ah ! Et je pense que l’humour c’est important ! Moi j’aime bien faire des blagues. Je pense que c’est hyper important de “perdre” du temps, avec eux. Mais tu enregistres [rire]. Il y avait une collègue qui m’avait dit “tu sais ici c’est pas les urgences de l’hôpital”. C’est une chose qui m’avait marqué. […]
Ce qui est génial ce sont les rencontres avec les professionnels… Delphine Quéreux, Anne-Marie Bock, Véronique Noël, Malik Diallo…Véronique Vassiliou. Peut-être parce que j’ai, j’avais, un rapport très maître-élève. Ça m’a marqué, mais c’était des choses que je n’avais pas touchées du doigt, et dont je n’ai pas compris sur le moment que c’était important. Le conseil de professionnalisation par exemple c’est quelque chose que je trouvais très très bien. On avait eu aussi un truc privé de coaching-CV-lettre de motivation-entretien, avec Agnès Coulier, et l’INET nous payait quelques heures auprès d’elle à Paris ; ça m’avait fait beaucoup de bien. A Rillieux-la-Pape aussi Cécile [Derioz], à Villefranche… l’équipe de Villefranche. A la BPI Christophe Evans. Ça c’est important.
Après les powerpoints, euh… [rire].

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail ? Quel est votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

De travailler en service public, en lecture publique enfin dans la culture en général, de faire avancer un établissement vers davantage de fréquentation, davantage d’heures d’ouverture, davantage d’offre proposée aux usagers. Faire un job d’utilité publique c’est important pour moi.

  • Qu’est-ce qui vous semble important dans la formation d’un conservateur territorial ?

Les stages. Il ne faut surtout pas donner des solutions définitives à tout et gravées dans le marbre. Les tunnels de Powerpoints avec des solutions tout ça ne marche pas. Mais là je réponds en négatif, qu’est-ce qu’il faut ne pas faire… L’important c’est de dire que dans une formation la rencontre avec de vrais professionnels, des discussions sur des projets c’est important… et des vrais projets. […] Moi par exemple je ne crois pas à la science des bibliothèques. J’ai un peu de mal avec ça.
Les rencontres, et rien n’est plus passionnant et plus complexe que le réel. Rien ne remplace l’expérience humaine ou faite par soi-même.

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?

Francisco de Goya. Le chien, 1819-1823 (Musée du Prado)

Propos recueillis par Pierre Tribhou (promotion Alan Turing), 2019.

Portrait de conservateur : Jérôme Triaud (Ville de Vénissieux)

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  • Pouvez-vous présenter votre parcours ?

J’ai fait une formation universitaire classique, une hypokhâgne et une khâgne, puis j’ai eu un DEA (Diplômes d’Études Approfondies, équivalent du Master 2) d’Histoire médiévale. J’ai aussi étudié pendant longtemps à l’étranger : quatre ans et demi en Allemagne, à Trèves, où j’ai fait un diplôme de langue allemande, et une année en Erasmus à Salamanque pour le master Histoire médiévale.

Quand j’étais en poste après le concours de conservateur, j’ai repris des études pour faire le cycle supérieur de l’INET, associé à un master 2 de management public de l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

En ce qui concerne mon parcours professionnel, j’ai démarré comme emploi jeune au Musée historique de Lyon, je m’occupais de faire le lien avec les chercheurs de l’université lyonnaise. Puis j’ai passé les concours, j’ai été bibliothécaire d’abord dans ce même musée, puis j’ai basculé à la bibliothèque municipale de Lyon. J’y avais un poste de bibliothécaire à la documentation régionale et en plus je pilotais la revue Gryphe, une revue de valorisation des collections patrimoniales. En parallèle, j’ai enseigné pendant quatre ans à l’université Lyon 3, à la faculté de philosophie, pour un module de recherche documentaire et un TD sur la manière dont les philosophes créent leur œuvre, mobilisent la documentation, la pensée des autres…

J’ai ensuite eu le concours, en 2009, et à la sortie de l’école (INET et ENSSIB à l’époque), j’ai pris mon premier poste, la direction de la lecture publique au département de Saône-et-Loire, avant d’arriver ici, à Vénissieux, en septembre 2018, sur le poste de directeur.

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

Ce n’est pas une question simple… Je dirais que c’est une bibliothèque où je peux me poser tranquillement pour lire un livre, un magazine, écouter de la musique, peut-être voir un film… Paradoxalement, ce serait un lieu de déconnexion du monde hyper-connecté.

  • Quelle est, selon vous, la/les qualité(s) majeure(s), que doit avoir un conservateur ?

Il faut être pugnace, persévérant. Il faut être attentif à ce que disent les agents, les élus, les usagers. Et il faut une capacité à être authentique, s’autoriser à bousculer des tabous.

  • Qu’est-ce qui est important dans la formation de conservateurs ?

Le management doit rester au cœur de la formation. Cependant, il y a une chose qui, selon moi, ne figure pas, et que j’aimerais bien voir un jour dans cette formation, c’est une approche psychologique des individus et une approche de psychologie collective. Le management, pour moi, c’est un contact relationnel, et je trouve que cette approche donnerait des grilles de lectures qui permettraient, parfois, de désamorcer des relations managériales ou des relations avec des usagers qui s’enveniment à partir de pas grand-chose.

Il ne s’agit pas de manipuler les gens mais d’avoir des grilles de lecture qui viennent d’un autre domaine, et qui permettent d’avoir des réactions et des mots adaptés.

  • Est-ce qu’il y a des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

J’ai appris à sortir d’un schéma préétabli, pensé seul ou plus ou moins seul, pour aller vers des choses où j’essaie de prendre en compte plus fortement les agents et, j’espère, les usagers et citoyens. Au départ, j’avais une idée assez verticale des choses, et j’ai compris très vite avec mon premier poste que ça ne conviendrait pas.

Je crois aussi que je fais finir par devenir un grand spécialiste des règles statutaires, même si ce n’est pas ce que je préfère. Ça permet de dialoguer avec les organisations syndicales sur le même pied.

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail et votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

J’accompagne mes équipes dans une dynamique de changement, individuellement et collectivement, alors ma source de satisfaction, c’est indéniablement quand je vois une équipe se transformer, des agents se transformer professionnellement, quand je les accompagne d’un point A à un point B. Cela n’est généralement pas linéaire, mais ça se voit.

Mon meilleur souvenir, c’était un événement de la saison culturelle de Saône et Loire 2017. Cette année-là, on avait programmé (en plus de plein de choses super !) un concert-lecture de Magyd Cherfi, ex chanteur-leader des Zebda. Il avait fait paraître un livre, Ma part de Gaulois, une réflexion sur son histoire personnelle d’immigré, écrite de manière romancée. Ce fut un grand moment de concert-lecture dans un village de Saône-et-Loire qui s’appelle Couches, avec 2000 habitants et une salle de concert attenante à un EHPAD… Et le lendemain, il a accepté que je fasse son interview pour mettre sur notre site, donc on a parlé pendant deux heures de littérature et de musique, au milieu de la campagne Saône-et-Loirienne !

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle ?

Je serais Aguirre, la colère de Dieu. C’est un film qui m’a énormément marqué, il y a des moments grandioses, comme au début quand on descend le Macchu Picchu avec la caméra de Herzog. Quand tu sais qu’ils l’ont fait vraiment comme ça, qu’il y a eu un mort ou deux, quand tu sens les mecs crasseux, quand tu sens que Don Lope de Aguirre alias Klaus Kinski veut déjà prendre le pouvoir… . Ou bien le passage de la Tosca par José Carreras, qui s’appelle par « e lucevan le stelle », chanté par Carreras et par personne d’autre.

Propos recueillis par Hélène Curchod (promotion Alan Turing), 03 novembre 2019.

Don’t get lost in translation : se préparer aux épreuves de langues

Les oraux de langues sont bien souvent les épreuves les plus redoutées par les candidat.e.s. Certaines personnes renoncent même à s’inscrire au concours à cause de celles-ci. Nous espérons donc les démystifier au moins un petit peu dans cet article.

Car une grande partie de ces craintes tient d’abord au fait que ces épreuves sont mal connues : à notre connaissance, il n’existe pas de documents sur le sujet et les organismes de préparation aux concours proposent rarement une préparation aux épreuves de langues.

Nous ne prétendons pas qu’elles sont particulièrement faciles. Bien évidemment, elles nécessitent une préparation, au même titre que les autres épreuves. Mais dites-vous qu’une épreuve linguistique, tout comme une épreuve de culture générale, peut se travailler. Si vous avez quelques souvenirs de cours de fac ou du lycée, un travail régulier peut vous permettre de les réactiver, et de glaner de précieux points, y compris pour l’oral de culture générale car vous élargissez, ce faisant, vos champs de connaissance.

Dans cet article nous allons passer en revue le déroulé des épreuves, d’abord pour les externes, puis pour les internes. Nous reviendrons brièvement sur le niveau qui semble attendu, et enfin nous proposerons quelques conseils pour la préparation, avec des suggestions de ressources pour l’anglais et l’espagnol.

Comment ça se déroule ?

Le coefficient des épreuves de langues est de 3. Ainsi, si elles permettent d’amortir une mauvaise note sur d’autres oraux, il est peu probable qu’elles soient la seule et unique raison qui vous empêche d’avoir le concours, à moins d’une note éliminatoire, évidemment. C’est d’ailleurs l’épreuve orale où l’on trouve le moins d’écart entre la moyenne de l’ensemble des admissibles et celle des lauréats.

La note en langue pour le concours externe s’obtient après l’addition des notes des deux oraux : la « LV1 », sur 12 points, et la LV2, sur 8 points. Ce n’est qu’après cette addition que l’on peut déterminer si la note est éliminatoire ou non. Bonne nouvelle si vous vous sentez un peu faiblard.e sur l’une des deux langues : les épreuves se compensent.

Pour le concours externe : deux épreuves…

La 1ere partie, notée sur 12 est au choix une épreuve de langue vivante ou une épreuve de langue ancienne.

Une épreuve de langue vivante / LV1 (coefficient 3, note sur 12)

Au début de l’épreuve vous allez tirer au sort un texte, puis vous serez amené.e dans la salle de préparation, où vous aurez une heure pour préparer la traduction complète de l’article. Il s’agit d’un article d’un grand quotidien de la langue cible (les bilans du concours proposent une liste non-exhaustive d’articles utilisés lors de sessions passées). Pour traduire, vous pouvez, et nous vous le conseillons, vous aider d’un dictionnaire unilingue. Attention toutefois à ne pas perdre trop de temps à rechercher des définitions : certains textes peuvent être assez longs.

Nous avons été un certain nombre à découvrir au moment de l’oral qu’il est également demandé de présenter un bref résumé du texte et un commentaire, chose qui n’est pas explicitée dans le cadrage, ce qui a conduit des examinatrices à s’étonner de la superficialité de certains résumés et commentaires dans le dernier bilan du concours. Utilisez donc les dix dernières minutes de votre préparation pour noter quelques lignes de résumé et pour structurer un commentaire de texte.

Si vous êtes familiers de la transcription phonétique, n’oubliez pas que certains dictionnaires indiquent la prononciation des mots. Pensez alors à vérifier celle des mots inconnus, ou sur lesquels vous doutez.

À l’issue de l’heure de préparation un.e appariteur.trice vous conduira jusqu’à la salle du jury, composé de deux enseignant.e.s, généralement en université. Le jury vous invite à lire le texte dans la langue cible. Essayez de ne pas aller trop vite (d’ailleurs cela laissera moins de temps pour les questions du jury) et d’utiliser les intonations appropriées. Ensuite, vous serez invité à présenter votre traduction en français, puis un résumé et un commentaire dans la langue cible. L’entretien se poursuit dans cette langue sur des questions d’actualité et de culture générale liées au texte, ainsi que sur la thématique des bibliothèques. L’objectif est d’évaluer votre connaissance des sociétés composant l’aire linguistique choisie, ainsi que le contexte des bibliothèques dans ces régions du monde. L’entretien est parfois aussi l’occasion pour le jury d’interroger votre motivation professionnelle dans la langue cible. Les questions sont souvent des perches tendues pour vous inciter à formuler des réponses développées et pour sonder votre capacité à mobiliser un vocabulaire varié. Évitez donc les réponses trop courtes.

Concernant le choix des langues : beaucoup de candidats présentent l’anglais en LV1. A moins d’avoir un très bon niveau dans cette langue, et si vous maîtrisez suffisamment une deuxième langue, préférer votre LV2 initiale peut s’avérer un bon choix stratégique. D’une part, vous serez peu nombreux à présenter l’espagnol, l’italien ou l’allemand en première langue, et le jury sera d’autant plus bienveillant. D’autre part, on saluera le courage de votre choix. En effet, la plupart des candidats choisissent l’anglais par défaut. Le fait de prendre une autre langue en première épreuve montre votre appétence pour cette langue, et comme vous l’aurez bien préparé, les notes seront potentiellement un peu plus haute que pour un niveau comparable en anglais.

Petit plus : si vous avez une expérience à l’étranger (études, travail, voyage long, etc), n’hésitez pas à amener le jury à vous interroger dessus à grands renforts d’allusions plus ou moins grossières “ah oui, dans ce texte, il y a cette situation, ce qui me rappelle mon expérience dans tel contexte… « 

*OU*

Une épreuve de langue ancienne (coefficient 3, note sur 12)

Rares sont les candidat.e.s à retenir cette option, mais dans chacune des deux dernières promotions des lauréates ont choisi, et réussi avec brio, des épreuves de langues anciennes, (latin ou grec ancien). Toutes les deux se sont plongées pour la première fois dans ces langues l’année précédant le concours ! Ce peut donc être une option à envisager, si vous vous en sentez l’envie.

L’épreuve de langue classique est une épreuve de version écrite de latin ou de grec ancien qui dure trois heures. Vous avez le droit à un dictionnaire bilingue (et tous vos crayons de couleur). Contrairement à l’épreuve de langue vivante, il n’y a pas de partie orale. Il est difficile de se faire une idée fine du niveau attendu car les annales ne sont pas légion, néanmoins il en existe et nous vous recommandons de vous entraîner sur ces textes.

Faut-il choisir une épreuve de langue ancienne ?

Vous êtes doté au minimum d’une licence de lettres classiques ou bien avez étudié l’une de ces langues jusqu’au niveau licence : allez-y, ce sera du gâteau.
Vous n’avez jamais étudié l’une de ces langues ou alors en des temps très lointains et vous ne distinguez pas vraiment laquelle est le grec laquelle est le latin : c’est plus compliqué, mais pas impossible !

Pourquoi choisir une épreuve de langue ancienne quand on en a jamais fait ?

A fortiori, l’apprentissage d’une langue pour le concours est un choix contraint : vous ne parlez qu’une seule autre langue ou bien votre deuxième langue vivante est très rouillée (ou bien vous parlez une langue ou plusieurs langues qui ne sont pas proposées pour le concours). Vous devez apprendre une nouvelle langue parmi l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le portugais, l’italien, le russe… le latin et le grec ancien. Ces langues anciennes présentent trois atouts quand on adopte cette stratégie :

  1. Peu de personnes présentent ces langues : vous avez moins de chance d’être noté en fonction des autres copies et donc d’être noté par rapport à des personnes bilingues à côté desquelles votre apprentissage d’un an semblera ridicule. Une copie moyenne est toujours meilleure seule, qu’à côté d’une dizaine de copies excellentes et, sauf changement radical dans le profil des candidats au concours, il n’y aura pas dix copies à côté de la vôtre.
  2. Vous n’êtes noté que sur votre version : on ne vous demandera ni de vous exprimer dans cette langue, ni même de lire le texte… ni de connaître quoi que ce soit aux sociétés des aires linguistiques concernées. En choisissant le latin ou le grec ancien vous pouvez concentrer vos efforts sur la grammaire (un peu de vocabulaire, mais vous avez un dictionnaire pour ça).
  3. Vous avez trois heures : au stress du concours, s’ajoute celui lié au fait d’être novice dans la langue que vous traduisez (et le léger sentiment d’être un escroc). Vous pourriez apprécier l’absence du jury en face de vous et la possibilité de vous arrêter pendant cinq minutes pour respirer en cas de nervosité. C’est également le seul moment des oraux où vous pouvez vous habiller comme cela vous chante : sweatshirt, bermuda et santiags, si c’est confortable pour vous.

Quelles précautions à prendre avant de faire ce choix ?

Contrairement aux langues vivantes, vous aurez beaucoup de mal à apprendre le grec ancien ou le latin en regardant des films ou en écoutant de la musique, même si de belles tentatives ont été faites ici et . Vous pouvez toujours faire du “petit grec” ou du “petit latin” (et d’ailleurs mieux vaut le faire), mais ce serait mentir que de dire que c’est distrayant.

Ce sera également assez difficile de trouver un partenaire avec qui pratiquer la langue et les méthodes d’apprentissage sont moins nombreuses que pour d’autres langues vivantes. Si vous n’avez pas dans votre entourage des personnes susceptibles de vous aider, ou bien si vous ne pouvez pas vous rapprocher de professeurs qui pourront répondre à vos questions et corriger vos versions, nous vous conseillons d’éviter le choix des langues anciennes.

Pour le latin, l’une des lauréates du concours 2015 s’est armée d’une méthode des Presses Universitaires de Rennes, et a suivi des cours dans une université dans le cadre de sa préparation. Elle a obtenu la meilleure note en latin cette année-là. Elle a pris goût à la préparation de cette épreuve qui lui a donné l’occasion d’apprendre énormément sur les mythes et l’histoire antique, et de s’évader des autres épreuves. Ses conseils : traduire très régulièrement et lire, non seulement des textes classiques mais aussi des ouvrages traitant de l’époque antique, comme Les Mémoires d’Hadrien.

Pour le grec, la lauréate du concours 2016 s’est appuyée sur l’Hermaion de Jean-Victor Vernhes, la grammaire grecque de Jean Allard et les textes bilingues proposés dans les éditions des Belles Lettres. Elle a également bénéficié du soutien de quelques âmes généreuses, anciennes ou actuelles profs de lettres classiques (qu’elles soient ici vivement remerciées).

*ET*

Une épreuve de langue vivante / LV2 (coefficient 3, note sur 8)

Pour cette épreuve il n’y a pas de temps de préparation, ni dictionnaire, ce qui en fait sa difficulté. Cependant, d’après nos observations ceci conduit le jury à une exigence moindre sur la partie traduction, voire à aiguiller parfois les candidat.e.s en panne. Vous aurez donc pioché un article d’un quotidien avant d’entrer dans la salle. Le jury vous invitera là aussi à le lire à voix haute, puis à en traduire tout ou partie en français. La lecture à voix haute est l’occasion de vous familiariser avec le texte, ce qui facilitera la traduction. Concentrez-vous donc non seulement sur la prononciation, mais aussi sur le contenu dès ce moment.

Le jury vous invitera à formuler votre avis sur le texte ou sur ce dont il y est question et entamera une conversation avec vous dans la langue cible. Ne nous cachons pas, pour certain.e.s d’entre nous qui maîtrisons moins, ou peu (…voire pas) cette deuxième langue, l’entretien a pu sembler un peu long… Si c’est le cas pour vous, il faut vite oublier ce petit moment d’égarement, vous avez encore toutes vos chances !

Pour le concours interne : une épreuve de langue vivante

Le déroulé de l’épreuve est relativement similaire à celui de la langue majeure des externes, à deux exceptions près. Et la première est de taille : la conversation qui suit la traduction se fait en français.

Pour l’anglais, les textes sélectionnés étaient relativement longs (1 à 2 pages), extraits de grands journaux anglais ou américains (avec, semble-t-il, une nette préférence pour The Guardian).

Une autre différence réside dans le temps de préparation : vous bénéficierez seulement de 30 minutes. Mais la longueur des textes vous interdit d’emblée d’espérer tout traduire au brouillon. Et ce d’autant plus que le commentaire de texte qui suit est aussi important (voire plus) que la traduction pour la notation finale, et qu’il n’est pas question de le bâcler. Prenez donc 20 minutes pour prendre connaissance du texte, repérer les tournures de phrases et les termes qui vous posent problème, et concentrer vos recherches sur ceux-ci (le dictionnaire unilingue est autorisé). Puis garder 10 minutes pour préparer un commentaire en listant quelques idées fortes du texte et les exemples tirés de vos connaissances qui serviront à les illustrer, et si possible les organiser sous la forme d’un plan sommaire .

Une fois devant le jury, et même si la partie conversation se déroulera en français, il sera de bon ton de saluer dans la langue que vous avez choisie. Les juré.e.s vous inviteront ensuite également à lire une partie du texte, puis à en traduire une partie. La taille de ces dernières peut être variable, et rien n’oblige le jury à vous faire traduire à partir du début (pour ceux qui pensaient concentrer leurs efforts de traduction sur cette partie lors de la préparation, cela représente un risque). Puis ils ou elles vous laisseront présenter votre commentaire, avant d’enchaîner sur des questions. Certaines seront en lien avec le texte, d’autres un peu plus éloignées mais en rapport avec le sujet global.

Quel est le niveau attendu ?

Il semble attendu des candidats un niveau B1 à C2 pour obtenir une note au dessus de la moyenne. C’est-à-dire qu’il faut pouvoir :

  • Lire de façon relativement fluide un texte (externes et internes)
  • Comprendre un article de journal dans la langue cible et en extraire des informations précises (externes et internes)
  • Traduire un article de journal (externes et internes)
  • Commenter avec un vocabulaire varié des sujets d’actualité ou sur une thématique culturelle (externes)
  • Développer un point de vue personnel sur un sujet (externes)

Comme nous le disions précédemment, par le jeu de la complémentarité entre les épreuves, il est possible de compenser une performance en dessous de ces attentes, soit par une meilleure connaissance de l’autre langue, soit par une bonne performance dans un autre oral. Toutefois ces objectifs doivent être votre ligne d’horizon pour la préparation.

Pour le concours interne, l’enjeu est avant tout celui de la compréhension, car l’entretien se fait en français, et de la connaissance des enjeux sociaux et culturels des aires linguistiques concernées. Une prononciation travaillée peut être un plus, cependant pour la lecture du texte.

Comment se préparer ?

La préparation des épreuves de langues passent parfois à la trappe dans le calendrier de préparation des épreuves, car perçue comme trop chronophage. Or, pour une grande partie elle peut se superposer avec la préparation aux épreuves de culture générale.

La prononciation et la discussion

La lecture régulière à voix haute , et si possible réalisée en compagnie d’un locuteur de la langue cible reste un moyen sûr de travailler sa prononciation et la discussion. Choisissez alors des textes dans les journaux repérés dans les annales, en fonction des thématiques afin d’augmenter votre vocabulaire et de repérer des tournures de phrases récurrentes et des expressions idiomatiques. Ce faisant, vous compilez également pour vos épreuves de culture générale et gagnez en connaissance sur les sujets qui seront abordés pendant l’oral de langue : l’actualité politique et culturelle et un peu d’histoire. Vous aurez, au cours de la discussion, peut-être la possibilité d’orienter la conversation sur les thèmes dont vous aurez bonne connaissance.

Lorsque vous lisez un article ou écoutez un podcast, pensez à réaliser une simulation d’examen oral : traduisez une partie de ce que vous venez de lire ou écouter et essayez de faire un résumé de maximum 5 minutes. Dans l’idéal, enregistrez vous et réécoutez votre “prestation” par la suite : vous aurez un meilleur recul concernant votre prononciation, votre intonation et votre capacité à émettre un propos clair et ordonné. L’exercice n’est jamais très agréable, mais il vaut le détour !

Il est judicieux (mais pas toujours évident…) d’essayer de lire un ou deux articles par jour et/ou d’écouter quelques minutes de podcasts : cela permet à la fois de se tenir au courant de l’actualité mais, encore plus important, cela permet d’assurer la stabilité de son niveau de langue. S’entraîner régulièrement est toujours plus pertinent que de faire un rush de révisions linguistiques au dernier moment !

Pour réviser l’anglais, outre pléthore de films et de séries qui complèteront votre culture, nous pouvons vous recommander quelques podcasts, notamment ceux de The Guardian (après avoir parcouru la liste des articles utilisés les années précédentes, vous vous êtes évidemment empressé.e d’enregistrer le site dans vos favoris). L’un de leurs podcasts propose par exemple des lectures de reportages publiés par le journal. C’est donc très pratique pour s’entraîner à la prononciation (“Listen and repeat!”), en consultant en parallèle le texte. La National Public Radio (NPR), qui est un peu l’équivalent américain de Radio France, offre aussi une grande diversité de sujets (sciences, politique, culture, actualité…) et certaines émissions sont retranscrites ! (Pour trouver les transcriptions, cliquez sur listen, puis dans l’onglet qui est apparu sur la droite, cliquez sur le titre de l’émission. Ensuite dans le menu de gauche, cliquez sur “Transcript”.) Vous pouvez également piocher évidemment parmi les podcasts de la BBC, et peut être trouverez-vous les ressources qui conviennent à votre niveau sur le site BBC Learning English. Le site propose régulièrement des exercices se basant sur l’actualité (section “News Review”) et sur la prononciation (“The Sounds of English”). Il est aussi possible que YouTube fourmille de vidéos pouvant vous aider.

Pour l’espagnol, la lecture des principaux journaux d’Espagne est essentielle, mais il ne faut pas non plus oublier l’Amérique latine. Se tenir au courant de l’actualité du monde hispanophone est essentiel, même si votre texte ne fera pas spécifiquement allusion à un fait d’actualité. On peut également se replonger dans une méthode de langue pour revoir ses bases, et notamment tous les connecteurs permettant d’argumenter.

En ce qui concerne l’Espagne, deux journaux se détachent des autres : ce sont El Pais et La Vanguardia. En plus d’offrir des articles informels riches et de qualité, ils regorgent également de bons articles d’opinion et d’autres médias très utiles. Concernant les podcasts, on en trouve en grande quantité sur le web mais ceux de la RNE sont vraiment bien faits et l’on y trouve toute une variété de thématiques et de formats, comme sur la radio publique française.

Vous pouvez aussi vous entraîner en vous divertissant ! Il peut être rébarbatif de s’entraîner uniquement avec des articles et des podcasts. Sur un format moins contraignant que les films, pensez aux épisodes de séries qui vous permettront un moment de détente studieux (ou un moment de révision ludique, vous choisissez) en espagnol : Gran Hotel, Vis a Vis, Las Chicas del Cable, El Ministerio del Tiempo… SI vous êtes sûr.e.s de votre niveau, regardez en version originale sans sous-titres et sinon optez pour les sous-titres français (plus utiles pour la traduction et pour décrypter par vous-même la prononciation).

Cet article n’est pas exhaustif, évidemment. Aussi pour les autres langues (russe, italien, allemand), ou pour des conseils et des ressources supplémentaires en anglais et espagnol, n’hésitez pas à contacter les professeurs de votre ancien lycée ou de votre ancienne université. Et si vous ne vous êtes pas quittés en de bons termes… tournez-vous vers l’établissement le plus proche de chez vous !

La traduction

Des méthodes pour la version existent pour les étudiants en première année de Licence, notamment aux Presses Universitaires de Rennes. Vous pourrez y glaner quelques précieux conseils (lire le texte en entier avant de commencer la traduction, faire un premier jet sans dictionnaire, traduire une proposition dans sa globalité plutôt que mot à mot, quelques points de grammaire, etc.). Toutefois, gardez en tête que la précision et le niveau demandés ne sont pas les mêmes : vous allez restituer votre version à l’oral. Le style et la grammaire en français importe un peu moins que votre capacité à comprendre le texte.

Évidemment, le mieux est de s’entraîner sur les annales et les articles que vous aurez écumé dans les pages culture et actualité de grands quotidiens. Là encore, l’idéal est de pouvoir soumettre à un locuteur de la langue cible votre traduction pour correction. Au fil des exercices, vous augmenterez votre vocabulaire, ce qui est le grand enjeu de la traduction et de la discussion.

***

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de formule miracle pour réussir les épreuves de langue. Mais en intégrant quelques réflexes dans votre programme de préparation, vous aurez la possibilité au minimum de limiter la casse, et au maximum d’engranger de précieux points !

Et comme on dit in English…


Fiche rédigée ar Lydia Belmekki, Catherine Benod, Clarisse Dire, Aude Etrillard, Jérémy Paillet et Emilie Thilliez
Promotion Gerda Taro et Robert Capa
Septembre 2017

Fiche à télécharger ici

Le jour où j’ai cru rater mon concours

Après vous avoir donné nos conseils pour préparer au mieux les différentes épreuves du concours de conservateur.trice de bibliothèque, nous avons eu envie de partager avec vous nos moments de doute. Car oui, pour les élèves qui sont sortis victorieux de l’épreuve du concours l’année dernière, le chemin n’a pas toujours été sans peine.
À la veille des oraux, quatre d’entre eux vous racontent comment ils ont cru ne jamais réussir à décrocher le Saint Graal. Nous espérons que ces témoignages vous aideront à surmonter vos moments de creux en attendant les résultats.

Never give up !

Loi de Murphy oblige, je me suis réveillée le premier jour des écrits avec un rhume carabiné. Tête dans du coton, nez pris, grosse fatigue, extinction de voix en cours… La totale ! Du coup, avant même de penser rater le concours, j’ai pensé à ne pas le passer du tout. De toute façon, c’était un concours trop dur pour moi, alors quel intérêt à me déplacer malade à l’autre bout de Paris ? Heureusement il y a Twitter, et quelques messages d’encouragement plus tard, j’ai pris mon sac à dos direction le RER A, puis le centre d’examen.
Le deuxième jour, la situation n’était pas plus brillante niveau santé. Mais le coup de grâce fut porté à l’arrivée dans ma gare RER : pas de train au départ, aucune information sur la possibilité d’avoir des correspondances… Alors vite, rejoindre la voiture, brancher le GPS, rouler, se perdre dans à peu près tous les recoins possibles du périphérique (merci le GPS qui perd le signal à chaque tunnel), arriver quand même à l’heure, avaler en quelques minutes de quoi tenir pendant l’épreuve, rentrer dans la salle, passer l’épreuve dans un état second entre stress et épuisement… J’en suis ressortie très fière d’être allée au bout, mais persuadée de n’avoir pas pu rendre des copies dignes de ce nom dans ces conditions. Et pourtant…

Le RER, pire ennemi du candidat au concours en Ile-de-France (source : Wikimédia Commons)

Enfin, dernière péripétie au moment des oraux. Pour la culture générale, j’avais axé une bonne partie de mes révisions sur des sujets d’actualité. Mais premier couac, malgré mes entraînements, je fais une explication de texte nettement plus courte que prévu. Pas grave, je ne me démonte pas et je me prépare aux questions. Et là, c’est le drame. Un déluge de questions sur des sujets très littéraires ou artistiques, domaines qui ne sont malheureusement pas mes points forts. Je m’entends dire de plus en plus souvent « Je ne sais pas » ou « Mes connaissances ne me permettent malheureusement pas d’aller plus loin ». L’impression d’être submergée par des rafales de questions, je perds pied. Jusqu’au trou noir final : à la dernière question, à savoir « auriez-vous un livre que vous voulez nous conseiller», impossible de retrouver le titre et le nom de l’auteur du livre dont je voulais parler, malgré la grande bienveillance du jury. Je suis sortie de cet oral démolie ; le plus gros coef était passé, et je l’avais raté. Il me paraissait impensable d’être admise après un échec pareil.

Je suis quand même allée passer ma dernière épreuve (l’entretien de motivation) en donnant tout pour sauver l’honneur, et en faisant fi de la vilaine extinction de voix qui m’est tombée dessus la veille.  Et heureusement, car si j’ai bien raté l’oral de culture générale (mes notes me l’ont clairement confirmé plus tard), ça ne m’a pas empêché de réussir le concours.

Du coup, je retiendrai trois conseils de mon expérience :

  • Pour les épreuves en région parisienne, prévoyez très large au niveau du temps de transport. Anticipez toujours le pire du RER A : vous aurez peu de chance d’être déçus !
  • Ne vous laissez pas décourager par la peur de passer un concours trop dur pour vous ou de ne pas être au niveau. Le seul moyen de le rater avec certitude, c’est de ne pas y aller.
  • Ne vous laissez pas abattre par une épreuve ratée ; ce qui compte, c’est de continuer à tout donner pour les épreuves suivantes.

De l’importance d’être physiquement en forme.

Même centre d’épreuves, même problèmes de transports. Quand vous habitez en banlieue et que vous n’avez que la ligne RER A pour vous rendre à Paris, vous n’avez pas de choix. Quand vous avez autour de vous deux gares équidistantes, vous avez un choix. Celui de vous rendre, en longeant une avenue bruyante et polluée, à la gare moche et encombrée car elle fait interface avec une gare routière. Ou celui de vous rendre à l’autre gare, plus mignonne, en empruntant de jolies rues calmes et arborées.
Décidé à prendre le temps et à vivre cet aller comme une expérience tranquillisante avant le stress de l’épreuve, j’ai choisi la deuxième gare. Pour des raisons qui vous sont déjà connues, mal m’en a pris. Incident à Auber, prochain train dans 50 minutes. En dépit de la marge que j’avais prévue, ça ne passait pas. Sombre horizon, celui de “flinguer” une année entière de révisions à cause d’un incident voyageur.
C’est là qu’on (re)découvre que nos ressources sont insoupçonnées : cerveau qui se met en mode TomTom (marque déposée), pas d’alternative car aucun bus à cette gare, décision de rejoindre fissa “l’autre” gare (la moche) pour prendre – justement – un bus, passer en mode jogging, traverser la ville en petites foulées, arrêt de bus caché par les travaux du Grand Paris, les gens se pressent c’est qu’il doit arriver, mettre le mode sprint, gagné il est là, parcours coincé dans un bus archi-bondé,… et bloqué pour cause de travaux.

Lucide, le chauffeur prend sa voix de stentor, demande si tout le monde descend au terminus, devant l’unanimité décide de couper tout droit en raccourcissant le chemin,…, descendre du bus en jouant des coudes, reprendre le mode semi-marathon pour rejoindre la gare RER de la ligne qui va direct à Lognes (jamais Marne-la-Vallée ne m’a semblé aussi loin…), penser “c’est bien de courir tous les week-ends et d’être un peu résistant, même encombré d’une sacoche et de mocassins”, attraper le RER qui est “à l’approche” en dévalant l’escalier et…. arriver 10 minutes avant l’épreuve…..
Se dire qu’il faut les mettre à profit pour évacuer le stress de la course, se dire que le stress est un stimulant et qu’au moins on ne commencera pas l’épreuve endormi, se dire que tout va bien et que…
…Show must go on…

Garder la tête froide.

La semaine des écrits a été une des plus stressantes de ma vie. Un œil extérieur aurait pu croire que j’avais mis tous les obstacles de mon côté. Peut-être mon inconscient voulait-il voir si j’étais prêt à relever les futurs défis d’un directeur. Mon emploi du temps était celui-ci : lundi déménagement, mercredi et jeudi (il me semble), concours, et samedi, la plus grosse animation de mon année de bibliothécaire. Comme si tout cela n’était pas suffisant s’y est ajouté un problème de RER (certainement le même que dans les témoignages précédents) qui ne m’a laissé d’autre choix que de prendre un taxi et d’arriver 10 minutes avant le début de l’épreuve. Bien que troublé je n’étais pas paniqué pour deux raisons :

  • j’avais eu le concours de bibliothécaire l’année précédente, et n’était pas pressé d’avoir celui de conservateur. Je n’avais pas la pression du concours à tout prix.
  • j’avais le souvenir d’un concours de conservateur d’État où j’avais lâché après la première épreuve, une dissertation sur le thème du romantisme politique. J’avais rendu une feuille double, je pensais avoir 5, j’ai en fait eu 14.

J’ai accueilli mon admissibilité avec beaucoup de joie et de scepticisme : il allait falloir être très bon pour rattraper les points de l’écrit. Je n’ai malgré tout pas suffisamment révisé pour l’oral pour me sentir vraiment prêt. J’ai eu mille excuses pour ne pas en faire assez : pas le bon moment, trop de travail, l’angoisse de ne pas être à la hauteur et qui bloque.

Arrivé à la tour de l’horloge, je craignais de revivre l’échec de ma première admissibilité en 2009, dans les mêmes locaux. Pour autant, et même si j’ai très peu communiqué avec les autres admissibles, cette première expérience et la confiance due aux concours réussis auparavant ont fait que je n’étais pas intimidé. Après l’oral, j’étais confiant sur la motivation professionnelle, beaucoup moins sur la culture générale : c’est pourtant cette dernière épreuve qui m’a permis de réussir.

Au fond, que ce soit à l’écrit ou à l’oral, je pense qu’il y a deux moteurs importants :

  • les compétences, la technique pour réussir des épreuves très codifiées (et j’espère que nos articles vous aideront pour cela)
  • le fait de croire en soi, et de ne pas se mettre à la place du jury. En culture générale notamment, il n’y a pas de mauvaise réponse. J’ai pu parler de mangas, et de folk indé sans que cela soit mal accueilli car l’important est la manière dont on justifie nos choix. Sur les questions fermées, on peut répondre bien ou mal mais il ne faut jamais se laisser désarçonner, ne pas croire que tout est terminé parce que l’on ne sait pas quoi faire dans telle situation. Bien que ce soit cliché à dire, n’oubliez jamais qu’il s’agit là d’un concours, que tous les candidats ont pensé à un moment où à un autre que non, ce n’était pas pour cette fois, et que seul le jury a le pouvoir de comparer les uns aux autres.

Course de fond.

Préparer le concours de conservateur ressemble à un long tunnel… Ayant la possibilité de présenter le concours en interne, j’ai eu la chance de bénéficier de la préparation du CNFPT : 4 fois 3 jours de décembre à avril pour bénéficier de méthodologie et pour s’entraîner lors d’épreuves blanches (9h d’épreuves sur une seule journée, je reprenais le train en pilote automatique).

En mai, les épreuves écrites. Inscrite au centre de concours de région parisienne mais n’habitant pas à proximité, j’ai assuré mes arrières en venant en voiture, et en prenant une chambre d’hôtel à proximité.

Première épreuve : composition. “Y a-t-il une place pour la fierté nationale ?” Un peu déstabilisée par le sujet, je me reprends néanmoins et carbure pendant 5 heures. Je vois des candidats quitter la salle au bout d’une heure. Puis au bout de deux, puis de trois heures… je rends ma copie, plutôt fière du résultat !

Le lendemain, épreuve de note de synthèse. Il y a nettement moins de candidats que la veille. “Open data : mirage ou eldorado ?” Ça tombe bien, c’est un sujet que j’ai potassé récemment. Je sais que chaque minute est comptée : je fonce. Je pose le dernier point juste au moment de la fin de l’épreuve. Je n’ai pas le temps de me relire. Je ne suis pas satisfaite [je ne saurai que des mois plus tard, après avoir demandé communication de mes copies et de mes notes, que j’ai complètement foiré la composition et cartonné à la note de synthèse].

Les résultats d’admissibilité tombent en juillet : je suis très contente, mais il va falloir bosser dur pour préparer les oraux. J’avais positionné mes congés en fonction de mes autres collègues, mais la durée dépendrait des résultats : 3 semaines en cas d’échec, 2 semaines en cas de réussite, pour assister à la préparation aux oraux proposée par le CNFPT. Ce fut donc 2 semaines, je suis partie avec mes classeurs en vacances, révisant sur la plage…

En septembre, je commence à douter. Je suis fatiguée. Même si je le savais depuis le début, je commence à réaliser vraiment qu’en cas de réussite, j’allais passer 18 mois loin de mon époux et de mes enfants. Qu’il faudrait se préparer à une possible mobilité après la formation. Les 10 jours précédant les oraux, je n’étais plus du tout motivée. J’en avais ras-le-bol et voulais jeter l’éponge. J’ai pris le train pour Paris, la veille des oraux, vraiment à reculons. J’ai passé une bonne soirée et une bonne nuit, puisque pour moi il n’y avait plus d’enjeux : j’y allais pour la forme.

Et puis, la motivation est revenue en cours de route. J’ai pris plaisir aux épreuves, en me disant que je n’avais rien à perdre. Devant le texte, j’ai repris confiance, j’avais des choses à dire. Et pendant l’oral lui-même, le temps de « conversation » a été décisif : j’ai pris plaisir à être là, à répondre aux questions, j’ai trouvé ces échanges très stimulants et je me suis piquée au jeu. Je pense que c’est ce qui m’a permis de remonter la pente. J’étais évidemment stressée et impressionnée, mais je me suis dit « puisque je suis là pour le fun, autant prendre plaisir à ce qui se passe et y aller à fond ». Et j’ai fini par me dire de nouveau que ça pouvait être un job sympa et que les perspectives valaient le coup.

Donc, en gros, ce qui a fonctionné pour moi :

  • mon absence totale de lucidité sur la composition, car je pensais avoir bien réussi. Si je m’étais dit que je m’étais plantée, je n’aurais sans doute pas mis la même énergie dans la suite, et notamment la note de synthèse du lendemain.
  • donc, y croire, jusqu’au bout, même s’il y a eu des ratés. C’est aussi une épreuve d’endurance !

La dernière ligne droite… ou : « Aaaahh, je n’ai rien à me mettre ! »

Chère candidate, cher candidat,

Tes révisions arrivent à leur terme, tu as suivi tous les conseils que l’on t’a prodigués sur le blog, et tu t’endors chaque nuit, serein.e, sur de saines lectures ?

Il ne te reste donc plus qu’un sujet de préoccupation : savoir comment tu vas t’habiller le jour J.

Car ne le nie pas, tu as déjà lu tous les articles sur le sujet grâce à Google, mais hélas, tu n’as trouvé que des conseils concernant le recrutement dans le secteur privé, peu ou prou… et même si ça y ressemble furieusement, tu n’es pas exactement dans le même cas.

Mais d’abord, pourquoi le look serait si important ? Après tout, tu peux penser légitimement que dans ce concours on juge des connaissances, des aptitudes, une motivation et une expérience qui peuvent faire rayonner le monde de la culture ???

Oui, mais pas que.    

Console-toi, voici des recommandations de bon sens pour arriver avec toutes les chances de ton côté, et des témoignages de personnalités qualifiées pour t’orienter…

Témoignages

« Pour être irremplaçable, il faut être différent. », Coco Chanel

Merci, Gabrielle, la différence est en effet essentielle, surtout si elle est avantageuse. Si c’est au niveau du vêtement, elle permet de se démarquer des autres candidats, tout en douceur.

La façon dont on s’habille induit la façon dont on se tient, et la façon dont on se tient, c’est de la communication non verbale, communication qui compte pour plus de la moitié de ton discours (plus d’information ici ).

« Si tu ne peux pas être mieux que la concurrence il suffit de t’habiller mieux. » Anna Wintour

Quel MAUVAIS état d’esprit, Anna ! Ton style n’est pas là pour écraser les autres candidats, mais pour faire ressortir ta personnalité, et être le plus en adéquation possible avec le brillant candidat que tu es.

« Vaines bagatelles qu’ils semblent être, les vêtements ont, disent-ils, un destin plus important que de nous tenir chaud. Ils changent notre vision du monde et le point de vue du monde sur nous. » Virginia Woolf

Virginia aurait très probablement eu le concours si elle l’avait passé, en tout cas sa vision des vêtements est clairement celle que tu devras retenir pour le jour J. La personne qui va apparaître devant le jury va imprimer sa marque de par son attitude, son apparence. C’est tout le rôle social du vêtement, amplement décrit dans moult thèses.

« Pour moi s’habiller est une forme d’expression de soi. Il y a des indices de ce que vous êtes dans ce que vous portez. », Marc Jacobs

Bon sang, Marc, aurais-tu lu Virginia Woolf ??? En effet, et toi cher.ère candidat.e, tu dois donner l’indice fort que tu es prêt.e pour endosser le costume (au sens figuré, cette fois) de directeur.rice de bibliothèque.

Venir habillé ne veut pas dire venir déguisé !

La question de l’habillement te semble injuste, tu veux te montrer sous ton vrai jour, tel.le que tu es au quotidien ?

Que nenni : il va simplement falloir trouver la tenue qui mette en valeur tes yeux, non pardon, ton charisme naturel, dans laquelle tu te sentes bien et qui te donne déjà une stature de cadre sup’ de la fonction publique. D’ailleurs, le fonctionnaire territorial représente sa collectivité, alors autant le faire du mieux possible.

Si tu n’as pas l’habitude de porter une cravate, ou des talons de 12cm, ne le fais pas ce jour-là ! Une veste et des chaussures cirées font déjà beaucoup ! Le soin que tu apportes à ta personne témoigne du soin que tu prendras aussi des autres.

La question « maquillage »

En cas de petite nuit la veille des oraux, une touche d’anticernes, un soupçon  de fond de teint n’altèreront pas ta beauté naturelle, et donneront à penser que tu sais être présent.e lors des grands rendez-vous !

Amateur.rice de paillettes, ce jour-là, pense à les réserver pour un autre moment… celui des résultats peut-être ?

Le mascara, surtout s’il est waterproof, c’est bien. La chaleur, la transpiration, les larmes peuvent transformer ton regard déterminé en en regard de panda, et malgré toute la sympathie que cet animal inspire, cela peut détourner l’attention d’un membre du jury. Pense sinon à une petite lingette de démaquillant pour rectifier !

Le tableau qui rassure

La mode n’étant pas – encore – une science exacte, voici un tableau récapitulatif des tenues des lauréats 2016.

TenueChaussuresMaquillage
Pantalon noir 7/8, haut vert sapin, gros collier cuivreEscarpins, talonsOui, sobre
Jean noir (neuf), chemisier bordeaux, gilet noirDerbies noires (vernies)Oui, sobre
Pantalon 7/8 beige, chemise blanche, gilet noirEscarpins beige, talonsOui, comme d’habitude
Pantalon noir, tunique col V à pierreries, gilet noirTalons noirMaquillage habituel
Pantalon noir, chemise à motif et pull rougeBottines noires platesCheveux lâchés avec barrette, maquillage du quotidien
Chemise blanche, pantalon bleu, veste dépareillée classiqueChaussures cirées 
Pantalon noir, top noir à pois blanc, veste imitation cuir rouge, bijoux, montre à affichage digital !Boots noires à talonsMaquillage sobre, lèvres rouges, queue de cheval
Pantalon noir, chemisier, jolis pullstalons 
Pantalon tissu, veste velours, chemise coloréeChaussures cirées 
Veste noire, chemisette blanche, cravate noire, pantalon noirChaussures noiresBarbe bien taillée
Costume noir, chemise blancheChaussures noiresBarbe de deux jours, pas de piercing, pas de bijou
Pantalon noir, veste gris noir,Bottines marron platesPas de maquillage, chignon
Pantalon, veste de costume, nœud papillon roseChaussures cirées 

Allez, courage, tu tiens le bon bout du dressing !!!

Astuce de dernière minute : le stress génère de la transpiration… une petite lingette anti-transpi ou un gilet noir font très bien l’affaire pour se sentir à l’aise J 

Veille pour les épreuves d’admission

Bonne nouvelle ! Vous êtes admissibles au concours ! L’ensemble de la promotion des élèves conservateurs des bibliothèques Gerda Taro et Robert Capa vous félicite ! Vous avez donc surmonté les redoutables épreuves de l’écrit et il vous reste maintenant 2 mois pour travailler les oraux. Ce petit article a pour objectif de vous conseiller pour réaliser une veille en vue de cette dernière ligne droite.

A priori, avant les écrits, vous avez révisé les grandes notions que sont l’histoire, le droit, l’économie, l’éducation, etc., et vous avez certainement lu quelques livres sur ces sujets. Bien évidemment, tout cela va vous servir pour les oraux où, par définition, toutes ces questions peuvent « tomber ». Le temps restant est assez court, surtout si vous avez des activités professionnelles, et il faut donc vous organiser pour l’optimiser. Pour cela, les outils ne manquent pas : presse papier, émissions de radio, sites internet…

Le conseil de base que l’on pourrait donner est de lire fréquemment (minimum 2 ou 3 fois par semaine) un titre de presse quotidienne. Être au courant de l’actualité sociale, politique, économique et culturelle – nationale et internationale –  est un plus, sinon un incontournable, et peut vous permettre d’illustrer votre argumentation en vous appuyant sur des faits récents. Un abonnement vous permet une lecture en ligne mais l’achat au numéro (ou l’emprunt en bibliothèque ☺) peut être une bonne solution, notamment pour lire un article dès que vous avez 5 minutes. De même, l’achat mensuel d’un titre plus généraliste comme Sciences Humaines, Courrier International ou Le Monde Diplomatique donne accès à des dossiers et des notes de lecture intéressants. Pour le reste, le mieux est d’utiliser les outils numériques mis à votre disposition.

Pour les langues, sélectionner un titre phare afin de vous remettre grammaire et vocabulaire en tête. Pour l’anglais, par exemple, de nombreux textes des oraux ont été tirés du Guardian. Le plus facile est lire des articles en ligne.

Utilisez les podcasts. Ils pallieront un manque de temps ponctuel pour lire la presse et vous donneront accès à une offre très vaste, notamment sur France Culture et France Inter, plus ou moins impliquante en termes de durée. Des émissions comme Le temps du débat (Emmanuel Laurentin), Les Enjeux internationaux (Thierry Garcin) ou Affaires étrangères (Christine Ockrent) sont des exemples.

Et, comme vous n’aurez pas le temps de tout lire ni de tout écouter, il est fortement conseillé de mettre en place une plateforme de veille avec des outils comme Netvibes ou Inoreader. Si vous ne les avez jamais utilisés, vous verrez qu’ils sont simples, il vous suffit de regarder un tutoriel sur YouTube pour les maîtriser :

Votre plateforme va vous permettre, via les flux RSS, de vous tenir au courant en un coup d’œil des nouveautés publiées par les sites que vous suivez. Des onglets vous permettent de classer les sites par sous-thèmes afin d’y voir plus clair. Ainsi, vous n’approfondirez la lecture que des articles qui vous intéressent et vous pourrez, à travers les « gros titres », être à la page de l’actualité des domaines qui intéressent le concours.

Voici quelques conseils de sites à suivre. Ce n’est, bien sûr, pas exhaustif et chacun pourra se construire sa propre veille en fonction des thèmes qu’il juge utile de suivre.

  • L’univers territorial (tendances, réformes en cours, cadres réglementaires) peut être suivi à travers des sites comme La Gazette des Communes, Localtis, L’Observatoire des Territoires
  • Pour ce qui concerne les bibliothèques : ABF, ENSSIB, Archimag, Bibliofrance.org, Bulletin des Bibliothèques de France, Bambou….
  • Pour l’actualité culturelle : Télérama, Livres Hebdo, Club Innovation et Culture, Fédération Interrégionale du Livre et de la Lecture (Fill), pages culture du Monde, CNL, Culturebox, Policultures
  • L’actualité numérique peut être suivie à travers des sites comme Biblio Numericus, ACIM
  • Votre plateforme de veille est aussi l’occasion de suivre les titres de presse : Le Monde, Libération, Alternatives économiques, L’Express, L’Obs….

Un conseil toutefois. Ne faites pas une veille trop vaste, contentez-vous de quelques sites ou pages dans chaque domaine qui vous intéresse. L’idée n’est pas d’être noyé par l’information mais de connaître globalement l’actualité du moment. Gare à l’infobésité !

Bel été, bon courage et bonne veille à toutes et tous !

Cyrille CLAVEL, promotion Gerda Taro et Robert Capa

Le stress, mieux le gérer pour en faire un allié

Cet article a été rédigé par Floriane-Marielle Job, élève conservatrice territoriale de bibliothèques de la promotion Gerda Taro et Robert Capa – août 2017

Je ne vais rien “divulgâcher” en vous disant que tous les candidats aux concours ont dû faire face au stress, que ce soit dans la préparation des épreuves, le jour J, ou dans l’attente des résultats. 

Ceux qui prétendent ne pas savoir ce qu’est le stress vous mentent, car oui, cette légère anxiété qui vous prend aux tripes et qui peut, si elle n’est pas prise au sérieux, vous paralyser complètement, est un sentiment profondément humain. C’est simplement le signe que votre instinct de survie est bel et bien là ! En savoir plus sur le portail des PME

Beaucoup de travaux ont été menés sur le stress depuis l’émergence de cette notion dans les années 1930. C’est aussi une problématique dans le monde du travail ; c’est pourquoi les partenaires sociaux lui ont donné une définition que j’aime beaucoup “un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face” (aussi dans le cadre de l’accord interprofessionnel national de 2008, voir l’accord national du stress au travail). 

Personne ne va nier le fait que passer des concours de la fonction publique est une contrainte énorme : cela demande une préparation et le respect d’un certain calendrier. Il y a de nombreuses variables que vous ne maîtrisez pas : le sujet que vous aurez, le niveau des autres candidats, l’état d’esprit des membres du jury, les vicissitudes de la SNCF et de la RATP… Ces éléments d’incertitude, il faut que vous les acceptiez, et la seule variable sur laquelle vous pourrez jouer, c’est votre perception de vos propres capacités à y faire face. Comme mes collègues l’ont développé dans leurs articles, la préparation en amont des épreuves est un élément clef pour votre réussite ; seulement, parfois, la peur de l’échec est tellement forte qu’il est quasiment impossible de mettre ses neurones en ordre de marche. Que ceux qui se reconnaissent dans cette description lèvent la main ! Étant passée par là, je viens vers vous avec cinq trucs qui, en plus d’une bonne hygiène de vie, pourront vous aider à mieux appréhender le stress du jour J. 

Avertissement classique mais néanmoins nécessaire, ces conseils même s’ils sont nourris de lectures et de recherches personnelles ne peuvent en rien se substituer à ceux d’un professionnel de santé qui pourra vous aider plus facilement à mettre les mots sur vos angoisses et à y remédier.

5. Prenez du recul 

Comme vous, les membres de votre jury sont passés par une épreuve orale de concours. Ils savent donc très bien que ce n’est pas toujours un moment très agréable, et ils sont surtout là pour vous aider à montrer le meilleur de vous-même et non pour vous piéger. Qu’on se le dise, on ne vous demandera pas de but en blanc la date de la bataille de Sphactérie et si vous vous trouvez un peu démuni pour une question, l’important, c’est de savoir rebondir sur les prochaines ! 

4. Marchez 

Que ce soit les semaines précédant l’épreuve orale ou le jour J, sortir marcher quelques minutes réduit considérablement le stress, permet de s’aérer et de faire le plein de vitamine D ! Allez ! Comme Kant, on se programme sa balade quotidienne! Pour achever de vous convaincre et réviser votre anglais, voici un article sur le pouvoir de la marche.  

3. Chantez 

Pas pendant votre oral, évidemment, ni même pendant que vous préparez votre texte (ayez pitié de vos camarades préparationnaires), mais chez vous, sous la douche ou même dans la rue si le cœur vous en dit ! Si vous ne parvenez pas à mobiliser vos cordes vocales, écouter sa musique préférée est également une bonne alternative.

2. Respirez 

On a parfois l’impression d’étouffer lorsque l’on est angoissé, pourtant s’asseoir quelques instants au calme et faire quelques exercices de respiration peut vous permettre de reprendre rapidement le contrôle de vos émotions et diminuer votre nervosité. Testez les exercices de cohérence cardiaque ou offrez-vous une petite session de médiation. De nombreuses vidéos et applications vous permettront de vous initier facilement à ces pratiques. En voici une petite sélection : pratiquer la cohérence cardiaque, tester la méditation, choisir son application pour se lancer dans la méditation.

1. Prétendez !

Les travaux de la psychologue sociale Amy Cuddy postulent qu’avoir une posture confiante, même quand nous ne nous sentons pas sûrs de nous, peut augmenter le sentiment de confiance en soi. Avant de partir à l’oral, dans les toilettes avant de rentrer dans la salle, adoptez la posture du super-héros (que vous êtes au fond de vous, on le sait !) : tenez-vous droit, les mains sur les hanches, la tête haute, le menton vers le haut, respirez, voilà vous y êtes, prêt à tout affronter. Gardez cette belle attitude et lors de votre entrée en scène dans la salle d’oral, maintenez une bonne posture : le dos droit, les jambes non croisées, les bras posés sur la table, manches remontées et prêt à vous mettre au travail. (Pour aller plus loin, c’est ici et ).

tweet de alihanan @thewordbaker

Avec ces quelques astuces, vous voilà prêts pour triompher des épreuves orales ! Vous avez d’autres techniques dont nous n’avons pas parlé ici ? Faites-nous-en part dans les commentaires !