Mis en avant

1ères Assises des conservateurs et conservatrices territoriaux des bibliothèques – le 3 mai 2021 en visio-conférence

Les promotions des élèves conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer, en partenariat avec l’Institut National des Etudes Territoriales, vous convient aux 1ères Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France

le lundi 3 mai 202 de 10h à 16h en visioconférence

Vous trouverez le programme détaillé de cet événement ici.

Cet événement s’adresse à toutes et tous.

Pour suivre ces Assises à distance, l’inscription est obligatoire en remplissant le formulaire ici.

La réforme de la haute fonction publique a mis en lumière le besoin fondamental pour les conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France de rendre visible la contribution de la lecture publique aux politiques portées par les collectivités territoriales, de positionner le cadre d’emploi et de formuler un projet d’avenir pour en défendre le statut. Aujourd’hui, la constitution d’une structure professionnelle pouvant véhiculer un tel positionnement apparaît cruciale. Un tel constat conduit les promotions des élèves conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer à organiser, en partenariat avec l’Institut National des Etudes Territoriales, la 1ère édition des Assises des Conservateurs.trices Territoriaux.ales de Bibliothèques de France.Cette 1ère édition des Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France vise à :

  • Rendre visibles les conservateurs.trices territoriaux.ales des bibliothèques ;
  • Affirmer l’appartenance des conservateurs.trices territoriaux.ales des bibliothèques à la catégorie A+ et les positionner en tant que de cadres dirigeants au sein des collectivités territoriales, au-delà de leur simple contingentement à un rôle de spécialiste de la lecture publique ;
  • Formuler un projet d’avenir pour défendre le cadre d’emploi, et ce en lien avec l’identité du métier, son statut, sa contribution aux politiques publiques.

Dans cette perspective, les promotions des élèves conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer, en partenariat avec l’Institut National des Etudes Territoriales, vous convient aux 1ères Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France le lundi 3 mai 202 de 10h à 16 en visioconférence

Les thématiques suivantes seront abordées :

  • Quelle place des politiques culturelles et de lecture dans le développement et la vie des territoires ?
  • Des conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques responsables de missions transversales en collectivités ?
  • Quel bilan sur le statut ? Quelles complexités du statut de conservateur, imperfections, différences avec les autres statuts de cadres A+ ?
  • Vers une association professionnelle des conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques ?

Nous vous confirmerons votre inscription par retour de mail en détaillant les modalités de participation à cet événement virtuel.

Pour toute question sur cet évènement, vous pouvez nous contacter à l’adresse email suivante: assises.conservateurs@gmx.fr

Dans l’attente de vous retrouver nombreuses et nombreux lors des 1ères Assises des Conservateurs.trices territoriaux.ales de bibliothèques de France,

L’équipe des Assises

Copies de candidats admis

Les élèves de la promotion Marguerite Yourcenar partagent avec vous certaines de leurs copies de composition de culture générale et de note de synthèse accompagnées des notes et des commentaires des correcteurs.
Ces copies sont complémentaires aux meilleures copies mises en ligne chaque année par le CNFPT (à retrouver ici).

Copies de composition de culture générale

Sujet externe : La culture est-elle un service comme les autres ?

Copies de note de synthèse

Sujet externe : l’intelligence peut-elle être collective ?

Sujet interne : Engagement citoyen et bénévolat



Bibliothèques départementales et développement durable : compte-rendu des journées d’étude 2021 (2/2)

Contexte sanitaire oblige, l’Association des bibliothécaires départementaux (ABD) organisait ses 34èmes journées d’étude annuelles les 13 et 14 septembre en ligne. Intitulé « Pour des réseaux de lecture publique durables et équitables », ces journées étaient résolument placées sous l’auspice du développement durable. Les élèves conservateurs de la promotion Tomi Ungerer avaient la chance d’y être associés. Après une première partie mêlant conférences et partage d’expériences inspirantes, les journées d’étude se sont poursuivies le mardi matin sous la forme d’ateliers thématiques simultanés auprès de porteurs de projets.

Le numérique inclusif

Le premier atelier – coanimé par Céline Meneghin et Hovig Ananian – a permis de croiser deux retours d’expérience sur le thème de l’inclusion numérique. Sarah Hams, de Bibliothèques Sans Frontières, et Éric Jolie, de la Bibliothèque départementale du Pas-de-Calais, sont revenus sur la création du guide Tous connectés à destination des aidants numériques du Pas-de-Calais. Le guide permet aux professionnels d’améliorer la qualité du service en direction des personnes en demande d’accompagnement sur leurs démarches en ligne en ciblant leurs besoins (diagnostic de l’aidé), en sécurisant la position de l’aidant (droits et devoirs de l’aidant) et en facilitant leur orientation (boite à outils de l’aidant sur la recherche d’emploi, les démarches administratives, les savoirs de base, ou la santé en ligne). L’outil a été créé sur Genially sous la licence creative commons et est librement réutilisable par les bibliothèques.

La deuxième intervention, assurée par Pauline Gadea, de Bibliothèques Sans Frontières, et Colette Desolme, bibliothécaire à Daux, a permis de faire découvrir au public la création d’un kit d’éducation aux médias par une quarantaine de professionnels sur quatre territoires : Haute-Garonne, Hérault, Loiret et Loir-et-Cher. Le kit réunit 35 ressources de compréhension des médias et 40 ressources d’activités triées par objectifs pédagogiques, fléchées par besoins en matériel et par publics cibles. Des commentaires de pairs aident aux choix d’activités et proposent des variantes. Le kit sera très bientôt diffusé sous licence creative commons, mais on peut d’ores et déjà le recevoir sur simple demande par mail à Sarah Hams, en échange d’un retour sur les ateliers menés à partir du kit. Une version enrichie est déjà en projet, qui prendra en compte les variantes et les retours de manière extensive et verra l’ajout d’un volet autour de la désinformation scientifique.

Le rôle des bibliothèques dans la sensibilisation au développement durable des publics

Le deuxième atelier – comodéré par Emilie Thilliez-Fernandez et Michel Wong Man Wan – a également permis de croiser deux expériences complémentaires : l’une en milieu urbain à Paris et l’autre en zone rurale dans l’Aisne. Adèle Martin de la Bibliothèque publique d’information a d’abord présenté deux actions phares qui y sont menées : un évènement temps-fort « Osez la Récup » qui a lieu sur un weekend et un cycle de rencontres et d’ateliers « Vivre Durable ». Puis, Gonzague Plane, documentaliste, a présenté les très nombreuses actions menées par le centre de ressources environnementales de l’Aisne Geodomia. Véritable médiathèque environnementale ouverte à tous, ce centre a pour mission de faciliter l’accès aux connaissances environnementales et faire vivre le réseau des acteurs de l’environnement sur son territoire.

Quelle écologie pour le livre ?

La table ronde animée par l’Association pour l’écologie du livre et sa porte-parole, Anaïs Massola (librairie Le Rideau Rouge, à Paris), a permis d’aborder la genèse d’une réflexion inter-filières (libraire, éditeurs, bibliothécaires) autour de l’écologie (symbolique et matérielle) de l’objet « livre ». 

Aux racines de cette réflexion, sont évoqués les problèmes de surproduction, d’inflation éditoriale ou encore de pollution liés à la fabrication du papier. Aujourd’hui, la confection de livres représente 7% de la consommation de papier : il ne s’agit donc pas du principal poste de prélèvement de la ressource. Cependant, la production de livres a triplé ces 20 dernières années : aujourd’hui, on décompte plus de 80 000 nouveautés par an, avec un taux de retour en librairie situé autour des 28% en France (et un taux de pilonnage autour des 15 à 18%). 

Une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de la chaîne du livre est également au coeur de la réflexion, face à la concurrence de plus en plus pesante de gros opérateurs tels qu’Amazon. Les relations entre acteurs de la filière du livre semblent pâtir d’une atomisation croissante, avec le risque d’un délitement des liens d’interdépendance. 

C’est pourquoi l’Association pour l’écologie du livre promeut une réflexion systémique ainsi que l’idée de bibliodiversité, afin de faire valoir de nouveaux imaginaires et de nouveaux rapports de force par et autour du livre. 

Le numérique et son impact environnemental

Le troisième atelier – coanimé par Mathilde Chauvigné et Céline Cadieu-Dumont – réunissait Jean-Sébastien Rabouhams de la Bibliothèque départementale de la Nièvre et François Garnier de la Bibliothèque départementale du Loir-et-Cher. Comment réduire l’impact écologique du numérique ? Faut-il modifier les pratiques ? Par où commencer : les équipes ou le public ? Pour les deux intervenants, la question du matériel est fondamentale, même s’il est impossible de la détacher totalement de la question des usages. François Garnier structure une mission « multimédia et service innovant » avec des agents et des bibliothécaires du réseau pour ouvrir la réflexion au-delà des connaissances techniques, collecter des informations et participer à la formation au rapport entre numérique et développement durable, toujours dans un esprit de coconstruction. Il encourage à acheter du matériel prévu pour durer et à travailler dans une relation de confiance avec la direction des systèmes d’information (DSI). C’est ainsi que la Bibliothèque départementale du Loir-et-Cher donne une deuxième jeunesse à des PC obsolètes en les passant sous Linux avant de les rediffuser dans le réseau et cherche le moyen de trouver un nouvel usage pour des liseuses ou des tablettes qu’il devient impossible de mettre à jour.

Cette réutilisation du matériel obsolète est également au cœur du travail de la bibliothèque départementale de la Nièvre. Bien que le label BNR lui assure un fort soutien pour acheter du matériel puissant, Jean-Sébastien Rabouhams souhaite plutôt aider les bibliothèques à choisir un matériel homogène, adapté à l’usage et durable. Des ordinateurs obsolètes ont ainsi été équipés de cartes Raspberry qui permettent un accès internet et au catalogue, ainsi que des usages de bureautique ou un accompagnement du public lors d’ateliers. Ces machines sous Linux permettent de partager le SIGB de la Bibliothèque départementale aux bibliothèques volontaires du réseau. Ici aussi, les bonnes relations entretenues avec la DSI ont permis de récupérer des tablettes de collèges ayant peu servi, de mettre en place des switchs pour les bornes relais wifi ou d’acheter des pièces de rechange. Pour répondre partiellement à la question des usages, la Bibliothèque départementale a fait aussi le choix d’ouvrir un portail plutôt que d’envoyer des mails groupés avec des fichiers importants. Jean-Sébastien Rabouhams encourage enfin à se faire aider par des associations de logiciel libre ou les fablabs du territoire et à s’appuyer sur de jeunes bénévoles pour expliquer les recycleries ou les repair cafés. La séance de questions-réponses a permis de lever certaines craintes : le passage à Linux n’a pas déstabilisé les bénévoles des réseaux, les compétences techniques requises ne sont pas insurmontables et les bibliothécaires encouragés à « s’y mettre » sont ensuite fiers de pouvoir communiquer auprès du public

Inégalités territoriales et offres de lecture

Les journées d’études se sont achevées avec une conférence particulièrement éclairante de Samuel Depraz, maître de conférences en géographie à l’université de Lyon 3, et animé par Blaise Mijoule sur « L’équité territoriale dans l’accès à la lecture en contexte de crises ». S’intéressant dans ses travaux à la France des marges, il a détaillé le caractère multidimensionnel des inégalités territoriales qui entraîne une recomposition sélective des mouvements de population au bénéfice du périurbain et de certains bourgs-centres. A partir de ce cadre d’analyse, il a examiné la question de l’offre territoriale de lecture, appelée à être source de redynamisation et d’attractivité des territoires.

Les supports des différentes interventions sont à retrouver sur le site de l’ABD. Un grand merci aux co-présidentes de l’ABD Céline Cadieu-Dumont et Céline Meneghin d’avoir associé les élèves-conservateurs à ces journées enrichissantes !

Bibliothèques départementales et développement durable : compte-rendu des journées d’étude 2021 (1/2)

Contexte sanitaire oblige, l’Association des bibliothécaires départementaux (ABD) organisait ses 34èmes journées d’étude annuelles les 13 et 14 septembre en ligne. Intitulé « Pour des réseaux de lecture publique durables et équitables », ces journées étaient résolument placées sous l’auspice du développement durable. Les élèves-conservateurs de la promotion Tomi Ungerer avaient la chance d’y être associés : retour sur la première journée de l’évènement.

Développement durable et équité d’accès

La matinée d’ouverture a démarré avec une conférence introductive de Raphaëlle Bats de l’Urfist de Bordeaux sur le rôle des bibliothèques comme actrices des politiques locales de développement durable. Elle s’est attardée sur les dispositifs sur lesquels les bibliothèques peuvent s’appuyer pour agir, en particulier l’agenda 2030 et ses dix-sept objectifs de développement durable élaborés dans le cadre des Nations-Unis. L’accès à l’information y est reconnu comme objectif de premier niveau grâce à un important travail de plaidoyer de l’IFLA qui s’est traduit dès 2014 par la Déclaration de Lyon. Cet agenda a été décliné au niveau national par le Ministère de la transition écologique dans une feuille de route qui identifie les réseaux de bibliothèques comme relais mobilisables dans tous les territoires en matière d’éducation formelle et informelle sur les questions de développement durable. Un site de ressources a ainsi été développé par l’Enssib, le Cfibd, la Bpi et l’ABF pour proposer sous forme de boîte à outils des supports et exemples d’initiatives pour aider les bibliothèques à se saisir de l’agenda 2030 et à y inscrire leurs actions.

Elle a ensuite passé en revue un certain nombre d’initiatives nationales et internationales dans le domaine :

  • Les travaux du groupe d’intérêt spécial ENSULIB (Environment, sustainability and libraries) qui décerne tous les ans un « Prix de la bibliothèque verte »… que n’a jamais encore remporté une bibliothèque française !
  • Le projet de la fédération européenne EBLIDA (European Bureau of Library, Information and Documentation Associations) pour tenter d’articuler les indicateurs bibliothéconomiques et ceux de l’ONU
  • L’outil d’évaluation en ligne de la chercheuse et bibliothécaire brésilienne Nathalice Cardoso qui permet à une bibliothèque de mesurer son degré de contribution au développement durable
  • La démarche SME (système de management environnemental) menée à la médiathèque de la Canopée la fontaine à Paris

Cette matinée s’est poursuivie avec une conférence de Jean-Michel Tobelem, professeur associé à l’université Paris 1, consultant et auteur du blog option-culture, sur le thème de « l’équité d’accès à la culture ». Il est revenu sur l’importance du rôle des bibliothèques départementales dans le maillage territorial, en particulier dans le monde rural, tout en mettant en exergue la nécessaire réflexion autour des droits culturels, le potentiel et les limites du numérique ainsi que les enjeux liés à la gratuité. Son intervention était tirée de son livre « La culture pour tous : des solutions pour la démocratisation ? » publié par la fondation Jean Jaurès.

Partage d’expériences inspirantes avec le LAB’D

Après une première demi-journée qui a permis de poser un cadre de réflexion, l’après-midi a été consacré au « LAB’D », le forum de partage d’expériences inspirantes non cantonnées au champ du développement durable. Le forum a débuté avec Aurélie Ravineau-Cloué du Conseil départemental du Loir-et-Cher qui a présenté leur projet de déploiement des « Ideas Box » développés par Bibliothèques sans Frontières pour développer une offre dans les territoires les moins bien desservis et toucher les publics les plus éloignés.

Guillaume Marza, bibliothécaire en charge des publics collégiens à la Médiathèque départementale de l’Hérault, a pris le relai pour parler d’un jeu d’évasion numérique développé en interne à partir de l’œuvre « L’Ombre du Golem » d’Eliette Abecassis et Benjamin Lacombe. Actuellement en beta test pour un lancement espéré en début de 2022, ce point and click interactif repose sur une utilisation ingénieuse de Genially et a vocation à être déployé dans les CDI des collèges. Affaire à suivre.

Cet après-midi de présentations s’est poursuivi avec Nicolas Quereuil de la Métropole de Lyon qui a présenté le dispositif « Les jeux vidéo s’invitent chez vous » en cours de déploiement à partir de septembre sur le réseau métropolitain. Ce projet consiste à constituer et prêter aux usagers des bibliothèques partenaires un fonds de jeux et de consoles, avec un enjeu fort autour de l’acculturation aux pratiques vidéoludiques et de valorisation de la production indépendante.

Cette première journée d’étude s’est achevée avec Patrice Auvinet du service départemental de la lecture de Charente, qui a présenté un partenariat original réalisé avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour faire du service départemental un refuge LPO. Ce partenariat intervient dans un contexte où ce dernier mène déjà de nombreuses actions pour sensibiliser les publics et développer collectivement des pratiques écoresponsables en interne.

A suivre : le compte-rendu de la deuxième partie des journées d’étude.

Retours en images des 1ères Assises des conservateurs et conservatrices territoriaux de bibliothèques

Les promotions d’élèves conservateurs territoriaux de bibliothèques de l’INET Alan Turing, Toni Morrison et Tomi Ungerer ont proposé le 3 mai 2021, en écho à la publication du rapport Thiriez en février 2020 et la réforme de la haute fonction publique, un rendez-vous dédié à la réflexion sur la place des conservateurs territoriaux de bibliothèques dans la fonction publique territoriale. Pour rappel, vous pouvez retrouver ici le programme de la journée.

Vous n’avez pas pu y assister ou souhaitez re-visionner les interventions des deux demi-journées ? Retrouvez ci-dessous les Assises des conservatrices et conservateurs en replay !

PREMIERE PARTIE :

Découpage de cette première partie :

00′ : Introduction
5’27 : Programme de la journée
9’24 : Discours d’ouverture
15’29 : Lancement de la table ronde
1’00’41 : Facilitation graphique + questions/réponses aux intervenants de la table ronde
1’43’30 : Pause (le café ça se mérite!)
1’47’00 : Intervention « Le Grand Témoin »
2’23’07 : Facilitation graphique

SECONDE PARTIE :

Découpage de la seconde partie :

00′ : Reprise et présentation du statut
4’55 : Début de l’intervention d’Adrien-Philippe Moniot
21’14 : Questions/réponses sur le statut de conservateur + Facilitation graphique
38’19 : Vers une structure professionnelle
59’43 : Présentation du formulaire à remplir pour participer à la préparation de l’Assemblée générale de l’association
1’05’04 : Questions/réponses sur la structure professionnelle à construire
1’08’46 : Facilitation graphique et Conclusion
1’15’28 : Photo collective

La facilitation graphique a été assurée tout au long de la journée par Olivier Sampson dont vous pouvez retrouver ci-dessous ses créations de la matinée et l’après-midi.

Vous souhaitez préparer l’Assemblée constitutive et rédiger les statuts de la future association des conservateurs territoriaux de bibliothèques ? Inscrivez-vous ici avant le 14 mai 2021.

Manager la culture : vers un projet d’avenir pour les conservateurs territoriaux des bibliothèques de France

Visionnez ou revisionnez la table ronde du 16 décembre 2020, en marge des Entretiens territoriaux de Strasbourg, le rendez-vous des managers territoriaux.

La crise sanitaire a mis en lumière l’agilité des équipements de lecture publique, premiers équipements culturels de proximité. Les bibliothèques ont démontré une capacité d’adaptation certaine en ré-adaptant, en ré-inventant leurs services dans l’incertitude contextuelle. Au-delà de la crise sanitaire, les bibliothèques se transforment. La lecture publique se positionne à la croisée des enjeux culturels, scientifiques, éducatifs et sociaux. Les conservateurs territoriaux ont su se saisir de la réforme territoriale pour structurer de nouveaux réseaux et positionner la lecture publique au cœur de l’innovation sociale et de la révolution numérique.  Ils sont des acteurs majeurs de l’évolution des pratiques culturelles. 

Que signifie être un manager de la culture, de la lecture publique, aujourd’hui ? Les conservateurs territoriaux de bibliothèques des promotions Alan Turing et Toni Morrison vous proposent d’examiner la contribution de la lecture publique aux politiques portées par les collectivités territoriales, notamment en temps de crise, et de participer à la formulation d’un projet d’avenir pour les managers de la culture que sont les conservateurs territoriaux de bibliothèques.

INTERVENANT.E.S

  • Damien Grelier, élève conservateur territorial de bibliothèques en formatio à l’INET (promotion Toni Morrison)
  • Anaïs Laborde, conservatrice territoriale de bibliothèques (promotion Alan Turing), chargée de mission auprès de la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Versailles
  • Christelle Marco, élève conservatrice territoriale de bibliothèques en formation à l’INET (promotion Toni Morrison)
  • Luce Perez-Tejedor, conservatrice territoriale de bibliothèques (promotion Alan Turing), directrice de la bibliothèque départementale des Côtes d’Armor

Invité

  • Jean-Michel Paris, conservateur territorial de bibliothèques, ancien DGS du Département de l’Hérault et membre du Comité scientifique et technique du projet Assises des conservateurs territoriaux de bibliothèques

Lien de rediffusion

Pour des politiques culturelles résolument transversales

Dans un contexte de crise sanitaire où, depuis plusieurs mois, le secteur culturel est en souffrance, empêché de se réaliser tel qu’auparavant, il n’a eu de cesse pourtant de se réinventer et la Culture s’en trouve peut-être même déconfinée, sortant de modes de fonctionnement parfois inadéquats avec la civilisation actuelle. Ce qui demeure, par contre, aujourd’hui comme hier, c’est le besoin toujours aussi nécessaire de divertissement, de découvertes, de partages d’émotions face à une œuvre d’art qui dit, interprète et interroge le monde qui nous entoure. Ainsi, puisque la Culture est intimement reliée au cœur des citoyen.ne.s du monde, les politiques culturelles doivent être au cœur des projets des collectivités territoriales.

Une question peut alors être clairement posée : qu’attendons-nous pour transformer? Pour transformer des politiques culturelles fonctionnant encore souvent en silos, en forces vives et motrices des projets des collectivités à destination des habitant.e.s ? Car les politiques culturelles se doivent d’être au centre de tout projet de transition, une transition qui quel que soit le domaine sur lequel elle porte (économie, numérique, action publique…) ne saurait elle-même être aujourd’hui autre chose qu’écologique. Elles ont de toute évidence un rôle crucial à jouer dans toutes les politiques publiques : des plus attendues (cohésion sociale, jeunesse ou encore aménagement du territoire) aux moins évidentes (finances, mobilités, ou traitement des déchets). Ainsi parce que la culture réunit, qu’elle met en actes la notion même de commun, elle est un levier idoine des démarches de transversalité et de méthodologies de projet dans les territoires.

De nombreux dispositifs peuvent être mis en place. A titre d’exemple, nous allons en présenter trois qui sont des inventions, mais qui s’inspirent de pratiques de collectivités. Tous entremêlent les politiques culturelles à une ou plusieurs autres politiques publiques.

Création d’un Tiers-lieu Patrimoine naturel

Dans cet espace se croisent des ateliers sur la biodiversité et l’alimentation, un jardin partagé basé sur la permaculture et la transmission de pratiques ancestrales, une micro-folie (dans un cabanon) qui offre une visite immersive de la faune, de la flore et des aménagements du territoire depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Ce tiers-lieu peut être érigé, et ce n’est pas exhaustif, sur une friche industrielle, dans un quartier politique de la ville ou encore dans un cimetière. Les acteurs : Parcs et jardins, urbanisme, muséum d’histoire naturelle, associations de quartier et d’insertion, politique de la ville…

Parcours artistiques pour apprendre à prendre soin de notre environnement

Dans ces parcours d’éducation artistique et culturelle, les enfants et adolescent.e.s apprennent, de manière ludique, les enjeux et pratiques du traitement et du recyclage des déchets ainsi que la sobriété des usages concernant les ressources (eau, énergie, numérique…). Des spectacles et des expositions peuvent être organisés à l’issue de ces parcours dans les écoles, les mairies, les musées, les espaces publics… En parallèle, dans ces parcours, des ateliers peuvent faire réfléchir les jeunes à des pratiques innovantes sur ces sujets et les amener à construire des prototypes, un peu à la manière d’un Fab lab. Les acteurs : service eau et assainissement, établissements scolaires, crèches, structures périscolaires, écoles de danse/musique/arts plastiques, propreté urbaine, centre de culture scientifique, technique et industrielle…

Création d’une agora citoyenne

Dans cet espace peuvent se réunir autour de thématiques prédéfinies (santé, budget vert, modernisation de l’action publique…) différents acteurs du territoire (citoyens, associations, services des collectivités et de l’Etat, publics dits empêchés…). L’objectif est, en présence d’experts, d’expérimenter par le théâtre, les arts plastiques, le chant ou encore les arts numériques des projets sur les sujets choisis par la collectivité. S’ensuit alors un temps de débat qui aboutit à la rédaction de fiches décrivant les actions retenues comme prioritaires à engager par les citoyen.ne.s. Les acteurs : tous services publics et ressources, bibliothèques municipales et départementales, associations, laboratoires d’innovation publique, centres de détention…

Bien entendu, les politiques culturelles doivent alors instaurer (et elles n’en ont pas toujours la culture) comme toutes les politiques publiques de nécessaires processus d’évaluation. Ces derniers ne doivent pas être vécus comme une sanction subjective face à un domaine qui de par sa nature même ne saurait y être soumis, mais comme une étape nécessaire aux transitions, aux choix et décisions que cela implique. Pour conclure, les politiques culturelles doivent permettre à tout projet de prendre de la hauteur, d’expérimenter tout en instaurant des liens forts et co-construits entre la collectivité et les habitant.e.s pour toute politique publique. Elles représentent une puissante dynamique de transformation pour des collectivités territoriales innovantes et résilientes !

Article rédigé par Nadège Deriano (promotion Toni Morrison), décembre 2020.

Médiathèques en réseau, vitrine pour l’interco’

Les bibliothèques et les médiathèques, en tant que premier équipement culturel de proximité, comptent parmi les symboles de la municipalité ou de l’intercommunalité. Facilement identifiables et ouvertes à tous, elles offrent de la visibilité à la collectivité à laquelle elles sont rattachées. Alors que la loi NOTRe de 2015 prévoit la rationalisation de l’organisation territoriale et le regroupement des collectivités, autour notamment d’EPCI à fiscalité propre de 5 000 à 15 000 habitants, les médiathèques ont plus que jamais leur rôle à jouer lors de la création de nouvelles intercommunalités : en montrant qu’il est possible de “faire réseau”, elles offrent une véritable vitrine de la collectivité.

La création d’une nouvelle intercommunalité entraîne systématiquement un transfert de compétences obligatoires, optionnelles et, le cas échéant, facultatives. Ce transfert s’effectue aussi bien lors de la création de toute pièce d’une nouvelle intercommunalité que lors de la fusion d’intercommunalités préexistantes ; il s’agit donc d’une occasion privilégiée pour rebattre les cartes et afficher de nouvelles orientations. 

La lecture publique intervient généralement au titre de la compétence optionnelle de construction, aménagement, entretien et gestion des équipements sportifs et culturels, ainsi qu’au travers de compétences facultatives. Si les compétences en matière de lecture publique sont transférées à l’intercommunalité, il devient alors bénéfique à plusieurs égards de mettre en réseau les différents équipements intercommunaux ou municipaux : au-delà de la plus-value indéniable pour les usagers, la mise en réseau peut également présenter des facilités accrues en termes d’organisation ainsi que des opportunités de développement.

La mise en réseau des médiathèques va toutefois au-delà d’une simple réorganisation interne : elle nécessite une réelle conduite du changement tant en interne, auprès des agents, qu’en externe, auprès des usagers. L’une des clés de la réussite réside dans la création d’une identité commune, pour à la fois fédérer les agents autour de la nouvelle organisation et la rendre visible auprès des usagers. 

Comment, dans ce cas, créer une identité commune ? Elle passe en premier lieu par l’unification de la communication : l’adoption d’un nouveau visuel, le choix de canaux de communication commun ou tout simplement un style unifié donnent naturellement au réseau une image d’unité et d’unicité. Le réseau de lecture publique devient alors une entité à part entière, visible de tous et lisible aux yeux du plus grand nombre. Plus facilement identifié, un réseau de bibliothèques a plus de poids et peut susciter un intérêt renouvelé auprès de ses publics, voire de ses non-publics. Pour cela, il s’agit également d’adopter une organisation unifiée dans les différents équipements : cela passe généralement par une mise en commun du catalogue, une mise en réseau informatique ou une harmonisation des horaires d’ouverture… L’action culturelle en bibliothèque revêt ici un intérêt particulier : pensée de concert entre les différents équipements, elle offre alors une mise en lumière sans pareille du réseau de lecture publique. Cette concertation n’implique pas nécessairement de “centraliser” la programmation d’action culturelle : chaque équipement entre dans le réseau avec ses habitudes, son historique et son rapport individuel à l’action culturelle et aux publics qui la fréquentent, et il n’est pas question de les effacer artificiellement. Il ne serait pas non plus opportun de concevoir des évènements d’action culturelle identiques dans chaque équipement, ni de partager la programmation au point d’exiger des publics qu’ils se déplacent d’une médiathèque à une autre pour assister aux évènements : rien ne prouve que les publics soient disposés à traverser l’intercommunalité pour assister aux évènements, a fortiori si le territoire est étendu ou connaît des contraintes fortes en termes de mobilités.  Il est cependant tout à fait possible de penser l’action culturelle de façon collégiale, au travers d’un calendrier commun, de thématiques qui s’accordent entre elles et se répondent… en bref, en imaginant une programmation concertée, voire partagée à l’échelle du réseau. Cela permet habituellement de maximiser l’intérêt tant pour les usagers, qui bénéficient de plus d’opportunités s’ils souhaitent ou sont en capacité de se déplacer entre équipements, que pour les bibliothèques elles-mêmes, qui peuvent alors mutualiser leurs réflexions, leurs bonnes pratiques ou leurs contacts auprès de prestataires extérieurs.

Cette réflexion, favorable à une mise en réseau positive et réfléchie, poursuit toutefois un troisième objectif : au-delà de l’amélioration de la satisfaction des usagers et du maintien des conditions de travail des agents, elle agit aussi comme un coup de projecteur sur l’intercommunalité. Le réseau de lecture publique, dès lors qu’il est identifié parmi les établissements culturels présents sur le territoire, donne intrinsèquement une image positive de l’intercommunalité : en mettant en lumière une réussite qui bénéficie à tous, il souffle aux habitants du territoire qu’il est possible de fédérer à cette nouvelle échelle… et de faire réseau au quotidien, sur tous les sujets.

Une question demeure cependant : comment faire réseau concrètement ? Une transformation d’une telle envergure implique naturellement une gouvernance et un pilotage unifiés, en la personne de la directrice ou du directeur du réseau de lecture publique et en lien direct avec la direction chargée des affaires culturelles pour la collectivité. Il ne peut pas non plus être fait l’économie d’un portage politique et administratif fort. Il est également essentiel de penser une dimension de co-construction avec les agents, qui constituent la cheville ouvrière de la mise en réseau, ainsi que de prendre en compte les retours des usagers sur les sujets qui les touchent directement. Enfin, il est impératif de penser dès le départ le travail collectif à distance : la crise sanitaire de la Covid-19 a accéléré cette année la prise de conscience des enjeux du travail à distance, qui s’est souvent massifié pour les missions qui le permettaient. Bien sûr, la situation de l’année 2020 est, espérons-le, vouée à rester exceptionnelle ; toutefois, il est illusoire de penser que les agents d’un même réseau de lecture publique, qui oeuvrent dans des équipements parfois géographiquement très éloignés, pourront se réunir en présentiel à la fréquence requise pour un fonctionnement apaisé et efficace du réseau. Une réflexion sur l’animation d’un collectif à distance et sur le recours aux outils collaboratifs et de gestion de projet doit être menée dès les prémices de la mise en réseau.

Article rédigé par Chloé Bellamio (promotion Toni Morrison), décembre 2020.

Les bibliothèques, point de pivot des politiques culturelles

Le  respect des  droits  culturels  des  personnes  et  une compétence  partagée par tous  les échelons  de  l’action  publique : deux repères qui, depuis  20151, encadrent  l’exercice  des  politiques  culturelles.  Celles-ci s’articulent encore  plus  qu’hier  autour  d’enjeux  d’émancipation sociale et de création de référentiels communs. Malgré une crise sanitaire  qui  freine  temporairement  l’accès  aux  lieux  et  l’exercice  d’une convivialité propre au  modèle d’accueil actuel, les bibliothèques demeurent incontestablement un point de pivot de ces politiques culturelles. 

Avec  près  de  16000  lieux  de  lecture  au  total,  les  bibliothèques forment les  équipements culturels les plus présents sur le territoire et de loin les plus fréquentés. Selon une étude du  ministère  de  la  culture publiée  en  20162, 40% des  Français  seraient  ainsi  entrés  au moins  une  fois dans l’une  d’entre elles au  cours  des 12 derniers mois. A  cet égard, le  virage  des  bibliothèques  troisième  lieu  depuis  les  années  2010  et  l’essor  des  enjeux  numériques  ont certes fait évoluer la perception de leur rôle auprès des habitants et des élus. Au-delà de ces  deux  évolutions,  à  la  fois  cruciales  et  relativement  efficaces  en  termes  de  communication  auprès  du  grand  public,  les  bibliothèques  prennent  également  une  part  majeure  dans  la  réalisation de projets structurants de l’action culturelle des collectivités.  

Il  faut  ainsi  rappeler  le  rôle  d’incubateur des  publics qu’elles  jouent  quotidiennement, en   faisant vivre des partenariats de proximité avec les structures de l’action éducative et sociale  publique ou le tissu associatif. Par l’accueil régulier des publics scolaires par exemple, elles  offrent  une  porte  d’entrée équitable – et  souvent intégralement gratuite à  ce  stade – aux  propositions  culturelles  de  la  collectivité  et  fabriquent  un  premier  parcours  de  l’usager,  essentiel au développement de futures pratiques. Sollicitées à juste raison lors de la réforme  des rythmes scolaires pour la richesse de leurs ressources et leurs capacités d’animation, les  bibliothèques  s’affirment  désormais  comme  des  acteurs  incontournables  dans  la  constitution  des  parcours  d’éducation  artistique  et  culturelle pilotés  par  les  collectivités  – exemple  de  la  Communauté  du  Pays  de  l’Aigle  dans  l’Orne,  cité  dans  le  rapport  sur  les  territoires  de  l’action  artistique  et  culturelle  adressé  au  Premier  Ministre  en  2017.  Cette  reconnaissance supplémentaire de leur mission d’accompagnement des publics dans une vie  culturelle en construction passe bien entendu par le livre mais surtout par les liens qu’elles  nouent naturellement avec les artistes du territoire et les partenaires associatifs. 

Au-delà  d’une  mission  auprès  de  la  jeunesse généralement  admise,  les  bibliothèques  entretiennent un  lien  étroit  entre les créateurs  et  la  population  tout  au  long  de  la  vie.  

Occasions  d’entrer  en  dialogue  ponctuel  avec  un  artiste,  moyens  d’expression  d’une  sensibilité  ou  véritable  pont  avec  des pratiques  amateurs,  les  démarches de  résidence  artistique s’ancrent par exemple dans les programmes d’action culturelle des bibliothèques,  et notamment des bibliothèques départementales. Des actions qui dépassent d’ailleurs très  largement  les  questions  d’écriture.  Voir  par  exemple,  le  volontarisme  de  la  bibliothèque  départementale de la Somme qui accueille, selon les projets, des artistes photographes, des  musiciens ou encore des plasticiens. 

On pourrait démultiplier les exemples d’actions culturelles. Pour autant, celles-ci resteraient  de  simples  initiatives  isolées  sans  une  politique  globale  de  lecture  publique.  Si  les  bibliothèques ne constituent pas un enjeu régalien stricto sensu, elles bénéficient cependant  d’un maillage structurel et solide sur le territoire national, faisant d’elles le premier réseau  culturel en nombre d’établissements et de professionnels autant qu’en diversité. Depuis le  début de la décentralisation culturelle et malgré un écho médiatique relativement modeste  en  comparaison  des structures  de  diffusion  du  spectacle  vivant  par  exemple,  les  bibliothèques s’inscrivent comme des outils non négligeables dans la lutte pour la réduction  des  inégalités  territoriales. L’échelon  départemental,  dont  l’utilité  semble avoir  été  redécouverte au moment  d’envisager  sa  disparition, anime ainsi des réseaux de  lecture  si  denses  que  ceux-ci constituent parfois  les  services  publics  d’accueil  les  plus  structurés  du  territoire  et  représentent  en  cela  des  points de  dialogue  importants  entre  les  différents  niveaux  de  collectivité.  Ouvertes  sur  des  modèles  mixtes,  qui  mobilisent  une  part  prépondérante de volontaires auprès des équipes professionnelles, les bibliothèques font de  longue  date  la  preuve  qu’une  participation  partielle  de  la  population  à  l’action  publique  contribue à construire une proximité effective avec une communauté et à inscrire le service  dans la vie de cette dernière.  

Enfin,  en même  temps  qu’immergés  dans  la  société  et  appuyés  par  la  participation  d’une  partie des habitants, les réseaux de lecture et leur structuration ont favorisé depuis 30 ans  une professionnalisation continue dans les bibliothèques. Une évolution qui a fait émerger  une  forme  renouvelée  de  management  culturel. Articulé  autour  de  l’animation  de  coopérations  transversales  et impliquant de  fait une  formation  au  pilotage  des politiques  publiques au-delà  de  la  sphère  du  livre,  ce  rôle  nécessite  de  la  part  des  cadres  de  bibliothèques  l’affirmation  d’une  forme  de  leadership  au  sein  des  politiques  culturelles  locales et une attention toujours plus aigue prêtée au sens des politiques de lecture dans les  autres référentiels de l’action publique.  

Les  bibliothèques  poursuivent  leur objectif  de transformation  sociale  lorsqu’elles  se  revendiquent  comme le  point  d’entrée  d’une  politique  culturelle  non  prescrite  pour  elle même, mais  bien  construite  autour  des passerelles  qu’elle  établit  avec l’ensemble  des  politiques  congruentes.  Elles contribuent alors  à l’action  publique  en  y  apportant  un caractère partenarial, une approche des projets tant sensible qu’analytique et la dimension 

relationnelle  emblématique  de  leur  appartenance  aux  métiers  du  « lien ». Même  contraintes, les bibliothèques restent cet espace public partagé, incarnation à l’intérieur et  hors les murs d’une démocratie culturelle vivante.

1 LOI n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, Article 103 « La responsabilité en matière culturelle est exercée conjointement par les collectivités territoriales et l’Etat dans le respect des droits culturels  énoncés par la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles du 20 octobre 2005. »

2 Publics et usages des bibliothèques municipales, DGMIC, 2016

Article rédigé par Damien Grelier (promotion Toni Morrison), décembre 2020.

Annales: les questions à l’oral

Quelques exemples de sujets et de questions auxquelles ont dû répondre les lauréats du concours durant leurs épreuves d’admission (Session 2019). Vous trouverez d’abord les sujets et questions relatives au concours externe, puis au concours interne.

Concours Externe

Oral de culture générale

Thèmes des textes:

Questions: En général la question commence par “pouvez-vous nous parler de…” ?

  • L’art Déco
  • L’Argentine
  • Maurice Sendak
  • Les éditions de minuit
  • Comment sont élus les sénateurs?
  • Velvet Underground
  • Jean Giono
  • Venise
  • le Brésil
  • 1917
  • Le Petit Nicolas
  • la permaculture
  • Gaston Bachelard
  • Mme de Maintenon et Mme de Montespan
  • l’Europe
  • le spécisme
  • la résilience
  • le libéralisme (citer des noms)
  • Louis Aragon
  • Organisation mondiale du commerce
  • Rentrée littéraire 
  • Dotations globales de fonctionnement 
  • Architectes de bibliothèques 
  • Quentin Tarantino 
  • Le continent blanc
  • Principe de précaution
  • Taux de syndicalisme en France
  • Bordeaux
  • Strasbourg
  • Andy Warhol
  • La permaculture
  • Pierre Rabhi
  • les lacs italiens

Autre:

  • pouvez-vous nous citer des prix Goncourt ?
  • Quelle exposition a lieu en ce moment à la BnF (c’était Tolkien)
  • Pouvez-vous citer des organes de presse à gauche / droite / neutre?
  • Pouvez-vous citer des linguistes ?
  • Que pensez-vous de la gratuité des transports publics ?
  • Que pensez-vous du déremboursement de l’homéopathie ?
  • Pensez-vous qu’il faut manger moins de viande ?
  • Pour qui a écrit JJ Goldman ?
  • comment sont élus les maires ?
  • quelles sont les compétences des départements ?
  • Attribution d’une citation à son auteur (“Monsieur, vous n’êtes que de la merde dans un bas de soie. » : Napoléon à Talleyrand)
  • Qu’avez vous retenu dans l’oeuvre de Zola ?
  • Citez 3 scientifiques.
  • Citez 3 chanteuses françaises.
  • Citez 3 auteurs italiens.
  • De quelle ville (l’ex) ministre de la culture était-il élu ?
  • Qui était Marc Chagall ?
  • Citez-moi un architecte contemporain
  • Devrions-nous renoncer aux sports d’hiver ?
  • Quelle est la dernière BD que vous avez appréciée ?
  • Une maison d’édition du Sud Est ? 
  • Est-ce que vous pouvez me faire une recommandation de BD ?
  • Qui jouait le 1er rôle masculin dans l’adaptation cinématographique de La ferme africaine de Karen Blixen ?

Oral de motivation professionnelle

Thèmes des textes:

  • Le télétravail
  • Le management
  • Les bullshit jobs (David Graeber)
  • L’engagement au travail

Questions : 

  • Qu’attendez-vous de l’INET? / Qu’attendez-vous de la formation à l’INET ?
  • Pourquoi la fonction publique territoriale et pas la fonction publique d’Etat? (vous avez passé les concours de l’Etat?)
  • Qu’est ce que la bibliothèque du futur pour vous?
  • Pensez-vous que c’est utile d’emmener un bébé de un an à la bibliothèque ?
  • Quelles sont les missions des bibliothèques départementales ?
  • Quelles sont vos motivations ?
  • Quelle est l’expérience que vous avez le plus/moins aimé ?
  • Avez-vous une bibliothèque modèle ?
  • Qu’est-ce qu’un CTL ?
  • Où vous vous voyez dans cinq ans si vous avez le concours ?
  • Pensez-vous que les bibliothèques départementales sont utiles ?
  • Est-ce qu’il y a une médiathèque qui vous a particulièrement marquée, à laquelle vous êtes attachée ?
  • Vous savez ce que c’est un kamishibai ?

Mises en situation : 

  • vous prenez un poste dans une collectivité en tant que directeur.trice et découvrez en arrivant le matin que les agents manifestent contre votre arrivée, que faites-vous ?
  • comment vous y prendriez-vous pour présenter le concept de “zone blanche” à un élu ?
  • votre élu vous donne une liste de documents à acheter, que faites-vous ?
  • Vous venez de préparer une expo/action culturelle, elle est inaugurée le lendemain ou dans 2 jours, et là votre élu vous dit d’y intégrer les productions de l’un de ses amis artiste, que faites-vous ? 
  • Quelle réaction si deux agents sous votre autorité se mettent en couple. 
  • Si vous aviez tout le budget que vous vouliez, que changeriez-vous dans la médiathèque de votre ville?
  • Un agent se présente pour prendre son poste en portant un gilet jaune, comment réagissez-vous ?

Concours Interne

Oral de culture générale

Thèmes des textes:

Petit patrimoine – opération loto du patrimoine

Questions : 

  • Quelle exposition a lieu en ce moment à la BNF ? au Louvre ?
  • De quand date le dépôt légal ?
  • Quels-les auteurs/autrices sont sur la liste actuelle du Prix Goncourt ?
  • Rôle du Sénat ?
  • Chaîne de décision dans une collectivité ?
  • Que pouvez-vous dire nous dire de Nancy / de Carcassonne

Oral de motivation professionnelle

Thèmes des textes:

Education artistique et culturelle

Questions : 

  • Quelle est la situation professionnelle la plus difficile que vous ayez eu à gérer ?
  • Faut-il être créatif pour être conservateur de bibliothèques ? Si oui en quoi ?

Mises en situation rencontrées lors de la séance de préparation au CNFPT:

  • Votre collectivité peut bénéficier d’un financement d’une grande entreprise à hauteur de 100 000 euros, sous réserve que le nom de celle-ci apparaisse clairement dans le nom de l’établissement. Que conseillez-vous à vos élus ?
  • On vous signale qu’un agent d’accueil de la bibliothèque dont vous avez la direction, a des réactions inappropriées, voire dérangeantes avec les usagers ? Que faites-vous ?

Promotion Toni Morrison – octobre 2020